06182018Headline:

Fraude: Une unité de production de fausses Cni saisie dans un cybercafé, un étudiant arrêté

Konaté Diakalidia, le Dg de l’Oni, par le truchement du Sic, dans la traque aux documents frauduleux

Konaté Diakalidia, le patron de l’Office national de l’identification (Oni), par le truchement de son unité spéciale de répression qu’est le Service des investigations et du contentieux (Sic), dirigé par le commissaire divisionnaire de police Bakayoko Soualiho, est en train d’abattre un remarquable travail de nettoyage de la pègre. Cette pègre qui s’est spécialisée dans la confection de faux documents administratifs. Notamment, les Cartes nationales d’identité (Cni) ou encore les permis de conduire et autres actes de mariage.

Après avoir récemment démantelé un réseau d’étudiants faussaires (Cf Soir Info du samedi 12 et dimanche 13 mai 2018), le Sic vient de remettre le couvert. Il a débusqué au quartier Soweto à Koumassi, un cybercafé qui, parallèlement, se trouvait être, une haute unité de production de faux documents administratifs. Et là encore, un étudiant est un maître à penser.

Nos sources expliquent en effet, qu’ayant infiltré le milieu des faussaires, les agents du Sic apprennent l’existence de ce fameux cybercafé où en sous-main, l’on fait du faux. Mais en pareille circonstance, il faut des preuves matérielles. Et suffisamment informés sur ce cybercafé et ses pratiques obscures, les agents du Sic montent un stratagème. Ils convainquent une dame d’accepter de jouer le rôle de demandeur d’une Cni.

Le plan bien ficelé, la dame en question, se présente, le vendredi 4 mai 2018, dans le fameux cybercafé. Elle trouve le gérant des lieux, en la personne de Ouattara Olivier. Elle lui explique qu’ayant perdu sa Cni, elle souhaiterait donc, qu’il lui soit confectionné, un duplicata de ce document. Ouattara Olivier la rassure de ce que sa préoccupation n’en est même pas une avec lui. Il lui demande juste son extrait de naissance, qu’elle lui remet sur place. Puis, il lui fait faire des photos-minute.

Après avoir encaissé la somme de 4 000 F Cfa, qui est le prix de cet acte ici, le gérant du cybercafé demande à la dame, de revenir juste dans moins d’une heure, récupérer le duplicata de sa Cni. Évidemment, les agents du Sic qui, pour la plupart, sont des policiers en civil, vont « miner » tout le périmètre du laboratoire du faux. Et peu de temps après, alors que l’infographe s’emploie à remettre la fausse pièce à la femme, il est pris la main dans le sac, par les agents des forces de sécurité.

Une perquisition des lieux est vite effectuée. Des éléments à charge y sont découverts. Il s’agit notamment de 20 fausses Cni, une fausse Cni en cours de confection, de faux permis de conduire, des cartes consulaires, une carte scolaire. Tout cela est saisi. Tout comme le matériel servant à produire ces faux actes administratifs. Ce sont, entre autres, des appareils-photos numériques, des ordinateurs complets, des imprimantes, du papier bristol.

Dans les locaux du Sic au Plateau, où il est conduit, Ouattara Olivier, interrogé, passe à table. A en croire ce garçon de 24 ans, il est étudiant, titulaire d’un Brevet de technicien (Bt) en décoration textile, obtenu « brillamment » en1994. Mais pour défaut de moyens financiers, il est contraint à l’arrêt de ses études.

Il lui faut trouver du pognon pour, selon lui, poursuivre ses études et parvenir alors au mieux, à bien éduquer les deux gosses dont il est le père. Et c’est en cherchant un job, petit boulot, qu’il expose sa préoccupation au sieur L.D, opérateur économique et propriétaire du cybercafé, qui accepte de le prendre avec lui. Maîtrisant donc l’infographie, l’étudiant note qu’il fait des saisies de textes, des traitements de textes, des photocopies. Il établit, par ailleurs, des devis et des Cv (Curriculum vitae).

Et c’est plus tard, toujours selon ses dires, que son patron le convainc à adhérer à son business de confection de faux documents administratifs. Et comme ce deal est sensé lui rapporter un peu plus de sous que son salaire, il marche. Et depuis sept (7) mois qu’il est là, il est le parfait complice de son patron dans cette affaire tordue. C’est même lui pratiquement, qui tient les rênes du labo du faux.

A la suite des aveux de Ouattara Olivier, les éléments du Sic tentent d’interpeller L.D, l’opérateur économique, présumé cerveau de cette administration parallèle du faux. Mais ce dernier au eu le temps de prendre la clé des champs. Et depuis sa tanière, il mandate des envoyés, pour négocier des arrangements auprès du Sic. En tout cas, les recherches se poursuivent, assure-t-on du côté des forces de l’ordre, en vue de mettre la main sur cet individu dangereux. Qui mazoute à sa guise, l’état civil ivoirien, et qui pollue le milieu du transport, en permettant à des chauffards, de jouer avec la vie des citoyens, avec leurs faux permis de conduire, qu’il leur confectionne contre quasiment une bouchée de pain.

 

 

linfodrome.com

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