La police dégage une rue lors de la troisième nuit de manifestations déclenchées par la mort de Nahel, 17 ans en France.

La mort du jeune Nahel a des conséquences jusqu’en Belgique. Vendredi, samedi, des communes proches de la frontière française ont décidé d’interdire temporairement la vente de feux d’artifices pour éviter que des jeunes impliqués dans les émeutes ne viennent s’y fournir en matériel pyrotechnique, ensuite détourné et utilisé contre les forces de l’ordre.

Avec notre correspondante à BruxellesLaure Broulard

À Tournai, ville belge à une trentaine de kilomètres de Lille, les magasins de feux d’artifices ont vu leur chiffre d’affaires exploser ces derniers jours : « On se doute que ce n’est pas pour préparer le 14 juillet » estime le bourgmestre de la ville, Paul Olivier Delannois, qui craint que ces articles ne soient utilisés dans les manifestations violentes en France.

Il a donc pris un arrêté interdisant la vente de matériel pyrotechnique aux particuliers dans toute la commune, du 1er au 3 juillet. Une décision similaire a été prise à Mouscron, ville voisine de Tourcoing. Il s’agit de s’aligner avec la préfecture du Nord, de l’autre côté de la frontière, qui a interdit la détention et l’utilisation de tous les artifices de divertissements dès le 29 juin.

Il faut dire qu’en Belgique, les réactions à la mort du jeune Nahel sont suivies de près, car le drame a fait des remous jusqu’à Bruxelles. Jeudi et vendredi soir, la police est intervenue pour disperser plusieurs rassemblements de protestation dans la capitale belge, et a procédé à une centaine d’arrestations administratives.