07242017Headline:

Côte-d’Ivoire insécurité à Abidjan: Voici le remède des populations contre les « microbes »

Côte-d’Ivoire insécurité à Abidjan: La loi du talion, remède des populations contre les « microbes »

Excédés par les attaques en tout genre de jeunes délinquants communément appelés « microbes » depuis environ cinq ans, les Abidjanais tendent au fil du temps à se substituer aux forces de sécurité lorsqu’ils mettent la main sur ces agresseurs.

Elle semble lointaine, l’époque où les Ivoiriens s’interposaient pour éviter le lynchage d’un délinquant, tant la compassion est quasi inexistante quand, une fois n’est pas coutume, la peur change de camp.

« Avant j’avais pitié. Un jour j’ai même appelé la police pour tirer un microbe des mains d’une foule en colère. Mais depuis que j’ai été poignardé par ces enfants en plein jour, tout a changé », raconte Ange Bilé, un habitant de Yopougon (Ouest d’Abidjan), disant se sentir en insécurité chaque fois qu’il rencontre « un groupe d’adolescents pas bien habillés » dans la rue.

L’une des raisons récurrentes avancées pour justifier l’application de la loi du talion reste la violence des attaques à l’arme blanche (couteaux, machettes) de ces « enfants en conflit avec la loi » qui a de quoi « enlever toute humanité à un saint », selon Ange qui garde de grandes cicatrices de son agression: « les microbes ne font pas que voler, ils tuent atrocement, comme s’ils avaient besoin de voir le sang se répandre partout. Ils méritent donc le même sort ».

Si les vidéos et images du lynchage du capitaine Maxwell au Ghana par des villageois qui l’ont pris pour un voleur a créé une grande vague d’émotions et de colère sur la toile, le sentiment est nettement inversé quand il s’agit de microbes lynchés pendant la nuit du destin (nuit bénie dans le mois de Ramadan chez les musulmans) à Yopougon, que leur culpabilité soit établie ou pas.

Dans le quartier d’Abou Zadi à Abobo, commune populaire au nord d’Abidjan, des habitants, jeunes en majorité, ont décidé de se « faire justice » après avoir constaté que « les microbes ressortent toujours (des commissariats) au bout de deux ou trois jours » de détention.

Une fois conduits dans un poste de police, le jeune âge de ces délinquants pose en effet « un problème de détention des mineurs (car) la police ne peut pas les garder » longtemps, explique le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho), Pierre Adjoumani Kouamé, évoquant une des raisons qui ressort de l’enquête de son Ong auprès des populations d’Abobo et d’Attécoubé en vue de comprendre les motivations de la justice populaire.

« Nous regrettons de constater que la population se fait justice aujourd’hui en brulant ces enfants, souvent à tort », poursuit M. Kouamé, estimant que les centres de resocialisation mis en place par le gouvernement pour leur réinsertion sociale ne sont pas suffisants.

La « solution durable » pourrait venir selon lui d’un séminaire réunissant « tous les acteurs », entre autres les organisations de défense des droits de l’homme, les ministères de la Justice et de la Famille, afin de « prendre le problème à bras de corps ».

Pour ce qui est des populations, le président de la Lidho rappelle que « les personnes qui se font justice peuvent être justiciables », avant de conclure: » Si vous tuez des personnes, vous tombez sous le coup de la loi. Il y a des commissariats, la gendarmerie pour prendre le relais » quand un délinquant est intercepté.

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