03272017Headline:

Côte d’Ivoire –Affrontement sanglant entre populations-Des coups de feu tirés

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-Des populations en fuite

Des coups de feu tirés

Les populations de Baïbly, village de la sous-préfecture de Diéouzon, dans le département de Bangolo, ont vécu l’enfer dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 juillet 2015.

Des jeunes de cette localité se sont affrontés à la suite du décès d’un des leurs. Bilan : un camp de masques incendié, des maisons brûlées et de nombreuses personnes en fuite. Mais qu’est ce qui est à l’origine de cette tension , Pour comprendre les faits, il faut remonter au mois de juin 2015.

C’est que dans la matinée du vendredi 19 juin 2015, le nommé Oué Florent, originaire de Baïbly, se rend dans le camp de masques situé à la lisière de ce village. Une fois en ce lieu sacré, les gardiens de la tradition qui y sont, lui demandent d’offrir de la boisson aux masques comme il est de coutume chez eux, surtout que cet homme est aussi détenteur de la tradition des masques « Glahé ». Florent leur rétorque qu’il n’a aucun sou sur lui, mais que cela pouvait attendre le lendemain. Ce refus est considéré comme une injure aux masques par ces « anciens » qui lui infligent une amende pour son insolence. Mais avant qu’il ne paye cette amende, il doit subir un châtiment corporel.

Malgré ses supplications, il est ligoté, bastonné et exposé au soleil durant plus de 5 heures. C’est l’un de ses cousins qui, l’ayant vu dans cet état alarmant, part informer ses parents. Tout le quartier d’où est issu Florent se déporte donc dans le camp et constate les faits. Sur ordre du chef de village, Florent est détaché et conduit à l’hôpital général de Bangolo. Entre-temps dans le village, les parents et les bourreaux du jeune se regardent en chien de faïence. La moindre dispute se transforme en bagarre. C’est dans cette atmosphère délétère que Florent meurt dans la soirée du mardi 14 juillet.

Dès que la nouvelle du décès parvient au village, les jeunes de son quartier (Guého) décident d’en découdre avec ceux qui sont à l’origine de la bastonnade qui a conduit à la mort de Florent. Ainsi, dans la nuit du mardi 14 juillet, ils s’arment de gourdin, d’essence, et mettent le feu au camp d’où tout est parti. Aussi, des maisons sont prises pour cibles. Plusieurs d’entre-elles sont brûlées. Les Frci qui tentent de s’interposer en tirant des coups de feu de sommation, sont repoussés et obligés de battre en retraite face à des jeunes en furie. La terreur dure toute une nuit. Ce n’est que le mercredi 15 juillet, matin que la gendarmerie, informée, s’est rendue sur le théâtre des affrontements pour ramener le calme.

Plusieurs personnes ont été interpellées. La gendarmerie a ouvert une enquête pour connaître les causes exactes de cet incident. En attendant que toute la lumière soit faite, le corps du jeune paysan tué est à la morgue de Bangolo.

 

Ibrahim BAKOULE, correspondant dans le Guémon.

 linfodrome.com

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