04242018Headline:

Abidjan / Les jeunes chassent des loubards des maisons, des gendarmes ripostent et cassent à Ciad M’pouto (CoCody)

Les gendarmes harcèlent ces derniers jours les populations de la Cité Ciad M’pouto (Cocody). Après leur descente musclée du mardi 12 décembre 2017, ils ont fait une autre incursion dans cette cité, ce vendredi 15 décembre 2017, avant de battre en retraite face à la résistance des populations.

Les pauvres populations de la Cité Ciad M’pouto (Cocody) connaitront-elles la paix, un jour ? La question mérite d’être posée. Chaque jour que Dieu fait, elles reçoivent des visites inopinées et très souvent musclées des gendarmes. Après les affrontements avec les soldats, le mardi 12 décembre 2017, où 3 des leurs avaient été arrêtés par les gendarmes, elles ont été leurs cibles, ce vendredi 15 décembre 2017, aux environs de 11 heures. « Ils sont arrivés toute à l’heure. Ce matin encore, ils sont venus déloger les enfants et les parents qui dorment dans les maisons. Ils les ont chassés, frappés et cassé le portillon. Ils ont changé les serrures », nous a confié au téléphone, la présidente du collectif des acquéreurs, Mme Duzan Isabelle.

 

Au dire de cette dame, après la casse des soldats et les changements de serrure par ces derniers, les jeunes, comme d’habitude, ont organisé la résistance. « Quand nos enfants ont commencé à siffler, en tout cas, on ne sait pas s’ils ont fui, mais on ne les voit pas. Ils sont partis », rassure-t-elle, avant d’ajouter que les populations ont à leur tour cassé et changé les serrures. « Nous aussi, on a cassé. Ils ont cassé le portail du pasteur Agnimel et celui de Guibi. Ils sont allés menacer chez Mme Konan », précise notre source.

 

Pour Mme Duzan Isabelle, le commanditaire de tout cela n’est personne d’autre que Kouassi Koffi Félix dit KKF, gérant de la société immobilière Amaos. Elle raconte que la veille (jeudi 14 décembre 2017), il a envoyé des loubars camouflés dans des tenues de vigiles pour occuper illégalement des maisons à la Cité Ciad. Mais très rapidement, les jeunes les ont délogés. « Amaos a envoyé des vigiles qu’ils a postés dans des maisons. Nos enfants les ont délogés. Lorsqu’ils ont été délogés, les corps habillés sont arrivés avec deux cargos. Ils ont dit qu’ils ont appris qu’il y avait des mouvements dans le quartier et que c’est pour cela qu’ils sont arrivés. Ils sont repartis », a souligné Mme Duzan Isabelle.

Il est temps que les autorités se penchent sur ce problème qui perdure. Lors de notre passage à la Cité Ciad, le mardi 12 décembre 2017, Mme Duzan Isabelle nous a appris que la veille lundi, le tribunal avait renvoyé l’affaire au mois de janvier 2018. Si tel est le cas, pourquoi cette décision de justice est-elle régulièrement piétinée sans susciter la moindre réaction des autorités ivoiriennes ?

Adolphe Angoua

linfodrome

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