08072020Headline:

Liberté de la presse : Adou Richard Au banc des accuses, il lui est reproché de catégoriser les médias

Dans un texte dénommé « lettre syndicale » et publié ce mardi 31 mars 2020, l’Intersyndicale du secteur des médias en Côte d’Ivoire (ISMCI) s’en prend violement au procureur de la République Adou Richard, qu’il accuse de vouloir catégoriser les médias en Côte d’Ivoire, tout en agissant dans un objectif sous-entendu d’opposer les acteurs des médias les uns aux autres. Très amère contre ce dernier, l’organisation qui regroupe 11 syndicats dit se réserver le Droit de saisir les institutions diplomatiques, les organisations mondiales de défense de la liberté de la presse pour que cesse cet harcèlement contre les journalistes ivoiriens.

L’accès à l’Information pour la sensibilisation des populations reste le seul moyen le plus sûr pour lutter efficacement contre les pandémies qui sévissent dans le monde, à l’image de la pandémie à coronavirus qui sévit actuellement sur la planète terre. Malheureusement, mille fois malheureusement, force est de constater qu’en Côte d’Ivoire, le Procureur de la République a choisi ces temps de doute, avec le coronavirus qui sévit dans notre pays et ayant déjà fait un mort et plusieurs dizaines de cas confirmés ; pour détourner les Ivoiriens du centre d’intérêt qu’est cette pandémie pour se donner à son jeu favori qu’est la chasse à la plume.

Nous voudrons à toutes fins utiles, rappeler à ‘’l’objecteur de la conscience des Journalistes’’ que se force de représenter le Procureur Adou Richard, que les Journalistes ivoiriens de toutes lignes éditoriales confondues, que ce soit ceux du secteur public comme ceux du privé, jouent assez bien leur part dans la sensibilisation et l’information des populations face à la pandémie à coronavirus, sans aucun appui financier additionnel de l’Etat de Côte d’Ivoire. Tous les organes de presse en Côte d’Ivoire ayant librement choisi de mettre en veilleuse toute actualité pour consacrer la majorité de leurs UNES à la sensibilisation sur le coronavirus.

Aussi prennent-ils, chaque jour que Dieu fait, d’énormes risques avérés sans grand moyens de protection contre le Covid-19, pour couvrir les évènements des ministères en charge de la lutte contre la pandémie et aller au contact des populations pour un meilleur relai des mesures prises par le gouvernement dont le Procureur de la République représente en principe les intérêts.

Malheureusement malgré tous ces efforts faits, le Procureur de la République a décidé de catégoriser les médias en Côte d’Ivoire, tout en agissant dans un objectif sous-entendu d’opposer les acteurs des médias les uns aux autres et aussi bien les journalistes aux hommes politiques ainsi qu’à la population civile. La preuve que votre dessein inavoué de catégoriser les journalistes ivoiriens et les opposer les uns aux autres, ne réussira point du tout, réside dans le fait que face à vous ce matin.

C’est Jean Claude Coulibaly, président de l’UNJCI ainsi que Sam Wakouboué, signataire de cette lettre, porte-parole adjoint de l’ISMCI, journalistes dont les lignes éditoriales sont proches du pouvoir actuel, en compagnie des journalistes de toute obédience éditoriale, qui viendront défendre becs et ongles la libération de nos camarades Paul Koffi de le Nouveau Réveil et Coulibaly Vamara de Soir Info.

Actrice bien avisée de la défense de l’exercice du métier de journalisme en Côte d’Ivoire qu’est l’Intersyndicale du Secteur des Médias (ISMCI) regroupant les 11 syndicats du milieu, nous nous étonnons du fait que le Procureur de la République ivoirienne n’est point aussi alerte que quand il s’agit de s’opposer aux Journalistes. Car nous avons encore en souvenance fraiche ces quelques cas de graves menaces sur l’autorité de l’Etat dans ce pays sans que le Procureur ne daigne lever le petit doigt :

1- En début de ce mois de mars, un homme politique, en la personne du secrétaire exécutif du PDCI-RDA, Maurice Kacou Guikahué, sans apporter la moindre preuve palpable à ses dires, a, ici et devant tous, appelé les populations ivoiriennes à se mobiliser contre le processus électoral en cours dans ce pays, soutenant que la Banque mondiale aurait offert la somme de 30 milliards de FCfa pour que le pouvoir d’Abidjan délivre gratuitement les Cni aux acquéreurs. Malgré le démenti de la Banque mondiale, l’homme politique n’a jamais été entendu par les services du Procureur. Au contraire, il était question de lui offrir gracieusement un large espace télévisuel dans un face à face finalement foiré avec le Directeur exécutif du parti au Pouvoir pour qu’il argumente au mieux et à son aise ses propos.

2- Tout récemment, c’est encore un secrétaire d’Etat, en charge des Affaires maritimes, monsieur Philippe Legré qui a alerté l’opinion publique sur la présence d’un contingent de 18 ressortissants italiens potentiels malades du Covid-19 qui seraient en passe de distribuer la maladie dans la région du Gbôklè. Finalement ce fut le plus retentissant facknews de la pandémie à coronavirus en Côte d’Ivoire. Encore là, point de réaction des services du Procureur.

3- Dans le même temps, c’est la chaine française France24 qui bien ayant en terre ivoirienne un correspondant permanent, n’a pas pris le soin de vérifier l’information sur la mort d’un premier cas de Covid-19 pour la diffuser dans son journal Afrique. Encore là un simple rappel à l’ordre n’est pas venu des services du Procureur.

Nous arrêtant à ces cas non exhaustifs, l’Intersyndicale du secteur des médias en Côte d’Ivoire (ISMCI) voudrait ici prendre l’opinion nationale et internationale ainsi que la Fédération internationale des Journalistes (FIJ), avec à sa tête son secrétaire général, le camarade Anthony Bellanger qu’en Côte d’Ivoire la liberté d’expression et avec elle, les acteurs des médias sont en train d’être bâillonnés. C’est un recul que nous saurons admettre sans réagir.

De ce qui précède, les syndicats ivoiriens engagés dans la défense des acteurs des médias en Côte d’Ivoire et du métier de journalisme, se réservent le Droit de saisir les institutions diplomatiques, les organisations mondiales de défense de la liberté de la presse pour que cesse dans notre pays cet harcèlement du Procureur de la République contre les Journalistes ivoiriens.

Nous demandons la pure liberté de nos camarades convoqués ce mardi 31 mars 2020 devant la brigade de recherches sur instruction une fois de plus du Procureur de la République. Et que cessent les lourdes amendes infligées aux entreprises de presse ivoiriennes, ployant déjà sous le poids des charges insupportables. Car si cette pratique ne cesse, elle nous conduira résolument vers la fermeture de nombreuses entreprises de presse. Si ce n’est l’objectif recherché par le Procureur de la République.
Pour l’Intersyndicale du secteur des médias
Le porte-parole adjoint

.afriksoir.net

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