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Présidentielle 2022 : Les Français « ne croient plus au loup-garou », estime Marine Le Pen

« Les Français ne sont pas des enfants, ils ne croient plus au loup-garou. Il faut que le gouvernement arrête de les traiter comme des enfants (…) et les considère comme des adultes », a affirmé mercredi sur Europe 1 la candidate du RN, qui progresse dans les sondages. Marine Le Pen s’est par ailleurs dite « lassée de répondre à cette absence d’argumentation » sur son projet, « à ces anathèmes, à ces injures, et les Français sont lassés de les entendre ».

En campagne dans le Finistère, le président candidat avait appelé mardi les Français à être « indéfectiblement européens », en dénonçant « les projets néfastes et mortifères » des candidats à l’Elysée qui veulent « tourner le dos à l’Europe ». Si Marine Le Pen ne veut plus sortir de l’Union européenne, ni de l’euro, elle veut la primauté du droit français sur le droit européen, ce qui équivaut pour certains juristes à un « Frexit » de fait.

Le chef de l’Etat avait également moqué la volonté de Mme Le Pen de remettre en cause la libre circulation dans l’Union européenne et dénoncé son idée de réinstaurer des contrôles aux frontières sur les produits. « Les mêmes qui vous disent “avec moi, vous serez mieux protégés” » vont entraîner « la plus grande mesure d’augmentation des prix sur tous les produits importés », avait mis en garde M. Macron.

Emmanuel Macron avait enfin relevé la proximité de Marine Le Pen avec Vladimir Poutine. Se défendant de toute « complaisance » avec le président russe, il a lancé à la presse : « Ce n’est pas chez moi qu’il faut chercher de la complaisance avec M. Poutine, ce n’est pas chez moi qu’il faut chercher des financements du côté de la Russie. C’est chez d’autres candidats. » Une allusion au fait que la dirigeante d’extrême droite a été reçue par le chef du Kremlin en 2017, tandis que son parti continue de rembourser un prêt d’environ 9 millions d’euros à un créancier russe, contracté en 2014.

Un argument repris par Gabriel Attal dans une interview accordée à L’Obs et publiée mercredi. « Alors que la guerre est à nos portes et qu’on découvre des charniers sur le sol européen, je crois que les Français ne voudront pas confier le pays, sa place dans le monde, sa diplomatie et son armée, à un candidat ou une candidate pro-Poutine et opposé à l’Union européenne », dit le porte-parole du gouvernement et proche d’Emmanuel Macron. « Elle n’a pas changé depuis 2014, où elle affirmait que l’annexion de la Crimée n’était pas illégale. Elle suivra Poutine jusqu’au bout », insiste encore M. Attal.

En cas de duel Macron-Le Pen, l’écart se réduit dans notre neuvième vague de l’enquête réalisée par Ipsos-Sopra Steria avec le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès pour Le Monde. La candidate du Rassemblement national recueille 46 % des intentions de vote (marge d’erreur de plus ou moins 1,2 point). Soit une progression de trois points par rapport à la fin de mars. Elle bénéficierait d’une réserve de voix dans l’électorat d’Eric Zemmour, qui se reporterait massivement sur elle. Elle aurait aussi des reports estimés à 21 % chez les électeurs de M. Mélenchon, et à 25 % chez ceux de Valérie Pécresse, la candidate du parti Les Républicains (LR).

Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain et si vous aviez le choix entre les candidats suivants, quel est celui pour lequel il y aurait le plus de chances que vous votiez au premier tour ? En % des personnes interrogées certaines d’aller voter et ayant exprimé une intention de vote, soit 8 341 personnes

Sondage Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et le Cevipof, réalisé par Internet du 2 au 4 avril 2022 sur un échantillon de 12 600 personnes représentatif (méthode des quotas) de la population française, inscrites sur les listes électorales et âgées de 18 ans et plus.

Seules les marges d’erreur des candidats dont les intentions de vote sont supérieures à 3 % sont visuellement représentées.

Fortement affaiblie à l’automne 2021 à cause du surgissement de M. Zemmour, qui lui a pris une partie de son électorat, Marine Le Pen en a profité pour donner une autre identité à sa campagne. Elle l’a axée sur les thématiques économiques et sociales, reléguant l’immigration, l’islam et l’insécurité au second plan.

En vue de la présidentielle, la candidate a lissé son image et édulcoré certaines propositions, sans changer de projet sur l’immigration, prévoyant pour ce faire d’inscrire « la priorité nationale » dans la Constitution ainsi que la primauté du droit français sur le droit international.

Aux accusations de projet « totalitaire », elle a répondu que le mandat d’Emmanuel Macron avait « été un mandat autoritaire, où se sont succédé les violences, la répression à l’égard des manifestations. Lorsqu’il n’était pas confronté à des crises, il les a créées lui-même, ça a été le cas des “gilets jaunes” ». Et elle en a profité pour déplorer mercredi qu’« il n’y ait jamais eu de bras de fer avec l’Union européenne » pour « défendre les intérêts de la France ».

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