09212020Headline:

Abidjan nouveau phenomène, des jeunes filles sexy déshabillées en pleine rue

Depuis quelques années, dans certains quartiers du District d’Abidjan, des jeunes gens s’adonnent à des actes condamnés par certaines personnes et ignobles pour d’autres car pour elles, ces agissements portent atteinte à la dignité de la femme. En effet, toutes les jeunes filles qui passent et qui sont habillées de façon sexy sont déshabillées ou huées. Nous avons cherché à savoir pourquoi ils agissent ainsi.

C’est Meiway qui a dit dans sa chanson ”Voilà String” ces phrases : ”Avant pour voir slip, soulever maxi. Aujourd’hui tout est gâté pour voir slip, il faut soulever les fesses”. Pour dire que la décence en matière de vêtement a foutu le camp dans la vie des jeunes ivoiriennes.

En Côte d’Ivoire, il est de plus en plus fréquent de voir des filles et des jeunes dames plus dénudées qu’habillées. Elles se pavanent à longueur de journée avec les seins, les fesses, le slip, les cuisses… dehors. Cela est devenu pour elles, un critère de séduction. Certaines jeunes filles que nous avons rencontrées se défendent en répondant qu’elles ne peuvent s’habiller comme de vieilles femmes. ” Je mets mes atouts physiques en valeur. Et normalement, cela ne devrait déranger personne” nous a fait savoir Sabine, rencontrée à la gare des taxis communaux sis au ”Carrefour de la Vie” à Cocody. Sa copine Sandrine de renchérir ”Ce sont les pervers qui se plaignent. S’ils se sentent choqués qu’il restent dans leur maison”. ” Avec nos hommes aujourd’hui, il faut choquer pour plaire. C’est donc le choquant choqué, le plaisir choquant” ajoute une autre jeune fille rencontrée au ”Marché Cocovico” d’Angré.

Cependant, cette façon de se vêtir n’est pas sans conséquence. En effet, de plus en plus, des jeunes filles sont victimes d’agression dans plusieurs quartiers. C’est le cas de K.A, une jeune fille de 22 ans, qui a été battue et déshabillée par une bande de jeune gens, le lundi 22 septembre 2014 à Yopougon-Siporex. Ces derniers lui reprochaient sa tenue trop légère. Cette dernière qui ne s’attendait sans doute pas à cette situation s’est ainsi retrouvée nue dans la rue en pleine journée.

Un cas similaire avait déjà eu lieu au rond-point d’Abobo. Là encore des jeunes gens n’avaient pas hésité à déchirer les vêtements de leur victime avec une lame, le 08 septembre dernier, aux environs de midi. Au grand carrefour de Koumassi, le vendredi 3 Octobre, veille de la fête de la Tabaski, une jeune fille a été huée et couverte d’injures de tous genres et de moqueries par les jeunes commerçants qui s’y trouvent. Elle n’a eu son salut qu’à la présence des éléments FRCI postés à cet endroit au moment des faits. Elle se serait peut-être, comme les autres, retrouvée avec les fesses en l’air. Doit et Dignité ”Laissez la, c’est ce qu’elle voulait qu’on voit non ? On va lui donner l’occasion de le montrer aux gens” a lancé l’un des agresseurs.

A la question de savoir pourquoi ils agissent ainsi, l’un des jeunes que nous avons rencontré au grand carrefour de Koumassi affirme que, pour leur part, ils ne déshabillent pas parce qu’ils respectent la dignité de la femme. ”Mais avec des tenues pareilles, pensez-vous qu’elles-mêmes veulent qu’on les respectent ?” ajoute-t-il. Pour ces derniers, c’est la seule et meilleure façon de faire prendre conscience à leurs ”sœurs” qu’il est plus qu’urgent de remettre les pendules à l’heure en s’habillant correctement.

Ces actes ne sont pas inhérents uniquement à la Côte d’Ivoire. En Sierra Leone, des jeunes gens ont brutalisé une jeune fille parce qu’ils ont estimé qu’elle était quasiment nue. Ils ont par la suite érigé des barrages pour intercepter celles qui portaient des vêtements provocateurs en les menaçant de viol. Toutes les filles de la zone qui se sentaient concernées empruntaient soit d’autres chemins, soit allaient se changer ou restaient chez elles. Pareil en Afrique du Sud, où des transporteurs ont mis en lambeaux les vêtements d’une demoiselle en affirmant l’aider à être encore plus nue puisque c’était l’objectif à atteindre en s’habillant de manière provocatrice. Cela s’est fait non sans attouchements.

Et les femmes de ce pays de crier au scandale en parlant de droit de la femme. Mais le droit de la femme est-il de se dévêtir dans les rues ? Du côté des autorités, les lois restent muettes sur ces tenues jugées indécentes ou vulgaires. Il serait donc temps pour le Ministère de la solidarité, de la famille, de la femme et de l’enfant de remédier à tout cela en prenant des mesures afin d’éviter que le pire n’arrive un jour.

Solange ARALAMON

star magazine

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