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Côte d’Ivoire: le gouvernement met en garde les manifestants

« Les instigateurs de ces troubles et leurs auteurs répondront de leurs actes devant la justice ». Dans le communiqué de presse rendu public ce vendredi, au lendemain de manifestations contre une candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat qui ont pour certaines dégénéré en affrontements violents dans plusieurs villes du pays, le général Diomandé Vagondo, ministre de la Sécurité et de la protection civile, a mis en garde les organisateurs et les personnes qui ont participé à ces rassemblements interdits par les autorités.

Le gouvernement « s’engage à agir, avec la plus grande fermeté, et à ne tolérer aucune entrave à la quiétude des Ivoiriens » et déplore une « dynamique de défiance de l’autorité de l’État », affirme le communiqué. Accusant, sans les nommer, « certaines formations politiques de l’opposition » d’avoir appelé à protester « au mépris des procédures administratives », le général Diomandé Vagondo a également insisté sur « le caractère illicite et violent de ces manifestations ».

Des policiers interpellent un manifestant lors des rassemblements contre une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, à Abidjan le 13 août 2020.
Si le calme était revenu sur la quasi totalité du territoire, ce vendredi matin – le quartier de Yopougon, à Abidjan, était encore le théâtre de tensions dans la matinée – , la journée de jeudi a été marquée par de violents affrontements qui ont fait trois morts, selon les autorités ivoiriennes. Celles-ci ont par ailleurs annoncé que 59 personnes avaient été interpellées, dont 45 dans la seule ville d’Abidjan.

Les rassemblements sporadiques, lors desquels des manifestants ont érigé des barricades et brûlé des pneus, ont été systématiquement dispersés par les forces de l’ordre. Dans la commune de Yopougon, des confrontations entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation dans la zone du palais de justice.

À Port-Bouët, des dizaines de personnes ont bloqué la voie principale, tandis qu’à Cocody, un groupe de femmes du mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Soro a été interpellé.

Les événements de jeudi ont été particulièrement violents à Bonoua, la ville de Simone Gbagbo, où deux personnes ont été tuées.

Jeudi, la direction du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) a de son côté tenu une conférence de presse pour annoncer la date de l’investiture de son candidat, fixée au samedi 22 août et qui se déroulera au stade Félix-Houphouët-Boigny, à Abidjan. C’est déjà là qu’Alassane Ouattara avait été investi par son parti en 2015, lorsqu’il briguait son second mandat, qui s’achève cette année.

Interrogé sur les manifestations et les violences, Adama Bictogo, secrétaire exécutif du RHDP, a pris à partie Henri Konan Bédié, candidat déclaré du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Il est en particulier revenu sur les incidents qui ont éclaté mercredi à Daoukro, où les sièges du RHDP et du PDCI ont été saccagés par des manifestants et où les affrontements entre partisans et opposants à une nouvelle candidature de Ouattara ont fait au moins trois morts.

Le patron du parti présidentiel a estimé que Bédié « doit être conséquent avec lui-même et considérer que sa responsabilité peut être aussi engagée car c’est chez lui, à Daoukro, que ces événements ont eu lieu, au lieu de nous faire croire par un communiqué que les forces de l’ordre n’ont pas encadré les militants de bonne foi. »

La veille, le « Sphinx de Daoukro » – le surnom d’Henri Konan Bédié – avait quant à lui dénoncé « des agressions organisées par des hordes instrumentalisées, venues d’ailleurs », à l’encontre de « braves militants pacifistes de Ferkessédougou, de Daoukro, de Daloa, d’Oumé et d’autres villes de la Côte d’Ivoire, agissant pour la noble cause de préservation de l’inviolabilité de notre loi fondamentale ».

Déplorant par ailleurs « des arrestations arbitraires » Henri Konan Bédié a également « invité ardemment le président de la République, garant des libertés publiques et les autorités militaires ivoiriennes, à faire cesser ces agressions et à assurer la protection des biens et des personnes désireuses d’exprimer librement leur opinion ».

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