01182017Headline:

Fusillade à la Maca/ Un détenu fait des grandes révélations sur Yacou Le chinois

yacou

Yacouba Coulibaly dit ”Yacou le Chinois”, considéré comme un caïd de la pègre, a été abattu dans une fusillade, le samedi 20 février 2016, à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). La mort de ce prisonnier pas comme les autres, fait couler beaucoup d’encre et de salive.Après les révélations des gardes pénitentiaires relayées dans des médias, un détenu qui nous a joint, le lundi 22 février, a fait des confidences sur le disparu.

Ce pensionnaire a regretté la mort de son co-détenu, signifiant ”qu’il s’agit, avant tout de mort d’homme. Selon notre source, l’ex détenu avait une influence sur ses co-detenus au point qu’il a pu mettre fin à certaines pratiques qui ont cours à la Maca. Notamment, la sodomie, la pédophilie, facteurs de propagation de maladies infectieuses telles que le Vih-Sida.

A côté de ces actions que notre interlocuteur a qualifié de ”bonnes œuvres”, Yacou Le Chinois s’est tristement illustré dans la prison à travers des agressions, tortures et même l’assassinat de certains prisonniers. «Yacou Le Chinois a, à son actif la mort de 6 détenus. Le cas le plus récent est celui d’un certain Raymond, un jeune qui était son valet. Ce jeune homme aurait été battu à mort par ce caïd de la pègre », a révélé notre source. Pis, fait-il savoir, des prisonniers acquis à sa cause profitaient de cette influence pour sévir et mettre la vie de leurs camarades en danger. Il estime que quelle que soit la raison, tous les prisonniers ont le même droit et nul ne peut se permettre de torturer d’autres pensionnaires. Fait déplorable, a ajouté notre source, ces agressions se font au nez et à la barbe des gardes et de l’administration pénitentiaires.

L’impunité, souligne-t-il, a créé une situation d’insécurité dans cette maison d’arrêt et de correction. La fusillade du samedi a révélé des failles au niveau du système mis en place, si l’on s’en tient au témoignage de notre interlocuteur. « Le jour des faits, ”Pour se défendre lors de la fusillade, le défunt pensionnaire combattait avec trois armes à feu: deux kalachnikov et un pistolet automatique », a-t-il confié. Comment ce caïd a-t-il pu avoir ces armes ? Qui les lui a -t-il livrées ?

Notre source révèle qu’il bénéficie d’une complicité interne. « Ces armes ont été acquises avec la complicité de certains gardes pénitentiaires à sa solde », a-t-elle dénoncé. Puis d’ajouter que ces mêmes agents font également passer la drogue. La Maca serait devenue un marché potentiel pour Yacou le Chinois, qui s’en mettait plein les poches, a expliqué le prisonnier. Avec cet argent, le défunt prisonnier pouvait acheter la conscience de tout le monde, y compris des gardes pénitentiaires et des responsables de la prison. « C’est ainsi qu’il a bâti son empire. Il régnait sur la prison », a déploré notre source. Elle a fait remarquer que le témoignage de Yacou Le Chinois a impacté des prisonniers. Il aurait même fait des émules. « Sinon comment comprendre que des co-déténus acquis à sa cause commettent des dérives qui restent impunies », a dénoncé le prévenu. Il a plaidé pour que des dispositions soient prises pour éviter que les mêmes choses se reproduisent à la Maca.

Condamné une première fois à 20 ans de prison en 2010 pour vol aggravé, Yacou le Chinois s’évade peu de temps après avant de réapparaître pendant la crise post-électorale de 2011 en tant que soldat des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Il prend même du galon et devient caporal.

L’habitude ayant la peau dure, très vite, le Chinois refait parler de lui, dans le quartier chic de Cocody par des agressions, vols, braquages puis meurtre…Il retourne à nouveau à la Maca, avec une nouvelle condamnation de vingt ans de prison ferme. Cette peine, il ne la purgera pas jusqu’au bout, abattu lors des fusillades du samedi 20 février dernier.

Marcelle Aka

l’inter

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