08142018Headline:

Levée de fonds sur le marché international: Voici les risques qui guettent les pays africains!

La croissance économique en Afrique subsaharienne reprend, sans doute lentement, sa trajectoire haussière. Elle est annoncée à 3,7% en 2018, contre 2,4% en 2017. Mais n’empêche, les pays de la région semblent traîner encore les séquelles de la crise des matières premières qui a accentué le déficit budgétaire de plusieurs économies fortement dépendantes de l’exportation de ces matières premières.

Le recours le plus prisé pour corriger ce déficit : les levées de fonds sur le marché international des capitaux. Cette tendance à solliciter régulièrement le marché des capitaux occidentaux (Eurobond), quoique nécessaire pour financer le « développement », ne va pas sans risques, liés notamment à la soutenabilité de la dette. Surtout quand on sait que les économies des pays d’Afrique subsaharienne sont encore soutenues essentiellement par la production et l’exportation de produits de rente, et que la majorité de la consommation locale provient de l’extérieur, il y a matière à s’inquiéter.

L’Agence Ecofin soutient qu’au-delà de l’attitude plutôt « réserviste » de la Banque africaine de développement (Bad) qui estime qu’en valeur l’Afrique n’est pas surendettée, plusieurs analyses mettent en lumière des risques qui « ne tarderaient pas à surgir » et qui seraient liés à la sollicitation des Eurobonds.

Emprunts risqués. Le premier est relatif au risque de change. Le fait que ces obligations internationales soient libellées en devises étrangères expose à un risque d’accroissement de la dette. Se basant sur des analyses du Cadre pour une annulation de la dette des pays du tiers monde, l’Agence souligne que les variations de change, à elles seules, avaient contribué à alourdir le service de la dette de nombreux pays. Ces derniers auraient remboursé plusieurs fois, rien que sur les intérêts, l’équivalent du montant principal emprunté. « Un tel risque n’est pas écarté pour l’endettement actuel », avance-t-elle.

Un autre défi, lui, est plus global et concerne les chocs extérieurs. A savoir que la plupart des pays comptent sur le niveau de leurs revenus extérieurs pour rembourser les dettes qu’ils contractent. Or, il arrive plus souvent d’assister à une baisse de la demande internationale sur certains produits de base (commodities) qui constituent le gros des exportations d’Afrique subsaharienne. Cela peut avoir des incidences graves sur les attentes du marché en termes de revenus. Toute chose qui occasionnera certainement des défauts de paiement, par moments, de la dette encourue.

Il ne faut pas non plus occulter les problèmes d’efficience de la dette, très récurrents sur le continent. C’est souvent que des ressources mobilisées à des fins de financement des infrastructures sont détournées pour servir à gérer des dépenses courantes.

Alternatives. Des institutions bancaires et financières pensent qu’il est possible pour les États africains de se passer des capitaux privés occidentaux. Pour ce faire, la Société financière internationale ainsi que la Banque africaine de développement, aux côtés des pays africains, les encouragent et proposent des solutions visant à développer un marché local des capitaux. Sauf que ce n’est pas la volonté de mobiliser sur place des fonds pour financer son développement qui manque à l’Afrique. Il y a bien d’autres paramètres à considérer, qui parfois contraignent à recourir au marché extérieur, comme par exemple le fait pour les pays africains de souvent contracter avec des entreprises étrangères pour la fourniture en infrastructures. Quant à la Banque africaine d’import-export (Afrexim Bank), elle préconise aux pays africains de financer eux-mêmes leur développement en ayant recours aux excès des avoirs en devises des banques centrales.

Toutefois, dans le cas où l’Afrique se voit dans l’obligation de solliciter le marché international, les analystes financiers conseillent d’investir les fonds mobilisés dans la réalisation de projets devant favoriser surtout les exportations ou dynamiser davantage l’activité économique avec un effet multiplicateur réel sur l’économie. Autrement dit, investir dans des activités qui vont générer de la valeur ajoutée et créer d’autres emplois.

Faut-il le souligner, le Fonds monétaire international (Fmi) encourage les pays à réaliser des emprunts concessionnels plutôt que de se laisser submerger par la dette privée.

 

linfodrome.com

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