12132017Headline:

Côte d’Ivoire /Situation sécuritaire Alarmante: 3000 femmes violées par des militaires

La salle d’honneur  de l’état-major des armées de Côte d’Ivoire a abrité le mercredi 4 octobre 2017, une rencontre entre le Procureur militaire, Ange-Bernard Kessi Kouamé, Commissaire du gouvernement, et une délégation de la Commission nationale des droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (Cndhci) comprenant, entre autres, Bakari Diaby, Ourigbalé Stéphane, chef de département droits civils et politiques.

Objectif : présenter au Procureur militaire, « les saisines des populations sur les violations des droits de l’Homme, commises par des militaires en Côte d’Ivoire ». Sur un total de 3000 cas de viols enregistrés en Côte d’Ivoire depuis 2011 où des gendarmes, policiers et soldats sont impliqués, 61 cas imputables à des militaires, ont été commis dans la seule année de 2017. Sur ces 61 cas, seulement 14 militaires ont été poursuivis, jugés et condamnés par le Tribunal militaire d’Abidjan (Tma), selon le Procureur militaire, Ange Kessi Kouamé. « Les militaires viennent au premier rang des violeurs, les policiers en deuxième position, et les gendarmes en troisième position. 14 cas de viol ont été jugés, et les condamnations prononcées vont de 4 ans à 10 ans », a encore fait savoir le Commissaire du gouvernement.

 

Qui a déploré l’attitude de certaines femmes qui se taisent sur les viols dont elles sont victimes de la part des hommes en treillis. «  Il faut que ce soient les militaires violeurs qui soient la risée de l’opinion. Que les femmes violées n’aient pas le complexe de venir saisir le Tribunal militaire », a-t-il lancé. Deux dossiers de cas de viol, dans lesquels des policiers sont mis en cause, sont pendants devant sa juridiction. « Une fille de 14 ans a été violée par un élément de la Crs de 45 ans, et un autre cas d’attentat à la pudeur », a révélé le Commissaire du gouvernement. Il a annoncé l’ouverture d’un espace des droits de l’Homme au Tma, en relation avec la Cndhci.

Le 3ème rapport trimestriel, qui fait le point de la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, sera rendu public le 18 octobre 2017. Le Commissaire du gouvernement a dénoncé cette fâcheuse tendance de certains militaires des Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci), à mettre en location leurs armes de dotation, notamment des kalachnikovs, auprès des bandits de grand chemin, pour des besoins infractionnels. Et de citer le cas d’un soldat qui a loué, récemment, sa kalachnikov, et « qui purge en ce moment, une peine d’emprisonnement ferme ». « Ce militaire nous a dit qu’il ne savait pas que louer son arme était un crime. Donc, il louait son arme, une kalachnikov, à des gangs. Il a dit qu’il ne savait pas qu’un militaire ne doit pas louer son arme. Il l’a fait, nous l’avons jugé et condamné », a révélé le Procureur militaire, visiblement hors de lui.

 

Il a ajouté qu’il maintiendra toujours le bâton de la répression, sur la tête des ripoux et autres délinquants militaires «  qui ne sont pas des militaires, mais de véritables voyous ». Pour Ange-Bernard Kessi, la démarche du Cndhci, qui vise à faire avancer la cause des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire, est à saluer. Il a dit compter sur cette structure, pour envoyer «  tous les cas de viol vers le Tma ». Pour sa part, Ourigbalé Stéphane a confié que «  tous les grades sont concernés » dans les cas de viol qui ont été recensés, et dans la violation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Il a, par ailleurs, relevé d’autres cas de violation des droits de l’Homme, reçus par le service requête du Cndhci, commis par des militaires, et qui sont relatifs à des « expropriations de patrimoines privés, des extorsions de fonds et autres atteintes à la dignité humaine ».

Armand B. DEPEYLA

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