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Côte d’Ivoire: Des élèves aussi s’affrontent à la machette

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Des élèves du lycée, assis au bureau du proviseur, qui sèment la violence en milieu scolaire Des élèves du lycée, assis au bureau du proviseur, qui sèment la violence en milieu scolaire Crédits: Bellarmin Yao Kan


e proviseur du lycée, Louis Yapo Akoun, en collaboration avec ses inspecteurs d’éducation, a, à cet effet, convoqué, le 11 décembre, à son bureau, leurs parents pour échanger sur le phénomène.

 

La guerre à la machette qu’a connue, en son temps, le milieu universitaire en Côte d’Ivoire, est devenue un phénomène récurrent dans les établissements secondaires de Sikensi.

En effet, des élèves du lycée municipal et des collèges privés de kraffa, d’Iods et d’Eureka, par petits groupes, s’affrontent régulièrement après les cours sur des lieux de bataille qu’ils ont eux-mêmes définis. Appelés dans leur jargon « Les frères », ceux-ci font, quelquefois, usage dans leurs bagarres de couteaux, machettes, bouteilles et gourdins. La plupart d’entre eux ont le corps tatoué et leurs sobriquets mentionnés sur leurs bras.

Ce phénomène a été découvert par un éducateur du lycée, Kouadio Koua Jules, à la suite de son enquête personnelle qui lui a permis d’identifier deux groupes et dix élèves de son établissement. Il s’agit, entre autres, de Ouédraogo Olivier en 3e, 17 ans; Boua Niangoran en 5e, 15 ans; Sanfo Adama en 4e, 17 ans; Ouédraogo Souleymane en 5e, 15 ans et Soré Abdoul en 5e, 16 ans. Leurs sobriquets sont respectivement « Pao », « Boka », « Adamo », « Reski Soldado » et « Bilou ».

Le proviseur du lycée, Louis Yapo Akoun, en collaboration avec ses inspecteurs d’éducation, a, à cet effet, convoqué, le 11 décembre, à son bureau, leurs parents pour échanger sur le phénomène en leur présence.

Ouédraogo Olivier alias Pao, l’un des élèves incriminés, fait savoir que les récents affrontements remontent au 26 novembre et 4 décembre. Selon lui, leurs bagarres sont causées par des provocations, des défiances et des histoires à propos de petites amies (copines élèves). « Chaque groupe a un représentant dans une école. Quand un membre d’un groupe est tabassé par les éléments d’un autre groupe, son groupe prépare la riposte. Des jeunes déscolarisés font également partis de certains groupes », confie-t-il. Quant à Sanfo Adama dit Adamo, il révèle: « les affrontements ont tendance à devenir interethniques. Les petits Abidji et Malinké se sont affrontés le 26 novembre dans le village de Bécédi, en faisant usage d’armes blanches (couteaux, machettes, bouteilles, gourdins) ».

Afin de mettre fin à ces violences et prévenir d’éventuels drames, le proviseur compte, avec les autres chefs d’établissement, mener de manière concertée des actions dans les différents collèges de la ville en vue d’y démanteler tous ces réseaux. Ce phénomène, s’inquiète-t-il, pourrait constituer une gangrène au point d’agir sur les résultats scolaires.

Dion Maurice, inspecteur d’éducation, souligne que si aucune solution n’est trouvée, d’autres élèves risquent par solidarité ou affinité d’intégrer ces groupes.

Les parents d’élèves convoqués ont déploré l’ampleur de cette situation. Ainsi, ils ont affiché la ferme volonté de jouer leur partition dans la lutte contre ce fléau. Leurs enfants, selon eux, empruntent chaque jour le même car de ramassage pour se rendre à l’école et à la maison.

Bellarmin Yao Kan
Correspondant Régional

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