05252017Headline:

La police et le monde des affaires sont les secteurs les plus corrompus en Afrique/Voici Les taux par pays

corruption

58% des Africains estiment que la corruption a progressé au cours des 12 derniers mois, selon un sondage publié le 1er décembre par l’ONG Transparency International.

Pour réaliser ce sondage intitulé «People and Corruption: Africa Survey 2015», qui est un élément du Baromètre mondial de la corruption, Transparency International s’est associée à Afrobaromètre, qui a interrogé 43 143 personnes dans 28 pays d’Afrique subsaharienne entre mars 2014 et septembre 2015 sur leurs expériences et perceptions de la corruption dans leur pays.

Ce sondage révèle aussi que 22% des personnes interrogées estiment que la corruption a baissé sur les douze derniers mois, et 14% notent que le phénomène est resté stable.

Le taux global des Africains qui affirment que la corruption a augmenté au cours des 12 derniers mois cache des disparités entre les 28 pays étudiés. Ainsi les plus importants taux des personnes jugeant que la corruption a progressé ont été enregistrés en Afrique du Sud (83%), au Ghana (76%) et au Nigeria (76%), tandis que les plus bas taux ont été enregistrés au Burkina (28%), au Mali (31%) et en Côte d’Ivoire (32%).

Fait nouveau : pour la première fois, les personnes interrogées ont déclaré qu’elles percevaient les dirigeants d’entreprises comme hautement corrompus. Le monde des affaires est classé comme le deuxième secteur affecté par les niveaux de corruption les plus élevés dans la région. La police a été en effet considérée comme étant le secteur le plus corrompu par 47% des personnes sondées, devant les dirigeants d’entreprises (42%), les responsables gouvernementaux (38%), les agents d’impôts (37%), les magistrats (34%) et les membres du Parlement (33%). Les leaders religieux et les chefs traditionnels sont considérés parmi les moins corrompus, avec des taux respectifs de 15% et 21%.

De façon générale, beaucoup d’Africains, en particulier les populations défavorisées, subissent le poids de la corruption quand ils tentent d’avoir accès aux services publics de base dans leur pays. 22% des gens qui ont été en contact avec un service public au cours des 12 derniers mois ont versé un pot-de-vin.

Ce taux cache aussi de fortes disparités entre les pays africains étudiés : Ainsi 69% des personnes qui ont eu un contact avec les services publics au Liberia ont versé un pot-de-vin. Ce taux s’élève à 48% au Cameroun et à 43% au Nigeria, alors qu’il n’est que de 1% à Maurice et au Botswana.

Le sondage fait, d’autre part, ressortir que 64% des Africains pensent que leurs gouvernements ne remplissent pas leurs obligations pour enrayer les abus de pouvoir, la corruption et les ententes secrètes.

Sur18 des 28 pays sondés, une grande majorité des personnes interrogées considère que le gouvernement de leur pays ne fait pas correctement son travail en matière de lutte contre la corruption.

Malgré ces conclusions décevantes, quelques pays du continent se distinguent néanmoins, parmi lesquels le Botswana, le Burkina Faso, le Lesotho et le Sénégal. Une bonne proportion des citoyens de ces pays jugent le travail de leurs gouvernements dans le domaine de la lutte contre la corruption comme étant positif : 54% au Botswana, 47% au Sénégal et au Lesotho.

Sur tout le continent, les pauvres ayant recours aux services publics sont deux fois plus susceptibles que les riches d’avoir versé un pot-de-vin. Dans les zones urbaines, ils sont encore plus susceptibles de payer des pots-de-vin. «La corruption crée et alimente la pauvreté et l’exclusion. Alors que des individus corrompus qui jouissent d’un pouvoir politique mènent un train de vie somptueux, des millions d’Africains sont privés de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux comme l’alimentation, la santé, l’éducation, le logement, l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires», a déclaré José Ugaz, le président de Transparency International.

Le sondage révèle, par ailleurs, que les mécanismes de dénonciation de la corruption sont souvent perçus comme trop dangereux, inefficaces ou peu clairs. Plus d’un Africain sur 3 pense qu’un lanceur d’alerte s’expose à des conséquences négatives s’il dénonce des pratiques de corruption, ce qui est la raison pour laquelle la plupart des gens ne dénoncent pas la corruption.

Pour améliorer la lutte contre la corruption en Afrique, Transparency International recommande aux gouvernements de renforcer et faire respecter la législation applicable aux hommes d’affaires corrompus et à la lutte contre le blanchiment d’argent pour juguler le volume élevé des flux illicites en provenance du continent, d’adopter une législation visant à protéger les lanceurs d’alertes afin de faciliter le rôle de la société civile et de manifester un engagement profond et durable pour agir contre la corruption à tous les niveaux de la police, en assurant la promotion de réformes qui conjuguent mesures punitives et changements structurels à court et moyen terme.

agenceecofin.com

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