01232017Headline:

Côte-d’Ivoire/ Un père de famille exécuté d’une balle en pleine bouche dans un village

homme tue par balle

Une ignoble mise à mort s’est produite à Gatakongouékro, village de la sous-préfecture de Botro

Un père de famille, en la personne de Konan N’Zué, y a été enlevé par des inconnus, qui iront plus tard l’exécuter. Un peu comme dans les films où les hors-la-loi font la loi.

Selon nos sources, le sexagénaire Konan N’Zué, connu dans son village de Baméla ( Botro) pour être sans histoire, marié coutumièrement à trois femmes et père de 15 enfants, vit paisiblement avec sa famille. Mais les choses ne semblent vraiment pas bouger pour lui. C’est la galère !

Alors un jour, il décide de quitter son village pour un autre, du nom de Gatakongouékro, situé à une quinzaine de kilomètres de là. Les siens, bien entendu, le suivent dans cette nouvelle aventure. Sur place, Konan N’Zué, loin d’être paresseux, s’adonne sérieusement au travail de la terre. Et les résultats de ses efforts ne tardent pas à se manifester. Et ce n’est pas exagéré de dire que l’homme fait fortune. Lui qui est désormais propriétaire d’un parc à bœufs de plusieurs têtes et dont les champs produisent en abondance.

La galère est à présent loin derrière lui. Les choses en sont là, quand un jour, Konan N’Zué reçoit la visite de son oncle qui, lui, vit à Gagnoa. Le soir après les civilités, le neveu demande à son oncle les raisons de sa visite. Ce dernier répond qu’il s’est spécialement déplacé pour venir lui expliquer qu’il n’a pas le droit de cultiver sur la parcelle de terre qu’il occupe. Mais pour quelle raison ? C’est la question que pose le père de famille. L’oncle répond qu’il est simplement là pour lui faire savoir ce qu’il est venu lui faire savoir. Un point, un trait. Et dès le lendemain, l’oncle retourne chez lui à Gagnoa.

Deux semaines après, à la surprise de tous, l’oncle en question meurt. Plus tard au cours de ses funérailles au village, avancent nos sources, un voyant présumé raconte que l’auteur de la mort de l’oncle n’est autre que son neveu Konan N’Zué, qui aurait usé de pratiques mystiques. Ce dernier en est surpris. Comment de telles faussetés peuvent-elles être dites sur son compte ? Se demande-t-il ? En tout cas, dès lors, commencent les malheurs de cet homme de 63 ans. Des menaces de mort lui sont proférées au village.

Au regard de cette situation où sa vie est inutilement menacée, il dépose plainte auprès du tribunal de première instance de Bouaké. On en est donc dans l’attente du procès, quand dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2016, des individus, environ une soixantaine, débarquent au domicile de Konan N’Zué. Ils sont armés de fusils de calibre 12, de machettes, de houes et de lances. Un scénario des films western, avec comme protagonistes des Indiens.

C’est ce à quoi on croit vraiment avoir affaire. L’un des fils du malheureux planteur, témoin oculaire des faits, raconte : « Quand ces hommes sont arrivés, il était pratiquement 2h du matin. Notre père dormait sous une moustiquaire, sous son hangar…Lorsqu’ils l’ont repéré, ils ont lancé des cris de guerre et d’autres individus sont sortis de la brousse pour venir l’encercler. Nous avons crié au secours, en vain. Personne n’est sorti, porter secours à notre père malgré les supplications. Après l’avoir brutalement tiré de sommeil, ces individus armés ont ligoté mon père, avant de le conduire en bordure d’un étang. Là, sous mes yeux, ils l’ont mis à genoux. Et à l’aide d’un fusil, ils lui ont ouvert la bouche et ont fait feu. Explosant la tête de mon père, mort sur le champ. Après leur forfait, les tueurs, libérant des cris guerriers, se sont fondu dans la nature », explique le fils du défunt en larmes. Puis d’ajouter : « Ils ont tué mon père, rien que pour accaparer ses biens. Sinon, ils accusent mon père d’avoir tué son oncle, sans preuve. Et que font-ils de la justice ?», interroge-t-il amer.

La gendarmerie de Botro qui se rend sur les lieux le lendemain, procède au constat d’usage et ouvre une enquête. A la suite de quoi, des suspects sont arrêtés. D’autres, en fuite, sont activement recherchés. Quant au défunt, il a été inhumé le samedi 25 juin 2016, à Bamela, son village situé à 5 Km de Botro.

Ladji Abou SANOGO (Correspondant régional)

linfodrome.com

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