06212024Headline:

Pourquoi la Côte d’Ivoire contracte un prêt de 10 milliards de fcfa avec le Japon?

Le gouvernement ivoirien vient de signer un accord de prêt d’une valeur de 2 455 000 000 yens japonais, soit environ 9 817 913 250 francs CFA, avec l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA). L’annonce a été faite par son porte-parole, le ministre Amadou Coulibaly.

Cet emprunt, approuvé par le Conseil des ministres le 19 mars 2024, vise à financer la phase II du projet de construction du terminal céréalier du Port Autonome d’Abidjan (PAA). Mais pourquoi ce prêt est-il si crucial pour la Côte d’Ivoire ?

La Côte d’Ivoire, avec une production céréalière fluctuante, doit combler son déficit par des importations massives. En 2016, la production céréalière nationale s’élevait à 1 600 000 tonnes, marquant une légère hausse par rapport aux années précédentes.

Cependant, cette production reste insuffisante pour satisfaire la demande intérieure croissante. En 2021, les importations de céréales ont atteint 2 300 000 tonnes, composées de 600 000 tonnes de blé, 1 500 000 tonnes de riz et 100 000 tonnes d’autres céréales.

Avec une population de 26,4 millions d’habitants, la consommation annuelle de céréales par habitant en Côte d’Ivoire est estimée à 140 kg, répartie en 25 kg de blé, 80 kg de riz et 35 kg d’autres céréales.

Comparativement, le Burkina Faso (21,5 millions d’habitants) consomme 230 kg de céréales par habitant, le Cameroun (26,8 millions) 130 kg, le Mali (21,2 millions) 270 kg et le Sénégal (17,7 millions) 215 kg. Ces chiffres montrent une forte dépendance de la Côte d’Ivoire aux importations pour satisfaire sa consommation intérieure.

Le prêt de la JICA vise à financer la construction d’un terminal céréalier, d’une aire de stockage et d’installations connexes au Port Autonome d’Abidjan. Ce projet est crucial pour accroître la capacité de manutention des marchandises du port, l’un des plus importants d’Afrique de l’Ouest.

Le terminal céréalier permettra non seulement de gérer plus efficacement les volumes croissants d’importations de céréales, mais aussi d’améliorer la compétitivité du pays en matière de commerce extérieur de céréales.

La construction du terminal céréalier au PAA est aussi une réponse stratégique aux défis de la sécurité alimentaire. En augmentant la capacité de stockage et de traitement des céréales importées, la Côte d’Ivoire peut mieux gérer ses réserves et stabiliser les prix des denrées alimentaires. Cela est d’autant plus crucial dans un contexte mondial où les fluctuations des marchés internationaux peuvent impacter sévèrement les pays importateurs de denrées alimentaires.

À terme, le terminal céréalier du PAA permettra de renforcer la position de la Côte d’Ivoire comme hub logistique en Afrique de l’Ouest. En améliorant l’efficacité des importations et des exportations de céréales, le pays pourra non seulement répondre à sa demande intérieure, mais aussi redistribuer vers les pays voisins, augmentant ainsi les revenus portuaires et les recettes fiscales.

De plus, une meilleure gestion des importations pourrait entraîner une baisse des coûts des céréales pour les consommateurs ivoiriens, contribuant ainsi à la stabilité sociale.

Au final, le prêt de près de 10 milliards FCFA contracté avec le Japon pour la construction du terminal céréalier du Port Autonome d’Abidjan est bien plus qu’un simple accord financier. Il représente une étape clé dans la stratégie de la Côte d’Ivoire pour assurer sa sécurité alimentaire, renforcer ses infrastructures portuaires et accroître sa compétitivité économique.

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