11162018Headline:

Yopougon: Une vue de l’immeuble effondré lors de notre passage sur le site; Les dessous de cette affaire.

Un tas de gravats, des morceaux de planches, du fer à béton. C’est ce qui restait de l’immeuble R+4 en construction à Yopougon-Maroc Saint-Pierre. Mardi 23 octobre 2018, le bâtiment s’était effondré sur des studios. Fort heureusement aucune perte en vie humaine n’est à déplorer. Hier mercredi 24 octobre, le ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme a fait démolir la seconde partie de ce gros oeuvre, la plus imposante, qui s’était inclinée et constituait une menace pour les autres habitations situées juste en bas. Notamment celle du propriétaire lui-même, qui a refusé de se prêter à nos questions. Une faille au niveau de la fondation est à la base de ce gâchis. Tout est parti d’un des poteaux qui constituaient le support du bâtiment. « On a appris qu’à côté d’une fosse sceptique se trouvait un des poteaux de la maison. Les eaux usées ont creusé, le poteau à cédé et le bâtiment s’est effondré », a expliqué Aka David Niangbo, chef d’antenne du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme de Yopougon ouest. Il a profité de cette opportunité pour expliquer la mission de son département ministériel dans l’encadrement des travaux de construction. Selon lui, cette implication se limita à la délivrance des documents administratifs, les arrêtés de concession définitive (Acd) et les permis de construire. Mais aussi le suivi des consignes contenues dans le dernier document. M. Aka Niangbo a précisé que le maître d’ouvrage ou le promoteur est responsable du suivi des travaux de construction d’une maison. Malheureusement, a-t-il déploré, « certains maîtres d’ouvrages ou des promoteurs préfèrent confier leurs travaux à des gens qui ne sont pas des travailleurs qualifiés, au lieu de solliciter des spécialistes». De même, ils ne s’impliquent pas dans le suivi des différentes étapes des travaux, et « c’est déplorable », et très souvent qu’on se retrouve avec des failles, des malfaçons qui conduisent à ces situations chaotiques. Par ailleurs, le ministère a ajouté que la fondation de toute maison doit se faire en fonction de la qualité du sol et même du bâtiment, et s’assurer de la qualité des matériaux. Il a déclaré que le bâtiment a été construit depuis 2016, alors qu’il était encore en fonction à l’antenne d’Abobo. Dès sa prise de fonction à Yopougon , aucune inspection n’a été faite sur le chantier parce que les travaux étaient arrêtés. M. Daly Patrice, propriétaire des studios impactés par l’effondrement de cet immeuble, dira le contraire. Selon M. Daly Patrice, « les travaux du bâtiment ont débuté en début d’année 2018. C’est en mars que mes locataires m’ont informé que les manœuvres du bâtiment en construction étaient en train d’abîmer la toiture de mes studios, parce qu’ils montaient là-dessus pour élever les murs ». Il a souligné que les travaux du bâtiment avaient commencé à impacter les habitations environnantes. « Les carreaux et les murs de mes studios avaient commencé à se fissurer », a dénoncé M. Daly. « Après plusieurs mois interpellation, il s’était résolu à faire les réparations, aux termes de notre dernière réunion qui remonte au lundi 15 octobre 2018 », a-t-il rappelé. Malheureusement les choses ne se passeront pas comme prévu. « Moi je n’étais pas à la maison. Mais les autres ont eu la vie sauve grâce à l’alerte donnée par l’épouse du propriétaire de l’immeuble. Mais leur habitation n’a pas été touchée », a témoigné Mlle Y. Emma, locataire d’un des studios impactés.

Marcelle AKA

 

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