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24 heures après le drame de l’incendie de Grand-Bassam: Des révélations sur la veuve qui a péri avec son fils, ses 6 petits-enfants et leur servante

24 heures après la tragédie des neuf (9) morts dans un incendie, qui continue de secouer et de susciter de vives émotions dans la station balnéaire de Grand-Bassam, le jeudi 26 juillet 2016, nous sommes retournés sur les lieux. Aux environs de 8h, nous voici devant la cour de feue veuve Anomel, à Mockeyville-Cafo 2.

Dans cette résidence, plus une seule vie humaine. D’ailleurs, la résidence qui n’est plus que ruines, avec les murs noircis, est mise sous scellé. La bande rouge-blanc déployée par la police indique clairement qu’il y a eu drame ici, et que personne ne doit y pénétrer. Mais de l’extérieur, le portail bousillé, nous permet de percevoir les traces des dégâts matériels. Les biens brûlés sont éparses dans la cour. Triste décor.

Le manguier, planté dans la cour, n’a pas lui non plus échappé à la chaleur des terrifiantes flammes. Ses feuilles sont mortes. Des morceaux de tôles, noircis, tout comme toutes sortes d’autres affaires, traînent çà et là. Les seules âmes encore vivantes à cet endroit, sont quelques poulets et un chien, qui errent devant la cour. Désormais orphelins de la maîtresse des lieux, qu’ils ne verront plus.

A côté de ce déplorable décor, on note un ballet de personnes affligées, qui viennent s’incliner devant la maison de veuve Anomel, qui est présentée par tous, comme une femme au grand cœur et sans histoire. Les passants, même ceux qui ne la connaissaient pas véritablement, marquent un temps d’arrêt, pour dire des mots de compassion, des prières…pour le repos de son âme et celles des siens, qui ont péri avec elle.

Et dans ce lot de personnes marquées par la douleur de la perte des neuf personnes, dame Kouamé. Elle qui était si proche de sa « sœur » Brigitte Anomel. La gorge nouée par l’émotion, elle livre un témoignage pitoyable qui provoque des lamentations. Elle explique que c’est là, devant la cour à présent endeuillée, que toutes deux s’asseyaient, pour deviser. Puis de dire ce qu’elle retient de la défunte. « Elle était adorable. Discrète, beaucoup effacée. Elle n’aimait pas se faire voir. Mais elle est d’une générosité sans pareille. Elle partageait tout ce qui lui tombait sous la main, et sans calcul. »

Et de poursuivre : « Chaque matin, elle s’occupait, en balayant dans sa maison, sa cour et la devanture de sa résidence. C’est vrai qu’elle aimait la propreté, mais c’était une manière également à elle, de faire du sport en quelque sorte. Vraiment dommage, pour ce qui lui est arrivé avec les siens. Elle aimait tellement ses petits-enfants qu’elle pourrait donner sa vie, pour eux. Mais, seul Dieu sait ce qui s’est passé cette nuit-là. Et dire que son fils Alexandre, mort à ses côtés, préparait son anniversaire, prévu pour le dimanche prochain…»

Et pendant que Mme Kouamé, entre deux sanglots, ne se lassait pas de parler de sa défunte copine, que son fils Japhet, coupe net la conversation, non sans s’excuser. « Maman, c’est méchant ! Pendant qu’on s’échinait, pour sauver « Mémé » (nom affectif de la défunte) et les enfants, que des gens irresponsables se délectaient à filmer les images de l’horreur, et les balançaient sur Internet. Au lieu de nous aider, à les sauver. Non, la vieille ne mérite pas ça. Encore moins, les enfants. Qu’est-ce qu’on fait de leur dignité ? ». Déplore le jeune garçon, visiblement encore sous le choc de ce terrible incendie.

En tout cas, les témoignages favorables fusaient de partout, pour dépeindre « Mémé Brigitte », ou « Maman Brigitte », comme une femme exemplaire. D’ailleurs, la présidente du quartier, Mme Koffi Adrienne ne dira pas autre chose. Elle qui n’a pas pu dormir, revivant le film de la tragédie.

« Bientôt 5 ans, que j’ai connue « Mémé Brigitte », elle m’a adoptée comme sa fille. Tout comme mon époux. Pourtant, nous ne sommes que des locataires de l’une de ses villas. Elle nous donnait des conseils utiles, pour le bien-être de notre couple, de nos enfants, et même, pour notre travail ».

Revenant sur le tragique incendie dont elle ignore pour l’heure les causes, Mme Koffi Adrienne marque tout de même son étonnement. « Je m’étonne de cet incendie. Mémé nous conseillait pourtant toujours, de débrancher les appareils électroménagers, avant d’aller au lit, ou de sortir de la maison. Et de ne pas laisser de bougie allumée, avant nous endormir. Elle veillait même sur nos sorties et entrées, vu que c’est la clôture qui sépare nos résidences. C’est mon petit frère qui faisait ses courses. Je ne sais pas pourquoi, elle ne l’a pas appelé, au moment où elle était en danger avec sa famille…Vraiment une grosse perte, pour sa famille biologique, mais pour nous aussi», a indiqué Mme Koffi, en pleurs.

Les manœuvres qui travaillent sur des chantiers de construction immobilière, à côté, s’interrogent eux aussi encore, sur ce qui est arrivé à cette famille. « La vieille mère-là est trop gentille. Quand elle cueille ses noix de coco, elle nous les partage. Avant hier, elle est venue chercher le ballon de ses petits-enfants, tombé chez nous ici. Vraiment, elle n’aimait pas palabre… », témoigne l’un des ouvriers.

Sur le sujet: Incendie à Grand Bassam : Tous les détails sur le drame

Dame Dicko Adjara, une veuve et vendeuse de pain aux condiments, est également sous le choc. « Avant hier, je n’ai pas pu vendre, bien que tout était préparé déjà. Maman Brigitte et moi sommes dans la même association. Elle et moi, avions un deal, pour la fin de ce mois. Et voilà qu’elle part, ainsi, sans qu’on n’ai pu le faire. Dieu lui ouvre ses portes », a-t-elle prié, les larmes aux yeux.

En tout cas, de tous les témoignages, pas un seul allant dans le sens contraire, que de dire du bien de cette mémé si gentille, partie trop tôt. Malheureusement, contre son gré avec son fils, ses six petits enfants et la nounou de deux de ces derniers. Des petits-enfants qui, chaque vacances scolaires et autres congés, apprend-on, sont déversés chez leur grand-mère, où on pense que la chaleur humaine est de mise. Mais hélas, ironie du sort, c’est ici que tout va basculer. Et dire qu’elle devait recevoir d’autres vacanciers parmi ses petits-enfants, ce week-end.

Pour rappel, c’est dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 juillet 2018, alors qu’ils sont endormis, que veuve Anomel Mélèdje Brigitte Essime, environ la soixantaine, son dernier fils Alexandre, et ses six enfants nés de ses trois filles (l’une, la femme du commissaire de police stagiaire, en a trois, une autre deux, et sa dernière fille, un), ainsi que la nounou, ont tous péri, dans l’incendie qui s’est déclaré, dans sa résidence.

afrikmag.com

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