09202018Headline:

Abobo : Des féticheurs arrêtés/ce qu’ils ont faient

Ils prétendent qu’ils peuvent rendre riche, qui le désire. Même tous ces miséreux, désillusionnés, qui tirent le diable par la queue, et dont l’Acide désoxyribonucléique ( Adn), est constitué même de la galère à n’en point finir.

Pourtant, ces féticheurs, ces « faiseurs de rois », c’est d’eux qu’il s’agit, crèchent eux-mêmes, avec leurs familles entassées dans des piaules minables, dans la promiscuité favorisant les relations sexuelles, à choquer la morale. Où la vieille femme du tuteur se plaît, sans scrupules, à livrer ses charmes avachis au protégé. Un jeune protégé qui marche dans l’abjecte relation. Parce que très souvent rétribué avec des croûtes de riz, arrosées au fond de la marmite avec de la sauce « couchée ».

Pourtant, il se trouve encore des nigauds, adeptes de la facilité pour croire en ces féticheurs, ces vendeurs d’illusions. Ces truands au bagout avéré, capables de vendre même du sable, à des peuples bédouins vivant dans le désert. Des roublards qui ont la langue mielleuse, capables de faire croire à un chauve rabougri, qu’il a non seulement la plus belle coupe de cheveux, mais est aussi gaillard que ces lutteurs sénégalais. Ces marchandes de rêves ont fourré dans leur escarcelle, un homme qui n’est, apparemment pas, naïf. Il s’agit de S.K., patron d’un supermarché à Korhogo.

 

De fait, informent nos sources, dans la capitale du « Pôrô » où il travaille et réside, S.K., sur recommandation d’un ami, fait la connaissance de deux individus particuliers. A savoir, Nwokoba C., un Nigérian de 45 ans, et Soro I., qui lui est un Ivoirien d’une quarantaine d’années. Ces deux-là sont des féticheurs dont les mérites lui sont vantés.  Prenant eux-mêmes la parole, les deux féticheurs expliquent au gérant de supermarché qu’avec leurs pouvoirs occultes, ils peuvent le rendre riche. Très riche même, en faisant prospérer ses activités commerciales.

« Enjaillé », comme on le dit, par le discours de ses interlocuteurs, S.K. marche. Il les loge à ses frais dans un superbe hôtel de la ville. Il leur remet également la somme de près de trois millions de F Cfa, en espèces. Sans compter des transferts d’unités. Les féticheurs ayant exprimé leur désir d’entrer en communication avec leurs génies, dont ils prétendent recevoir des instructions. Quoi, des génies qui communiquent au téléphone ? Mais tout cela ne suffit pas à éveiller la raison de l’opérateur économique. Toutes ces « couleuvres », le naïf S.K. les avale, comme de simples petits laxatifs.

Et il est tout heureux de ses convives qu’il engraisse à l’hôtel, par de cossus repas, avec souvent des mets variés, aux « poulets bicyclettes ». Parce que les deux féticheurs lui disent que leurs génies n’admettent pas qu’ils aient dans leurs bedaines, des pondeuses et autres poulets de chair. C’est donc sans compter que l’infortuné dépense pour eux.

Plus tard, Nwokoba C. et Soro I.. demandent à S.K. de leur fournir certains objets, dont la nature, selon eux, est très importante, voire capitale, pour le « travail » qu’ils ont à faire. Rêvant et « planant » à l’idée d’être bientôt fortuné, c’est presqu’en courant que le gérant de supermarché part à la recherche des objets recommandés.

En fait, ce n’était que pure diversion de la part de nos deux féticheurs, en réalité des truands. C’est juste un stratagème pour éloigner leur interlocuteur. Une fois ce dernier parti, ils plient leurs affaires constituées de mixtures, de cornes de bêtes badigeonnées de sang de n’importe quoi, de plumes et autres… Toutes ces conneries, sans valeur réelle, ils les rangent dans de vieilles sacoches des années 60. Puis, ils quittent l’hôtel et disparaissent dans la nature.

De retour à l’hôtel le lendemain, le malheureux opérateur économique manque de perdre connaissance, lorsque le gérant des lieux lui rapporte que ses deux hôtes sont partis depuis la veille, sans donner de destination. Non ! Ce n’est pas possible, hurle le gérant de supermarché. Il court lui-même voir dans les chambres où étaient logés les prétendus féticheurs. Point de traces d’eux. Il tente alors de les joindre au téléphone. Le retour lui laisse entendre que ses interlocuteurs sont injoignables. Toutes les innombrables tentatives, dans l’espoir de les joindre, sont vouées à l’échec.

S.K. Comprend, alors, qu’il s’est bonnement fait entuber par deux escrocs, rompus aux rouages de l’arnaque. Il manque d’en pleurer. Lorsqu’il se ressaisit, il croise les doigts et prie pour débusquer un jour, ces gars-là. Et vraisemblablement, Dieu a entendu ses prières.  En effet, il nous revient que le 5 février 2018, de passage à Abidjan, précisément à Abobo, S.K., habité par la chance, tombe sur les deux scélérats qui l’ont roulé dans la farine, à Korhogo. Il ameute immédiatement l’entourage, qui l’aide à les appréhender.  Ainsi, c’est sous bonne escorte que Nwokoba C. et Soro I.. sont conduits à la Police criminelle, où une enquête est tout de suite ouverte à leur encontre.

KIKIE Ahou Nazaire    

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