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La source de la perte des millions d’euros de certaines entreprises / Les fautes d’orthographe, voici

Les entrepreneurs britanniques et français tirent la sonnette d’alarme. Les fautes dans les courriers ou sur les sites leur feraient perdre des sommes folles. En Belgique aussi, les chefs d’entreprise s’inquiètent. L’orthographe reste l’un des principaux critères de sélection.

Une faute d’orthographe dans le courrier envoyé par la secrétaire. Une erreur sur le site internet. Une conjugaison mal maîtrisée dans le communiqué de presse. Autant de détails “techniques” qui peuvent ruiner la réputation d’une entreprise. Et faire plonger son chiffre d’affaires.

De l’autre côté de la Manche, les employeurs ont décidé de s’attaquer à ce véritable fléau.

Une simple faute d’orthographe sur le portail d’une entreprise peut faire chuter de moitié les ventes en ligne“, indiquait récemment à la BBC Charles Duncombe, un homme d’affaires désespéré par les faibles connaissances orthographiques et grammaticales des demandeurs d’emploi qu’il rencontre.

Si toute l’économie britannique est concernée, Charles Duncombe estime que les conséquences sont particulièrement lourdes pour le commerce en ligne. D’après ses calculs, “on perd, chaque semaine, des millions de livres sterling sur internet à cause de simples fautes d’orthographe“.

Des perles rares

Et Charles Duncombe n’est pas le seul à se plaindre et à tirer ainsi la sonnette d’alarme. De récentes recherches menées au royaume de Sa Majesté soulignent que 42% des employeurs britanniques ne sont pas satisfaits des niveaux de lecture et d’écriture des jeunes diplômés. Près de la moitié des entrepreneurs indiquent avoir déjà fait appel à des professeurs privés.

La francophonie ne semble pas épargnée. “Nos clients ont du mal à trouver des assistants et secrétaires avec un bon niveau d’orthographe“, confiait au quotidien Le Figaro la responsable du marché tertiaire chez Adecco-France, Valérie Guibout.

Dans le même article, Pascal Brouaye, directeur de la prestigieuse École centrale d’électronique (ECE), se plaignait du niveau de certains élèves, insuffisant pour pratiquer le métier d’ingénieur. “La majorité de nos étudiants ont pourtant eu la moyenne au bac français et une mention au bac“, précisait-il.

Transposable à la Belgique

Et chez nous? Aucune étude n’a, pour l’heure, été réalisée pour calculer l’impact des fautes de français sur la santé de nos entreprises.

Il faut être prudent mais je pense qu’on pourrait faire un parallèle avec les situations française et britannique, même si le commerce électronique est moins développé en Belgique que dans les pays anglo-saxons“, avance Cédrick Fairon, directeur du CENTAL (Centre de Traitement Automatique du Langage – UCL). “Les propos alarmistes de ces entrepreneurs ne m’étonnent pas. Les lacunes en orthographe ou en grammaire, qu’elles apparaissent sur le site internet ou dans un courrier émanant du secrétariat, peuvent effectivement avoir des conséquences néfastes pour l’entreprise et son image. La maîtrise de l’orthographe reste donc une qualité valorisée. Et je vous assure que beaucoup d’employeurs belges y accordent une grande importance.

D’ici quelques mois, les chercheurs de l’UCL mettront sur le marché PlatON, un logiciel d’apprentissage de l’orthographe proposant des dictées et des exercices de français. Le logiciel s’adressera aux écoles et universités mais aussi aux employeurs qui désirent inscrire des membres de leur personnel.

Cela fait des années que les universitaires tirent la sonnette d’alarme“, rappelle Richard Beaufort (CENTAL). “Il est intéressant de voir que ce sont maintenant les entrepreneurs qui attirent l’attention des médias sur ce problème majeur. Peut-être que cela fera enfin bouger les choses.

PIAB

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