12082016Headline:

Ponctions sur les salaires: Pourquoi Ouattara s’acharne contre les enseignants

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« Ce sont au moins 9 à 10 mille enseignants dont les salaires sont ponctionnés en avril. Et ces ponctions varient entre 140 mille et 300 mille, soit plus de 70% du salaire. C’est du jamais vu. C’est de la cruauté. C’est une volonté délibérée d’affamer les enseignants ». Ces propos étaient sur les lèvres, mardi dernier, lors des réunions croisées des responsables syndicaux, issus du secteur éducation/formation à Adjamé. Des structures syndicales qui, on le sait, sont en pleine lutte depuis début 2015, par rapport à l’exécution de la promesse présidentielle liée au déblocage des salaires des fonctionnaires. Les enseignants qui avaient pourtant repris les cours après les vacances de Pâques suite à une négociation avec la tutelle, ont été désagréablement surpris de voir leurs salaires ponctionnés. Ce coup de poignard amène les enseignants à remonter dans l’histoire, pour parler de leurs problèmes qui ne datent pas d’aujourd’hui avec Alassane Dramane Ouattara. Formellement, ils dénoncent un acharnement de ce dernier sur eux. « En 1991, alors qu’il était le Premier ministre d’Houphouët-Boigny, Alassane Dramane Ouattara, à cause d’une grève que nous avions faite en vue d’abroger le salaire à double vitesse, le raccrochage, il nous a coupé deux mois de salaire qu’il n’a jamais reversés. En 2013, alors devenu président, il a opéré des ponctions de 50 mille Fcfa à 150 mille Fcfa, à cause de notre grève liée aux effets financiers du reclassement. Là encore, notre argent ponctionné indûment n’a pas été reversé malgré notre insistance. Et maintenant, fin avril 2015, c’est le comble, la totale avec des ponctions de plus de 70% sur les salaires. Les enseignants cherchent à comprendre pourquoi un tel acharnement contre eux » égrènent les responsables syndicaux interrogés. Puis, ils se rappellent encore : « pourtant lors d’une rencontre en octobre 2009 au Golf Hôtel, il avait fait son mea culpa. Il a décidé de se racheter, une fois parvenu aux affaires », poursuivent nos interlocuteurs. Qui ajoutent que « comparativement à son prédécesseur,Laurent Gbagbo ponctionnait les salaires mais les reversait toujours, en bon père ». Une chose est sûre, les enseignants clament à qui veut les entendre, qu’ils mettront tout en œuvre pour entrer en possession des ponctions indûment effectuées sur leurs salaires.

Félix Téha Dessrait

Notre Voie

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