09232018Headline:

Monde, France: Un migrant décrit sa misère pour arriver en Europe

 

Pour de nombreux migrants qui arrivent en Europe, il est difficile de parler du tribut payé pour le voyage. Mais Ibrahim Soumahoro est d’une franchise inhabituelle : les quatre années passées en France sont des « années perdues ».
« Je ne voudrais pas faire ce voyage à nouveau pour quoi que ce soit au monde, » raconte le jeune homme de 20 ans originaire de Côte-d’Ivoire, tout en luttant pour contrôler ses émotions. «Ce n’est pas digne d’un être humain, toute cette humiliation.»

Après un voyage qui l’a vu passer par l’enfer en Libye, perdant son meilleur ami en Méditerranée, Soumahoro se cherche à Briançon, une ville perchée dans les Alpes françaises.

Vêtu d’un jean et d’un sweat à capuchon, les cheveux en dreadlocks courts, Soumahoro ressemble à tout autre jeune homme, mais il a vu assez d’horreurs pour toute une vie.

« Je ne sais pas combien de fois j’ai flirté avec la mort. Franchement, j’ai perdu quatre ans de ma vie. »

Soumahoro est l’un des centaines de jeunes hommes ouest-africains qui ont fait le passage par les Alpes de l’Italie au cours de ces dernières années, en utilisant l’une des routes moins connues sur le sentier des migrants de l’Europe.

Né de parents pauvres dans un village éloigné en Côte – d’Ivoire, il a été élevé par un oncle dans la capitale économique Abidjan.

Mais l’oncle est mort dans les combats qui ont suivi l’élection de 2010.

Il a fini par traîner avec les gangs de rue dans la ville.

«J’ai eu un ami qui était comme un grand frère pour moi, et nous nous sommes dit que ce ne fut pas une vie, » il a raconté.

La paire fait ses bagages et part à l’aventure. Soumahoro est alors âgé de 15 ans.

Au début, ils se retrouvent au Burkina Faso voisin, mais ce pays plonge lui aussi très vite dans une crise politique, lorsque des manifestants anti-gouvernementaux forcent Blaise Compaoré a quitter le pouvoir en 2014.
Les deux jeunes hommes partent d’abord au Niger, un des pays les plus pauvres du monde, puis en Libye, où ils pensent trouver du travail dans la reconstruction d’après –guerre.
Ils n’avaient aucune idée des horreurs qui les y attendaient.

Ils se sont retrouvés dans la ville désertique de Sabha, où les migrants africains sont conservés dans des maisons d’esclaves comme travailleurs forcés – « une pour les Gambiens, une pour les Guinéens, une pour les Ivoiriens », comme le rappelle Soumahoro.

Les deux jeunes hommes se dirigent ensuite vers la capitale Tripoli, où ils pensent trouver des petits boulots.

À la fin de 2016, et Soumahoro Dosso embarquent pour l’Italie dans deux bateaux gonflables, avec 120 personnes.

Dosso meurt noyé après le chavirement de son embarcation.

En Italie, Soumahoro entend dire que les Africains de l’Ouest comme lui se dirigeaient vers la France par le passage dans les Alpes – périlleux certes, à 1,762 mètre d’altitude, mais sans contrôle frontalier. .
En janvier 2017, il entre en France après deux jours dans les montagnes.

Mais ses jours sont depuis faits de solitude avec plein d’incertitude.

« Je n’ai pas un endroit fixe où je peux rester, je vais de famille en famille, » dit-il.

« Vous vous demandez ce que vous faites ici, vous vous dites que vous êtes bon à rien. La vie d’un homme ne devrait pas être de rester en place et ne rien faire. Vous voulez vous sentir utile.», termine Soumahoro

SOURCE: connectionivoirienne

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