08202018Headline:

Seulement un jour après la tragédie, qui vu périr une veuve avec huit autres personnes dont ses six petits-enfants à Grand-Bassam, autre drame par le feu s’est produit dans la même concession.

Seulement un jour après la tragédie, qui vu périr une veuve avec huit ( 8) autres personnes dont ses six (6) petits-enfants, événement malheureux qui a secoué la ville de Grand-Bassam, et plongé dans l’émoi le pays, un autre drame, une fois encore par le feu, s’est produit dans la même concession.

Apprenant cette autre triste nouvelle, à ne vraiment rien y comprendre, nous retournons une fois encore, le mercredi 1er août 2018, sur le lieu du drame. Précisément à Mockeyville, au quartier Cofop II-Container Orange, dans cette cour tristement célèbre où, comme on l’a dit, la veuve Anomel Brigitte Mélèdje Essime a péri dans l’incendie de sa résidence. Avec elle, son fils, ses six petits-enfants et la nounou.

Une fois sur place, ce matin-là, le vaste domaine des Anomel est plongé dans un silence de cimetière. Et tout est verrouillé. L’un des impressionnants portails, endommagé par les secouristes volontaires, lors du grave incendie qui a soufflé le domicile de la veuve, est remis en état et fermé à double-tour. Les deux villas en location, à l’intérieur de la même concession, se sont vidées de leur monde. Mais comment comprendre cette situation de désertion?

Justement, si ce matin nous nous retrouvons ici, c’est que la veille, nous apprenions avec stupéfaction, qu’un incendie s’est également déclaré, au lendemain des faits dramatiques qui secouent encore la ville balnéaire, au domicile de l’un des locataires de la défunte veuve. Et de cet fait, tous les occupants qui, eux, ont eu la chance d’échapper aux flammes, ont préféré quitter dare-dare les lieux. Sans doute, pour éviter de subir l’horrible sort de la veuve et des siens. Cette cour est-elle désormais maudite ? S’interrogent certains.

De fait, sur place, effectivement, les personnes rencontrées, sans se montrer vraiment bavardes, nous expliquent que le jeudi 26 juillet 2018, c’est aux environs de 17h que cet autre incendie se déclare dans le domicile en question, voisin de celui de la veuve tragiquement disparue. Et c’est la fille de ménage qui aperçoit cela. Un menuisier ayant effectué des travaux dans cette villa-là, pénètre aussitôt dans la chambre principale.

Effectivement, au fond de la pièce, à l’angle gauche, comme si on y avait mis un liquide inflammable au mur, avant de balancer une bûchette, nous dit-on, des flammes. Le menuisier qui se démène, parvient, avec des seaux d’eau, à circonscrire les flammes.

Mais curieusement, alors qu’il tente de sortir de la chambre conjugale, il aperçoit d’autres flammes. Précisément, au niveau du placard, à l’autre angle de la pièce. Cette fois, pris de trouille, face à une situation à laquelle il ne comprend plus rien, le menuisier détale et s’éjecte de la chambre.

De par des cris de détresse, on fait appel à du secours. Des voisins et autres riverains se montrent solidaires. Et les efforts conjugués, de toutes ces bonnes volontés, permettent de venir à bout de l’incendie. Les secouristes de circonstance arrachent, comme ils l’ont fait chez la défunte veuve, des lames de tôles, afin de circonscrire totalement l’incendie, qualifié de « bizarre ».

Après avoir totalement éteint le feu, plus personne ne veut rester, ne serait-ce même qu’un seul jour, dans ce domaine. Les occupants des villas mises en location, par la veuve, choisissent de se barrer de là. Laissant la vaste concession dans un silence de cimetière.

Mais ont-ils vraiment tort de plier bagages et de se tirer de là ? Franchement non, entendons-nous sur place. Car, expliquent des riverains, comment comprendre qu’un incendie, aux origines encore floues, emporte leur logeuse et tous les membres de sa famille, et que juste au lendemain de ce drame, un autre incendie se déclenche chez un des locataires ? En tout cas, les habitants de cette villa n’attendent pas que pire arrive. Ils déménagent immédiatement. Ils sont imités en cela par la famille occupant l’autre résidence, épargnée par les flammes. Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on.

Et c’est presque dans la débandade, avec leurs affaires, qui s’éparpillaient, par-ci, par-là. En ce moment-même, apprend-on, ils sont à la recherche de maisons à louer. Ils préfèrent cette galère que de périr aussi par les flammes, selon les explications reçues.

Peu après, nous retournons au domaine de la défunte propriétaire des lieux, complètement déserte. Devant, des gerbes de fleurs déposées et des bougies allumées. Au moins 33. Et pour certaines, placées en croix. On apprendra que c’est l’œuvre de personnes qui viennent prier là, pour le repos de l’âme des victimes de l’horreur, de cette nuit terrible, du mardi 24 au mercredi 25 juillet 2018.

Du reste, en notre présence, arrivent deux fillettes, dont une métisse, qui font le signe de la croix et s’inclinent devant le portail. L’une de ces mômes, qui ne totalisent même pas encore la dizaine d’années, semble connaître mémé Anomel, comme elle appelle la défunte. « La dernière fois, j’étais là, à côté du mur avec mes amies et elle nous a demandé de quitter là. Pour éviter de prendre sur la tête, des noix de coco, qui tombent à tout moment, » souligne la petite.

Puis, ce petit être, haut comme trois pommes, de nous demander qui nous sommes et ce que nous faisons là. Nous éprouvons une grande gêne à répondre aux questions de cette petite fille, très alerte et au regard vif. Pendant ce temps, d’autres passants se lamentaient encore sur le sort de la famille « balayée » par les terribles flammes.

En face de la cour, nous demandons à voir Mme Kouamé, une des amies de feue Anomel. Celle qui partageait son quotidien. Nous la trouvons encore sous le choc. Après les civilités, devant la cour sinistrée, elle appelle « Allemagne ». C’est le chien de feue veuve Anomel qui, après le décès tragique de sa maîtresse, n’a plus accès à l’intérieur de la cour, dont le portail reste hermétiquement fermé.

C’est désormais au pied de l’imposante clôture de la résidence, qu’il passe son temps de repos, de tristesse et fait le deuil de sa patronne. Le clébard qui répond aussitôt à l’appel de dame Kouamé, qu’il connaît également très bien, se fait servir du poisson à l’attiéké, par le petit-fils de cette dernière. Tout ça est émouvant.

Nous demandons à dame Kouamé si elle sait que les locataires des résidences contenues dans le domaine de son ex-amie, sont tous partis de la cour. La pauvre n’en sait apparemment rien. « Je sais qu’un incendie s’est déclaré dans l ‘une des villas, sans plus. Franchement, je ne supporte pas tout cela. C’est tellement fort. Je supporte difficilement ce drame. Alors, je tente de faire un vide dans ma tête», soutient elle.

Une autre de nos préoccupations va, cette fois, mettre notre interlocutrice hors d’elle. En fait, au cours de nos investigations, nous apprenons que durant deux jours, soit les lundi 23 et mardi 24 juillet 2018, des gens seraient venus à la résidence de veuve Anomel pour la menacer. A savoir qu’elle devrait quitter cette concession qui ne serait pas sa propriété privée. Mais plutôt, un héritage laissé à toute la famille, par son défunt époux.

Elle nous arrête net : « J’évite d’écouter ce genre de commérages. Pourquoi vouloir la salir, salir sa mémoire ? Des gens qui ne savent rien d’elle, racontent n’importe quoi sur elle. Une femme qui était pourtant sociable », peste-t-elle.

Avant de conclure : «C’est vrai qu’on ne s’étaient pas pas vues ces deux jours-là dont vous parlez, mais la dernière nuit, où il y a eu le drame, on s’est appelées trois fois au téléphone, jusqu’aux environs de 21h. Elle m’aurait soufflée mot, si il y avait eu une telle situation. »

En tout cas, à en croire ces sources-là, l’incendie qui a emporté veuve Anomel et les siens ne serait pas ordinaire. Surtout avec cet autre feu qui s’est déclaré chez son locataire et qui a fait fuir tous les habitants de la cour. En attendant que l’enquête policière situe sur les origines exactes de ces incendies, ces sources-là pensent qu’il y a du mysticisme en dessous.

Pour rappel, c’est dans la nuit du 24 au 25 juillet 2018, qu’un cruel incendie s’est emparé de la résidence de dame Anomel Brigitte, morte par asphyxie avec son fils et ses six petits-enfants. Dont trois sont de l’une de ses filles, mariée à un commissaire de police-stagiaire. Deux autres sont de une autre de ses filles et le dernier, de sa dernière fille. La nounou des enfants a également péri, calcinée.

Avec AIP

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