10222018Headline:

Akoupé: La communauté villageoise dans un état d’esprit dû au décès par suicide d’un planteur “Anonkoi Achibi”, baptisé chrétien, mais converti à l’Islam.

La communauté villageoise dans son ensemble, mais plus celle musulmane d’Agbaou, bourgade située à 4 Km d’Akoupé, est en émoi. État d’esprit dû au décès par suicide d’un des siens, en la personne du planteur Anonkoi Achibi, baptisé chrétien, mais depuis de très longues années, converti à l’Islam.

Le vieil homme de 79 ans s’est donné la mort, à la veille de la célébration de la fête de la Tabaski. Mais comment expliquer un si terrible choix, nullement admis par l’Islam, sa religion ? Religion qui interdit à qui que ce soit, pour quelque raison que ce soit, de s’ôter la vie. Parce que cela relève de la seule compétence d’Allah.

Pour beaucoup en tout cas, le presque octogénaire en avait assez de ses souffrances morales et physiques. De quoi s’agit-il ? A en croire nos sources, Anonkoi Achibi, autrefois plein de vie, n’est plus désormais que l’ombre de lui-même. On apprend qu’il souffre de la prostatite qui a fini par déstabiliser son état physique. Malade, personne ne lui vient en aide, pour se soumettre à des soins de santé. Et, son mal a donc le lit tout fait, pour le ronger à sa guise.

Outre ses énormes soucis de santé, le vieillard ne semble pas avoir les meilleurs du monde avec ses propres enfants. Même ses petits-enfants, nous dit-on, le prennent en inimité. En clair, dans son cercle familial restreint, on le prend quasiment pour un détritus gênant.

Face à une telle situation de rejet, Anonkoi Achibi confie à certains proches, qu’il n’en peut plus de cette vie. Il développe pratiquement des sentiments suicidaires. Et d’ajouter que s’il mourrait, ça ne valait plus la peine de lui réserver des honneurs. Même entre autres, un tour de sa dépouille à la morgue. Qu’on l’enterre immédiatement et c’est tout. Mais alors qu’il semble sérieux, les autres croient à du bluff provenant d’un homme dépité. Et pourtant…

Nous voilà le lundi 20 août 2018. Veille de la célébration de la fête de la Tabaski. Une fête pour laquelle, la ferveur est déjà de mise au sein de sa communauté religieuse. Mais Anonkoi Achibi a déjà fait son choix : celui de ne pas participer à cette fête musulmane.

Ainsi, dans la soirée, aux alentours de 20h, il sort de sa chambre qu’il occupe depuis des lustres, et pénètre dans une autre pièce de la maison. Il s’y enferme à double tour. Les siens pensent qu’il va prier. Mais quelques instants seulement après, on entend une puissante détonation, littéralement secouer la pièce à l’intérieur de laquelle, le vieil homme venait de s’enfermer.

Les membres de sa famille comprennent que malheur vient d’arriver. Mais personne ne prend la résolution d’ouvrir la porte de la chambre, pour avoir une nette idée de ce qui vient de se produire, avec cette détonation qui n’est autre que celle d’une arme à feu. Tous ont peur et préfèrent plutôt se tourner vers la police.

Peu de temps après, des éléments des forces de l’ordre débarquent dans le village. Ils défoncent la porte et découvrent le cadavre de Anonkoi Achibi qui venait de se tuer avec une arme à feu. Leur constat terminé, en présence de personnel de santé, les agents de police se retirent et ouvrent une enquête, pour comprendre tous les contours de ce drame.

En attendant qu’ils y parviennent, Anonkoi Achibi devrait être mis en terre, hier jeudi 23 août 2018, au cimetière musulman du village d’Agbaou. Enterrement pour lequel étaient annoncés l’Imam Sanogo Drissa de la grande mosquée d’Akoupé, des parents, des amis et des coreligionnaires du défunt.

René D. EMATSE (Correspondant )

 

linfodrome.com

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