08212017Headline:

Menace de révocation d’agents incompétents, Mohamed VI indique une voie à suivre à la Côte d’Ivoire ?en savoir plus…

Le Maroc est secoué depuis quelques mois par des contestations sociales. En réponse à cette grogne sociale, le roi Mohammed VI a menacé de destituer les responsables de l’administration publique qui font preuve de mauvaise gestion. La Côte d’Ivoire ne doit -elle pas s’inspirer de l’exemple du Roi Mohamed VI pour rédynamiser son administration critiquée pour son laxisme et sa propension à la concussion ?

Le samedi 29 juillet dernier, veille de la fête du 18 ème anniversaire du trône, au Maroc, le roi Mohammed VI a tenu un discours-réquisitoire musclé contre l’administration publique de son pays. «Dieu soit loué, le Maroc se développe à un rythme soutenu. Cependant, nous vivons aujourd’hui un paradoxe irrécusable, mais difficile à admettre. L’un des problèmes qui entrave le progrès du Maroc, réside dans la faiblesse de l’Administration publique, en terme de gouvernance, d’efficience ou de qualité des prestations offertes aux citoyens », a fustigé le souverain marocain.

Selon lui, « les fonctionnaires publics, pour la plupart d’entre eux, manquent de compétences et d’ambitions et n’ont pas toujours des motivations liées au sens des responsabilités, liées à leurs missions. Mieux encore, certains d’entre eux pratiquent l’absentéisme, se satisfaisant d’un traitement mensuel sûr, pour modique qu’il est, ne manifestant aucune ardeur au travail et ne nourrissant aucune ambition professionnelle », a –t-il renchéri à l’occasion de la commémoration du trône célébrée le 30 juillet. Non sans préciser que désormais, cette situation ne pourra perdurer, car « ce qui est en jeu, ce sont les intérêts de la Nation et ceux des citoyens. Je dis, travaillez ou démissionnez », a menacé le roi.

Au regard de la lourdeur de l’administration publique en Côte d’Ivoire, cette sortie de Mohamed VI contre les fonctionnaires de son pays ne laisse pas les ivoiriens contactés par PoleAfrique.info, indifférents. Ils souhaitent que le cas du Maroc fasse école en Côte d’Ivoire. « La Côte d’Ivoire a amorcé ce qu’on appelle l’émergence. La réaction du roi doit faire école en Côte d’Ivoire pour qu’au niveau de nos administrations, les uns et les autres sachent que ce que la Côte d’Ivoire produit doit être reparti de façon équitable », souhaite Palé Dimaté, un spécialiste des questions internationales.

Poursuivant, il fait remarquer que l’Afrique a beaucoup de potentialités économiques mais, la richesse est toujours mal repartie, car les régimes en Afrique qu’on appelle les régimes présidentiels sont des régimes présidentialistes. « Dans les régimes présidentialistes, il y a beaucoup de népotisme de favoritisme etc. Dès lors que le régime présidentiel glisse pour devenir un régime présidentialiste, c’est l’injustice qui s’installe », soutient le spécialiste. Toutefois, il se dit surpris que le roi parle de mauvaise répartition des richesses parce que cela a été toujours fait en faveur du royaume. « Est-ce que le roi ne veut pas voiler quelque chose? Face à cette fronde sociale, le roi veut mettre le holà car cela peut l’atteindre après », estime Palé Dimaté.

Joël Meless, étudiante en communication s’engouffre dans la brève. « Je prie Dieu que le cas du Maroc inspire nos autorités. Nous assistons à une véritable lourdeur de l’administration ivoirienne. Quand tu dois établir une pièce administrative, il faut être patient dans le cas contraire, il faut mouiller la barbe de l’agent, alors qu’il est payé pour ce travail. Donc la menace de destituion serait la bienvenue ici », assure la jeune étudiante.

En revanche, Sanga Idrissa, lui-même fonctionnaire pense qu’il ne faut pas blâmer tous les fonctionnaires de laxisme, car il y a n’en qui font correctement leur travail. « Toute corporation a ses brebis galeuses. Alors il ne faut pas blâmer toute l’administration publique. Il faut que l’Etat améliore nos conditions de travail et de vie pour une meilleure qualité et célérité des prestations pour le bonheur des citoyens », a recommandé l’agent du public.

Gnoungo Fanta
Source : Rédaction PoleAfrique.

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