05292020Headline:

La collection «Continents Noirs» fête ses 20 ans

Avec 113 livres publiés depuis janvier 2000, à raison de six nouveautés par an et une cinquantaine d’auteurs représentés, « Continents Noirs » fête ses vingt ans cette année. La prestigieuse maison d’édition Gallimard a fait le choix de créer cette collection dédiée aux littératures d’Afrique et de la diaspora.

Son plus gros succès à ce jour : Notre Dame du Nil, de la Rwandaise Scholastique Mukasonga, couronnée du Renaudot, entre autres prix, en 2012. Voilà vingt ans que la collection « Continents Noirs » de Gallimard est née, à une époque où peu de grands éditeurs s’intéressaient aux écrivains d’Afrique et de la diaspora.

Son patron, Jean-Noël Schifano, se souvient. « Amos Tutuola, grand écrivain anglophone, lorsqu’il est mort un an et demi avant la sortie des premiers livres de la collection, il n’y a pas eu une ligne, pas une émission, rien, pour [évoquer] sa mort. Vous voyez dans quel état on était ? “Continents Noirs” a été un propulseur de publication d’écrivains de l’Afrique et de la diaspora. Tous les grands éditeurs se sont précipités ensuite sur ces littératures qu’ils négligeaient. »

Des auteurs comme les autres

De fait, nombre de maisons d’édition publient désormais les auteurs d’Afrique comme les autres, et certains des auteurs de « Continents Noirs » ont même préféré depuis quitter la collection, de peur d’être catalogués. Ce n’est pas le cas du Camerounais Eugène Ébodé. Sous cette couverture longtemps caractérisée par une poignée de latérite jetée sur un fond crème, il a fait paraître sept romans, dont un, La Transmission, ressort en Folio.

« Certains, au commencement de la collection, avançaient le “mode ghetto”. C’est un vieux débat. Il y a des gens qui peuvent estimer que c’est une collection colorisée ou essentialiste , explique Eugène Ebodé. Puis d’ajouter : Ce n’est pas ce que je pense et je redoute parfois que l’on veuille tout assimiler. Si les lecteurs nous suivent, c’est précisément parce que nous essayons de perpétuer cet appétit qu’ils ont de l’ailleurs, de la diversité du monde. »

Retour aux racines

Le Togolais Sami Tchak, lui, revient ce mois-ci sous la bannière « Continents Noirs », après un détour par Le Mercure de France et Lattès. Il publie Les Fables du Moineau. Et d’après Jean-Noël Schifano, qui reçoit chaque année quelque 200 ouvrages pour en publier six, c’est l’illustration d’une nouvelle tendance « afro-ascendante » chez les auteurs. « Les auteurs, de plus en plus, trouvent leur inspiration dans leur enfance, dans ce que leurs parents ont vécu “au pays”. Au Togo pour Sami Tchak, c’est le deuxième ou troisième livre qu’il donne avec des dialogues entre son père, la nature, et là avec un moineau. Et ça, c’est très beau », analyse-t-il.

En ce premier trimestre 2020 paraîtront aussi deux premiers romans, chez « Continents Noirs ». Car cela reste une des missions de la collection, vingt ans après sa création : comme par le passé avec Nathacha Appanah, ou Théo Ananissoh, il s’agit aussi de révéler de nouvelles plumes.

Rfi

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