05282022Headline:

Bosnie : un ex-général musulman condamné à 8 ans de prison pour des crimes de djihadistes

Un général à la retraite des forces musulmanes de Bosnie a été condamné jeudi 28 avril à huit ans de prison ferme pour des crimes de guerre commis par des djihadistes étrangers pendant le conflit des années 1990.
Sakib Mahmuljin, 69 ans, a été poursuivi dans ce dossier en tant que responsable hiérarchique pour notamment des exécutions de plus de 50 prisonniers de guerre serbes dans la région de Vozuca et Zavidovici, dans le nord-est du pays. En première instance, l’ancien officier avait été condamné en janvier 2021 à 10 ans de prison. Il ne peut plus faire appel. Mahmuljin était à l’époque le commandant du 3e corps de l’armée gouvernementale bosnienne, composée essentiellement de Bosniaques (musulmans).

L’unité «El Moudjahid», responsable de ces crimes et rattachée à son corps, était constituée de centaines de djihadistes, essentiellement étrangers, venus de pays africains, du Proche-Orient, voire de certains pays occidentaux pour rejoindre les forces des musulmans de Bosnie.

Sakib Mahmuljin a été reconnu coupable par une cour d’appel de Sarajevo de «crimes de guerre contre des personnes blessées et malades» et «contre des prisonniers de guerre», notamment pour des «meurtres» et un «traitement inhumain», a annoncé ce tribunal. En sa qualité de commandant, il a «échoué à empêcher» que ces crimes soient commis, et il a aussi «su ou avait toute les raisons de savoir» que des membres de cette unité se préparaient à commettre des crimes. C’est l’une des rares condamnations d’anciens hauts responsables des forces bosniaques pour des crimes commis par des djihadistes étrangers pendant le conflit intercommunautaire bosnien qui avait fait près de 100.000 morts entre 1992 et 1995.

Ces exactions se sont déroulées, selon le Parquet, entre juillet et octobre 1995, dans la foulée de deux offensives des forces bosniaques, notamment après l’arrestation le 11 septembre 1995 de 63 soldats des forces serbes bosniennes et de trois civils. L’unité «El Moudjahid» avait acquis une sinistre réputation en raison des crimes commis contre des prisonniers de guerre serbes ou croates de Bosnie. La plupart de ces combattants islamistes ont quitté le pays après la guerre, sous la pression des États-Unis qui avaient accueilli fin 1995 les négociations sur l’accord de paix de Dayton.

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