11202017Headline:

Lutte pour le maintien du FCfa/ Pour qui roule vraiment Ouattara ?

La bataille que le Président ivoirien livre aux détracteurs du Francs Cfa suscite des interrogations d’autant que plusieurs économistes et responsables africains, voire européens pensent que cette monnaie constitue un handicap au développement de l’Afrique, et lui fait perdre sa souveraineté.

« La monnaie commune à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa – huit pays) est saine et est dans de bonnes mains. La zone de l’Uemoa a des réserves de change qui représentent plus de cinq mois d’importation, alors que la règle retenue est d’environ trois mois. En plus, la zone Uemoa, avec ses 90 millions d’habitants, possède d’importantes ressources en devises. Un taux d’inflation maitrisé (-2%), une croissance économique forte (6,8%). », dixit Alassane Ouattara lundi 10 avril dernier lors d’une session extraordinaire de l’Uemoa, dont il est le président en exercice.

Le chef de l’Etat ivoirien, en sa qualité d’ex gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), sait de quoi il parle. Toutefois, d’autres éminences grises africaines soutiennent que, cette monnaie, telle un boulet, maintient le continent dans la précarité. Mamadou Koulibaly, professeur agrégé en économie, par ailleurs ex- président de l’Assemblée nationale ivoirienne fait partie de ces derniers. Pour lui, la sortie des pays africains de la zone monétaire du Franc CFA n’est plus ‘‘une option pour eux. Mais, une nécessité vitale, logique et historique’’. Mieux, des voix s’élèvent en France pour fustiger cette monnaie. « Le Franc CFA est un drame pour les économies africaines. Elles sont asphyxiées. Le Franc CFA tue économiquement l’Afrique. Il serait important que les africains apprennent à faire respecter leurs règles », soutient Marine Le Pen, présidente du Front National, candidate à la présidentielle française cette année.

Du coup, la position du Président ivoirien face à cette levée de bouclier internationale suscite des interrogations. Ouattara travaille pour l’intérêt de son pays et le continent noir ou pour des mains occultes occidentales ? Est-il véritablement le candidat de l’étranger comme le soutenait son adversaire Laurent Gbagbo lors de la présidentielle 2010 ?

«Ouattara fait partie de cette génération de technocrates imposés au début des années 1990 par les bailleurs de fonds à la tête de plusieurs gouvernements africains. C’était une mode. Or tous ont échoué parce que diriger un pays c’est d’abord faire de la politique avant de lui appliquer des recettes estampillées Bretton Woods. Et puis répéter de meeting en meeting qu’on sait où trouver l’argent qui sauvera le pays c’est se comporter en vendeur d’illusions. L’argent, ça se gagne par le travail des citoyens. Tout le reste n’est que démagogie. », affirmait Gbagbo relativement aux promesses de campagne de l’actuel homme fort d’Abidjan.

Créé en 1945, arrimé à l’euro  et jugé ‘‘colonialiste’’, le franc CFA essuie les critiques les plus acerbes. La sortie de cette monnaie que certains qualifient d’ ‘‘outil de servitude volontaire’’ pourrait pour une fois amorcer le véritable développement de l’Afrique. « Une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique. Il faut avoir un petit peu de bon sens, je ne dis pas de générosité, de justice pour rendre aux Africains ce qu’on leur a pris d’a pris d’autant que c’est nécessaire si l’on veut éviter les pires convulsions ou difficultés avec les conséquences politiques. », recommandait l’ex-président français Jacques Chirac.

par Cyrille NAHIN

 

 

 

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