07282017Headline:

Maca/Du nouveau dans l’affaire, la Sage-femme major apporte des éclairages sur les circonstances du décès

dame morte

Affaire ”Une femme meurt en couche à l’hôpital de Marcory”: Depuis la Maca, la Sage-femme major déballe tout

«Je ne l’ai ni tuée ni laissée mourir

Après avoir battu le pavé devant le palais de justice, les sages-femmes sont allées réconforter Mme Ehui-Aka, qui, depuis la Maca, est sortie de sa réserve sur les circonstances de la mort de sa patiente Yaoua Nadège.

Du nouveau dans l’affaire des sages-femmes incriminées dans la mort en couche d’une femme à l’hôpital général de Marcory. Une des mises en cause dans ce dossier actuellement en instruction par le Parquet d’Abidjan-Plateau, à savoir Mme Ehui née Aka Adèle, depuis la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) où elle est détention préventive, apporte des éclairages sur les circonstances du décès de la parturiente.

A la faveur d’une visite de soutien et de réconfort de plusieurs de ses paires réunies au sein des deux syndicats du corps des sages-femmes dirigés par Gnionsayé Hélène et Kangouté Maimouna, le samedi dernier, dans la prison de Yopougon, la sage-femme major de l’hôpital général de Marcory a, d’emblée exprimé sa compassion à la famille éplorée. « J’ai 16 ans de service et aucune de mes patientes n’a succombé. Ce n’est jamais arrivée. Aucune parturiente dans mes mains n’a trouvé la mort que ce soit à Marcory où j’ai servi pendant 11 ans, ou ailleurs où je suis passée. Partout où j’ai servi, c’est zéro mort. Je devine aisément le désarroi de la famille quand une femme meurt en couche. Quand ce drame arrive, nous, les sages-femmes qui sommes aussi des mères, sommes dans l’émoi. Je mesure donc à juste titre le chagrin de la famille de ma patiente. C’est pourquoi, je tiens respectueusement à présenter mes condoléances les plus émues. Au-delà de ce qu’on veut faire croire, j’ai été peinée et toute bouleversée par sa mort. Mais, je tiens à préciser que j’en suis pas responsable. Je ne l’ai ni tuée ni laissée mourir », se défend-t-elle d’entrée. Relatant les faits survenus dans la nuit du 8 au 9 novembre, qui a vu sa vie basculer dans un cauchemar, Mme Ehui-Aka, qui visiblement avait envie de ”se vider”, confie que dame Yaoua Nadège est arrivée à minuit 30mn avec son époux. «A son arrivée, on a fait un examen général par la prise de la tension, du poids et du pouls. Cet examen a été fait par un stagiaire. Concernant l’examen obstétrical, c’est moi-même qui l’ai fait. J’ai donc eu à examiner l’utérus, le périmètre ombilical, le toucher vaginal. Puis, j’ai écouté les battements du cœur et du fœtus. Cet examen indiquait un accouchement favorable. J’ai donc prescrit un kit d’accouchement gratuit. Un sérum glucosé lui a été administré par la suite », fait-elle valoir. Elle ajoute que tout se passait bien au point que la défunte s’est autorisée à lui faire des confidences.

Les confidences de la patiente

« Rassurée par la qualité de la prise en charge, la dame a commencé à me parler de sa vie. Dans les révélations qu’elle a eu à me faire, elle m’a dit qu’elle a eu des histoires (ltercations, ndlr) avec son mari avant de venir à l’hôpital et qu’en colère, elle avait marché sur une bonne distance avant que son mari la rattrape et la prenne dans sa voiture », révèle-t-elle, avant de souligner que des fards et des bleus sur le corps de la patiente confirmaient ses propos. Précisément au menton et au front. « A 1h 30, j’ai fait un second examen obstétrical, puis un 3ème à 2h30 qui a montré un col évolué. Quelques instants après ce test, elle s’est mise à vomir, et la vomissure était de couleur verdâtre. Elle m’a confié qu’elle avait pris des médicaments pour provoquer un accouchement rapide. Alors que je pensais que le malaise s’était calmé, 5 mn plus tard, elle s’est remise à vomir. Je lui ai donc donné dos pour demander à ma collègue qui était de l’autre côté de la baie vitrée de faire une ordonnance d’un produit tranquillisant. Quand je me suis retournée, j’ai constaté qu’elle n’était plus sur le lit mais à assise même le sol. Mais, je précise qu’elle était bien consciente. A preuve, quand j’ai fait rentrer son mari dans la salle, les deux ont échangé. Il lui a demandé ce qu’elle avait et elle lui a répondu qu’elle ne savait pas. C’est donc faux de dire que quand il est rentré, la patiente était morte. C’est faux et archi-faux », soutient Mme Aka-Ehui. La sage-femme incriminée souligne en outre, que face à la gravité du cas, elle apris la décision de l’évacuer au Chu de Treichville. Mais, que l’époux de la parturiente s’y était opposée. «On ne pouvait pas faire face à la crise parce que l’hôpital de Marcory n’a pas de gynécologue de garde. Le médecin est d’astreint. C’est quand il y a une urgence qu’on l’appelle. Il n’y a donc pas de gynécologue de garde dans notre service. En outre, nous avons des téléphones de dotation de service qui ne marchent pas. J’ai donc jugé opportun d’évacuer la patiente. Et quand j’ai réussi à convaincre le mari, il était 2h45. Mais, l’ambulancier n’était pas en place. Ses deux portables ne passaient pas. Arrivée au niveau de l’ambulance, la femme qui a été portée par son mari et ma collègue stagiaire, a fait sa 2ème crise », témoigne-t-elle.

Des interrogations sur le temps mis de Marcory au Chu de Treichville

Finalement, explique-t-elle, « la patiente est montée dans la voiture de son époux avec une tension artérielle de 9.6 et un bon battement de pouls de 72. Son mari avait souhaité que je les accompagne, mais je ne pouvais pas abandonner mon poste ». Un fait, sans le dire qui aurait manifestement pu lui éviter la prison aujourd’hui car la patiente n’aurait pas mis plus d’une heure pour être admise aux urgences du Chu de Treichville. En effet, si l’on en croit Mme Ehui, le couple a quitté son service à 2h45. Mais, c’est à 4h07 que la patiente a été enregistrée au bureau des entrées du Chu où elle a été référée. «La vérité est dans le registre de garde. Si l’on veut la vérité, il faut consulter ce registre. La patiente n’est pas morte à l’hôpital de Marcory ou à notre service (Maternité). Il faut savoir pourquoi, parti de Marcory à 2h45, c’est à 4h07, soit plus d’une heure après, que le monsieur est arrivé avec sa femme au Chu de Treichville », souhaite la mise en cause dont la date du procès avec sa collègue de garde la nuit des faits et l’ambulancier, reste toujours attendue des proches, et surtout de ses collègues venues leur témoigner leur solidarité. « Mme Ehui qui est une formatrice en soins obstétricaux et dont les patientes disent beaucoup de biens, ne mérite pas ce triste sort, ce mauvais et méchant coup du destin. Nous avons foi qu’elle s’en sortira », ont déclaré les visiteurs.

TRAORE Tié

L’INTER

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