05242017Headline:

Côte d’ivoire: «Gérer les bisi» nouveau modèle de prostitution-Découverte

 

En Côte d’Ivoire, la prostitution s’est installée à tout âge dans une société qui cherche encore ses repères au lendemain d’une crise politique, qui a secoué le pays pendant une décennie, et pansée par plusieurs promesses de campagne. Avec les jeunes filles de 14 à 23ans, on parle désormais des “gereuze de bisi”. Pour quelques billets de banque, elles sont prêtes à tout en livrant leur sexe.

Une affaire de pauvreté autrefois, la prostitution  en Côte d’Ivoire a pris une proportion très inquiétante. Une intégration à toutes les tendances qui se succèdent, a engendré sa mutation. Si bien qu’elle n’est plus l’apanage d’une couche sociale seulement. Elle concerne desormais les jeunes filles d’un âge moyen, voire entre 14 et 23ans.

Bien organisé, avec le développement des smartphones et les réseaux sociaux qui entrent en compte, ce nouveau modèle de prostitution  a un nom. Son modus operandi lui vaut de fait, un nom code de ” gérer les bisi”.

La commune de Yopougon, plus grand quartier populaire de la capitale économique Abidjan, est fortement confrontée aux ” gereuz de bisi”, comme on appelle aussi les adeptes.
Linda, une jeune fille d’à peine de 17ans seulement, mais bien rodée au delà de son apparence angélique qu’elle présente dans le quartier de Sicogi, nous explique les rouages de ce type de prostitution.

” Gérer bisi, ça vient en fait de gérer un business. Et on n’a pas besoin de s’arrêter dans les rues pour avoir un client. Ce sont les hommes eux même qui viennent à nous, partout où nous nous trouvons, même sur Facebook pour grès (ndlr faire l’amour). Puis c’est en fonction de leurs exigences qu’on fixe le prix.” Raconte t-elle.

Dans ses confidences elle est rejointe par une silhouette plus affinée, serrée dans une robe rouge justaucorps qui laisse entrevoir ses seins. C’est son amie et, elle est âgée de 20ans. Quand elle entend “gérer bisi”, elle affiche alors un sourire et remue la tête, comme si elle en savait beaucoup.

” C’est peut-être de la prostitution  si vous voulez ” balance t-elle en premier en faisant la moue. ” Mais c’est tout ça le coupé décalé en fait. Tu as affaire à un mec qui te court après tout le temps pour ta beauté, et qui est plein de fric. Tu lui proposes alors de l’argent pour t’en débarrasser. Et s’il est d’accord tout le monde s’en tire à bon compte”. Explique cette dernière qui à l’en croire voudrait présenter ce phénomène comme un “effet de mode”.

Dans les maquis, boîtes de nuit ou les rues, les “gereuz de bisi” sont partout. À la différence si elles ne se présentent pas au premier venu, ce sont leurs atouts de séduction qu’elles mettent en jeu. Et malheureusement ce sont celles âgées entre 14 et 23ans qui sont en première ligne de cette activité dévalorisante.

À cette préoccupation, voici ce que Charlène, une ado de 19ans rencontrée au quartier Niangon repond ” Actuellement ce sont les petites filles qui ont la côte. Du fait du développement des ntic et réseaux sociaux, nous devenons rapidement plus matures. Du coup, on entre facilement dans la cour des grands. Après à chacune d’être responsable de ses actes… Et Il y en a qui de nos jours se marient à 23ans et qui ont des enfants après connu au moins 5 mecs “.

Au quartier Ananeraie, précisément carrefour Oasis, se trouve un nid des “gereuz de bizi”. Comme observé samedi soir, voici comment ils s’y prennent avec minutie: La nuit tombée en effet, ces ados s’habillent dans des vêtements de charme, pour errer dans les points chauds et s’attirer les convoitises. Puis généralement guidées par des proxénètes, les rendez-vous sont arrangés à des prix variant entre 5000 et 20.000frs cfa. Des fois, ce sont des téléphones portables de valeur que proposent les clients, pour embarquer ces mômes à des heures tardives de la nuit.

” Ce sont des filles encore fraîches. Et les noctambules en raffolent. Elles sont innocentes, savent très bien faire l’amour… et il y a moins de risque avec elles ” témoigne un client dans un maquis. ” En plus avec elles, il est facile d’assouvir ses fantasmes tant que tu mises (ndlr donner de l’argent)” en rajoute un autre assis près de lui.

Les réseaux sociaux, notamment Facebook favorisent également cette prostitution  déguisée des “gereuz de bisi”. Pour avoir des clients, elles postent des photos en exhibant leur corps. Après tout se passe en discussion privée.

À la fin, ” Gérer les bisi”, cette nouvelle forme de prostitution  qui emploie toutes les techniques subtiles, est d’autant plus inquiétante, qu’elle représente un réel danger pour ses adeptes.

Fort heureusement des influenceurs sur les réseaux, comme Nococoti, se sont déjà dressés contre ce phénomène. Reste les autorités ivoiriennes, et les parents. À qui la faute dans cette dépravation des mœurs…?

Adriel, Abidjan

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