10222018Headline:

A Williams-ville, quartier populaire de la commune d’Adjamé, une affaire d’enlèvement d’enfant fait du bruit, des révélations sur cette affaire.

A Williamsville, quartier populaire de la commune d’Adjamé, une affaire d’enlèvement d’enfant fait du bruit. Cette affaire, sur le plan de l’affliction, n’a peut être pas la taille de celle du pauvre petit Bouba, enlevé et tué, mais elle porte tout de même une charge émotionnelle, qui n’est pas moindre.

C’est donc quoi cette autre histoire ? En effet, à en croire nos sources, le 24 avril 2017, Traoré Ladji, commerçant et sa femme Fofana Madabou, également commerçante, encaissent un coup dur. Un coup dur qui viendra déstabiliser leurs nuits et leurs quotidiens. C’est que leur fils âgé seulement de 3 ans, du nom de Traoré Adaman, est porté disparu, ce 24 avril 2017.

Les pauvres géniteurs, en compagnie d’amis et de bonnes volontés, touchés par ce qui leur arrive, écument le sous-quartier de « Williamsville-Craven », qu’ils habitent. Mais jusqu’à la nuit tombée, point de traces de leur gosse. Comme un météore apparaissant brièvement dans le ciel, l’enfant a disparu. Dans l’entourage, personne ne dit l’avoir vu. Les choses en sont ainsi, des jours et des jours. Et même des mois et des mois. Durant tout ce temps, la pauvre maman et son mari partagent ce noir épisode de leur vie de couple. Le symbole de leur union, de leur amour indéfectible, qui n’est visible nulle part.

Y a-t-il pire que cela, pour leur briser le cœur ? En tout cas, pour eux, c’est non ! Qu’est devenu leur enfant ? Aux mains de qui est-il ? A-t-il été tué ? C’est cette méconnaissance totale du sort de leur fils qui peut « tuer » ces géniteurs, partagés entre un double sentiment. A savoir qu’avec tous ces longs mois passés sans lui, faut-il faire le deuil de leur fils ? Ou garder l’espoir de le revoir ? Et surtout vivant. Quel choix faut-il faire, face à cette situation de dualité ?

La peine est terrible pour Traoré Ladji et sa conjointe Fofana Madabou. Ils préfèrent alors s’en remettre à Dieu. Et Dieu effectivement va agir. Il est certes lent, mais Dieu agit toujours, comme s’en convainquent, sans faille, les bons croyants. Et comment ? Par un total renversement de la situation et l’infortunée maman verra la joie abondante et inattendue, sécher ses larmes. Enfin !

En effet, le mercredi 8 août 2018, soit exactement un an et quatre mois plus tard, alors qu’elle se retrouve dans le quartier voisin de « Macaci », dame Fofana Madabou va tomber sur une scène complètement inattendue.

Elle voit, en effet, un petit garçon que tient une dame. Ce petit-là ressemble trait pour trait à son môme Traoré Adaman, qu’elle n’avait peut être plus l’espoir de revoir. Plus elle approche, plus elle reste convaincue que ce n’est pas seulement une ressemblance. L’enfant est bel et bien le sien. Sans plus perdre de temps, elle approche dame Dosso Massandjé. C’est la femme qui tient le garçonnet, qu’elle est certaine d’être le sien et fait valoir ses préoccupations.

De toute évidence, elle essuie une fin de non-recevoir. Et mieux, dame Dosso Massandjé hurle que la femme en face d’elle veut lui voler son fils. Fofana Madabou lui renvoie les mêmes accusations. Ça crée alors un tollé et la foule accourt. Dame Fofana Madabou choisit alors de se frayer un passage à l’intérieur de cette meute humaine, qui ne cesse de grandir et de hurler à tue-tête. Elle quitte les lieux. Mais cette façon de battre en retraite n’est pas l’expression d’une culpabilité. Au contraire.

Une fois chez elle en courant, elle alerte son mari. Ce dernier n’en croit pas ses oreilles. Puis, c’est directement au commissariat de police du 11ème arrondissement, dont la zone de compétence s’étend au périmètre des faits, qu’ils se rendent. A la suite de leurs explications, les flics se déportent sur les lieux. Ils réussissent à repousser la foule et à emmener avec eux, dame Dosso Massandjé. Ils envisagent donc une confrontation, entre les deux mamans présumées, pour tirer cette sombre affaire au clair.

Sur place, les enquêteurs réclament à la plaignante, de produire des éléments indiquant que le garçonnet est bel et bien son fils. La bataille des preuves est donc engagée. Et à cet effet, dame Fofana Madabou sort une photo du petit, prise l’année dernière, lorsqu’il était âgé de 3 ans. Ajoutant que son mari avait même depuis longtemps saisi la police, lorsque l’enfant a disparu.

Après quoi, elle brandit le carnet de naissance du petit garçon où il est marqué qu’il est né le 20 mars 2014, à la maternité de Williamsville. Puis, de produire enfin, un extrait de naissance du gamin, établi trois mois plus tard après sa naissance. Soit, le 23 avril 2014. Document confectionné par les autorités compétentes de la mairie d’Adjamé. Et sur cet extrait d’acte de naissance, on y lit très bien que l’enfant né d’elle et de Traoré Ladji, se nomme Traoré Adaman, comme elle l’a toujours soutenu.

A sa suite, les enquêteurs invitent dame Dosso Massandjé qui se réclame être aussi la mère, de déposer les preuves de sa maternité. Faisant suite à l’injonction des flics, elle produit sur place, un extrait d’acte de naissance, établi à Man. Exactement à la date du 31 juillet 2017. Et curieusement soit trois ans après la venue au monde de l’enfant qu’elle dit être le sien.

Enfin… En tout cas, sur ce document, le « fiston » au centre du conflit est d’elle et de Bakayoko Youssouf. Et ici, le gosse est né le 19 octobre 2014 à Man et il s’appelle Bakayoko Ismaël.

Mais comment peut-on établir un extrait de naissance et non un jugement supplétif, trois ans plus tard, après la naissance de son enfant ? Cela intrigue fortement les agents de police qui poussent loin leurs investigations. Cela, tant dans l’analyse des différents documents produits par les « deux mères », que dans le voisinage des deux. Et ce qui apparaît unanimement, est que le garçonnet est bel et bien le fils de dame Fofana Madabou. Toutes ces preuves, ajoutées à la photo de l’enfant qu’elle détient, achèvent de convaincre sur ses liens de sang, avec l’enfant.

Poussée alors dans ses derniers retranchements, dame Dosso Massandjé, à l’instant volubile, perd son latin. Elle se met à balbutier dans le genre : « C’est-à-dire que…c’est-à-dire que… ». Puis, elle craque et se met à table. Complètement.

Elle avoue que c’est effectivement le 24 avril 2017, sur le chemin menant au marché de Williamsville, qu’elle tombe sur le petit garçon errant. Elle le prend avec elle, avec l’idée de le déposer à la police.

Mais rapidement, cette option, elle s’en débarrasse et choisit de garder l’enfant pour elle et d’en faire le sien. Comme s’il s’agissait, comme on le dit d’un mouton sans propriétaire. Dans cette perspective, elle attend deux jours plus tard et se rend à Anyama, où elle confie le garçonnet à sa sœur qui l’y cache. C’est de là qu’elle prend le petit garçon et l’emmène avec elle, à Man.

C’est dans cette ville, avec des complicités bien entendu, qu’elle change l’identité du gosse, sur la base de fausses déclarations et en fait le sien. Définitivement. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Malheureusement pour elle, le crime n’est pas parfait. Et le pot aux roses est découvert, plus d’un an après.

Les choses étant désormais très claires, sur place Traoré Adaman est remis à ses vrais parents, qu’il retrouve 16 mois après. L’émotion est grande. Pour sa part, Dosso Massandjé, la fausse mère, est immédiatement arrêtée. Elle doit faire face aux conséquences pénales de son acte. Ainsi, le vendredi 10 août 2018, elle est transférée devant le parquet, au Plateau. Les investigations policières se poursuivent. Elles visent tous les complices dans cette sale affaire, qui aura bouleversé la vie de pauvres parents, astreints à des nuits blanches.

KIKIE Ahou Nazaire

afikmag.com

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