07012022Headline:

Rwanda-UK: et si c’était un piège ?

Kigali a bien posé quelques conditions à cet accord (déjà controversé), conclu avec Londres pour « éloigner » les candidats à l’installation dans le royaume. Mais il en faudra davantage pour réparer ce qui aura été abîmé, surtout à l’image d’un dirigeant qui était en passe de devenir l’idole d’une certaine jeunesse africaine

Le Royaume-Uni va « relocaliser » au Rwanda les migrants et les demandeurs d’asile entrés irrégulièrement sur son territoire, en attendant de statuer sur leur sort. Ils pourront, ensuite, soit s’établir dans le pays, soit rentrer chez eux ou, qui sait, être admis en Grande-Bretagne. Comment expliquer la vivacité des réactions que suscite cet accord, qui n’est pourtant pas le premier ?

Ce n’est, certes, pas la première fois que des États africains se voient proposer une telle offre, que la plupart finissent par décliner, en raison du coût politique dans l’opinion. Mais la manière totalement décomplexée avec laquelle Paul Kagame assume une transaction aussi préoccupante interpelle les consciences, d’autant plus que l’Afrique semblait le créditer d’un leadership visionnaire, en décalage avec l’acte que pose son pays.

C’est donc à dessein que, dans leurs réactions, les ONG ont autant insisté sur le fait qu’en dépit des prouesses économiques du Rwanda, Paul Kagame est loin d’être un démocrate. Ce qui renforce les inquiétudes quant à ce qu’il pourrait advenir de ces personnes qui plaçaient leurs espérances dans le Royaume Uni, et vont peut-être devoir s’inquiéter pour leurs libertés, au Rwanda. D’aucuns ont même rappelé que ce régime était soupçonné d’enlever (ou de liquider) ses opposants à l’étranger.

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