10202017Headline:

Côte d’Ivoire/Le quartier de Cocody à Abidjan encore une fois sous les eaux

A Abidjan, de fortes pluies ces derniers jours ont une nouvelle fois sinistré le quartier d’Angré Château situé à Cocody. Les inondations, parfois meurtrières, sont récurrentes dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire. En cause : le manque d’infrastructures d’assainissement ou de drainage des eaux de pluie, mais aussi des anomalies dans la planification urbaine. La population est excédée.

Des dizaines de maisons cossues et d’immeubles sont encerclés par l’eau brunâtre. Dans une rue, des habitants en short, bottes ou sandales sautent de pierre en pierre pour s’extirper de la zone sinistrée.

Eau à mi-mollet, Fatouma sort pour la première fois de chez elle depuis quatre jours. « On ne peut pas sortir car l’eau rentre même à l’intérieur dans la cour. J’ai été obligé de descendre pour aller chercher à manger pour les enfants. Cela fait trois jours qu’ils ne sont pas allés à l’école », raconte-t-elle.

Même détresse pour Honorine : « L’eau a tout abîmé, on n’a plus d’habits, on n’a plus rien. Chaque année quand il pleut c’est comme ça », se désole-t-elle.

Urbanisation en dépit du bon sens

Et pour les habitants d’Angré Château, le responsable de leurs malheurs depuis plus de trois ans, c’est la « cité Fandasso ». Des résidences construites par un promoteur dans une cuvette à l’endroit où s’évacuaient habituellement les eaux de pluie, comme l’explique Anatole Gue, un habitant. « Le bassin d’orage est bloqué par leur mur. Donc l’eau qui avait son cheminement naturel ne peut plus passer ; et quand c’est comme ça, l’eau est refoulée vers nos maisons et nous sommes sinistrés », explique-t-il.

Alerté par les habitants, l’Office national de l’assainissement et du drainage avait pourtant réclamé en 2014 la démolition du projet immobilier. Du côté de la municipalité de Cocody, on se dit impuissant. « Nous veillons sur tout ça en disant qu’il n’est pas possible de construire dans les bassins d’orage, mais bon nous prenons des décisions et il y a d’autres décisions qui viennent d’ailleurs, on court-circuite la mairie, se défend Mathias N’Goan Aka, le maire de la commune. Nous sommes en pourparlers avec l’Etat pour le transfert de compétences. La loi de 2012 nous donne des compétences, mais sans moyens. »

Pas de quoi rassurer le collectif d’habitants dont les lettres adressées aux ministères de la Construction et de l’Environnement sont restées jusqu’ici sans réponse.

RFI

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