07202018Headline:

COTE D’IVOIRE, Bonoua : Après avoir été tabassée, une policière fait fausse couche

Sergent-chef Kpangui Olive revient de très loin. Elle qui a été rouée de coups par quatre gaillards dont le sergent Dan Stéphan Junior des Compagnies républicaines de sécurité (Crs) 4.

Cette policière, qui portait une grossesse de deux mois, a malheureusement perdu son fœtus quelque jours après. Que s’est-il passé réellement ?Tout commence le lundi 1er janvier 2018, lorsque le sergent-chef Kpangui accepte une invitation du sergent Dan Stéphane Junior sur insistance de ce dernier et de sa génitrice. Arrivée chez les Dan à 13h30mn, c’est l’ambiance et la gaieté. À 17h, elle veut prolonger cette ambiance bonne enfant, en proposant à Dan, une petite sortie dans un maquis dans son propre quartier. Dan ne trouve aucun inconvénient. Pendant des heures, comme tout bon vivant, il savoure la nouvelle année en se faisant servir suffisamment de bière. En revanche, Kpangui, au regard de son état, décline la boisson alcoolisée. Peu après 20h, on voit Dan s’éloigner du maquis. Après un quart d’heure, Kpangui qui s’inquiète pour Dan, l’appelle. Il est là. L’heure avançant, Kpangui demande à partir. C’est ainsi que Dan va décider de faire venir un taxi qu’il va prendre en course. Mais à la grande surprise, le taxi arrive avec deux passagers. La jeune dame hésite avant de monter. Toutefois, elle confie son sac à main à Dan, et refuse de prendre place au milieu sur la banquette arrière. Finalement, Dan et les autres acceptent qu’elle prenne place à l’extrémité de la banquette. C’est le départ vers la maison. Du moins, c’est ce à quoi pense Kpangui qui est surprise de voir le taxi prendre une piste. À la question de savoir quelle est la destination en vue, une réponse sèche de la part d’un passager : « Tais-toi, tu parles trop ! », vient lui donner des sentiments qu’elle vient de tomber dans un piège. Profitant du ralentissement du taxi , dû à des crevasses, Miss Kpangui s’éjecte du taxi en marche. Aussitôt, le taxi marque un arrêt. Elle n’a pas le temps de se reprendre, qu’elle est prise violemment à partie par ces quatre gaillards

Traitement de choc. Elle tente de s’échapper, mais elle est rattrapée par l’un de ses bourreaux qui l’a fauche. Une fois à terre, Dan Junior et ses acolytes remettent le couvert. L’un d’eux hurle à Kpangui : « Pour toi est fini aujourd’hui ». Apeurée, elle les supplie : « Qu’ai-je fais ? ». Elle reçoit des coups d’objets tranchants au niveau de la cheville. Elle se remet à crier : « Je suis enceinte, ayez pitié de moi ». Pour échapper définitivement à ses bourreaux, Kpangui prétexte d’un besoin naturel pressant. Dan et sa bande exigent qu’elle le fasse devant eux. Aussitôt, empoignent-ils la pauvre et tentent de l’engouffrer dans la voiture. En vain puisque Kpangui est projetée comme un sac de joute. Un des compagnons de Dan passe un coup de fil et informe son interlocuteur que «  le colis est avec eux ». Les instants qui suivent, un véhicule vient garer à leur niveau.

Lorsque le conducteur descend et éclaire « le colis », il le reconnaît. C’est en fait l’un des frères ainés de Dan, qui exige que Kpangui soit libérée immédiatement. Une chaude discussion éclate entre eux. Discrètement, Kpangui s’échappe et se traine jusqu’à la maison des Dan, et informe la génitrice du policier. Le lendemain, son sac et ses biens qu’elle a laissés sur le lieu lui sont ramenés. Elle informe ses parents qui accourent pour venir à son aide. Avant d’aller à l’hôpital, elle se rend au commissariat de Bonoua où elle porte plainte pour tentative de meurtre. Malheureusement, cette plainte a été requalifiée en coups et blessures. À l’hôpital général de Grand-Bassam où elle est reçue, vu son état de santé précaire, il lui est délivré un certificat médical d’indisponibilité temporaire de travail de 45 jours. Le 25 janvier 2018, elle retourne à l’hôpital compte tenu des douleurs au niveau du bas-ventre. Le rapport médical du gynécologue obstétricien est sans appel : « L’interrogatoire révèle comme antécédent majeur, des coups et blessures suite à une agression le 1er janvier 2018, suivie d’un épisode de métrorragie. L’échographie réalisée le 4 janvier 2018 confirme une grossesse évolutive de 7-8 semaines. Mon examen du 25 janvier 2018, révèle une gestante en Beg avec de nombreuses plaies en voie de cicatrisation sur les membres inférieurs. Un utérus involué de taille subnormale non en rapport avec l’âge gestationnel qui est de 11 semaines, à la date du 25 janvier 2018. J’ai demandé une échographie pour vitalité fœtale. Le résultat de cette échographie est en rapport avec une grossesse arrêtée. J’ai proposé l’aspiration utérine, ce qui a été fait le lundi 29 janvier 2018, ramenant ainsi des débris ovalaires. Un traitement ambulatoire a été prescrit après l’évacuation utérine », a rédigé dans son rapport, Dr Sossoh Ephraïme, le 2 février 2018.

Confrontation. Voyant que son dossier traine, Kpangui saisit le procureur de la République près le tribunal de Grand-Bassam. Celui-ci, au regard de la situation,   exige une confrontation. Ce qui est fait, le 30 janvier 2018, après plusieurs reports. De sources judiciaires, les coups et blessures ne peuvent totalement qualifier ce que la victime a vécu. D’ailleurs, un deuxième certificat médical vient de lui être délivré, car « elle ne peut pas se chausser comme il se doit. Les plaies se cicatrisent doucement », nous a confié un proche de Kpangui qui ajoute qu’elle ne sent plus en sécurité. Ce certificat court jusqu’au 19 mars 2018.

Devant ces graves accusations, nous avons joint, le jeudi 8 février 2018, le sergent Dan Junior, pour avoir sa version des faits. Il nous a rassuré qu’il donnera sa version des faits, le lendemain, une fois à l’école nationale de Police. Le lendemain, lorsque nous le joignons, il se rétracte. Pendant 6 minutes que dure notre conversation, il demande que nous repartions sur les lieux, avant de nous interrompre : « Je n’ai rien à dire. Vous pouvez écrire ce que vous voulez ». Le mardi 27 février 2018, nous relançons le sergent Dan Stéphane Junior pour espérer obtenir une réaction appropriée aux nombreuses accusations. Il n’est pas plus prolixe que le jeudi 8 février. « Je ne me reproche rien. L’affaire est au commissariat de Bonoua. Où l’affaire sera, nous irons répondre. Et tout le monde sera là-bas », nous répond-il à 10h47mn. La confrontation n’aura pas lieu. Il revient donc à la Justice de trancher.

SOURCE: linfodrome

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