02182018Headline:

Côte d’Ivoire : Les proxénètes investissent les salons

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Toutes les occasions sembleraient être bonnes pour le commerce du sexe en Côte d’Ivoire, premier secteur de dépense masculine du pays qui au regard d’un nouveau constat ne connait pas la crise.

 

Parti sur les lieux d’un salon qui se tient actuellement à Abidjan, pensant y découvrir des choses intéressantes liés au thème de ce dernier, nous constaterons une fois de plus qu’hormis l’occasion de rencontres peu d’autres aspects retiendront notre attention.

 

En effet, si on y vient et on s’active avant tout pour “brancher” en vue d’un rencard, aujourd’hui on s’organise pour rendre la dynamique plus efficace. Après renseignements pris avec des hôtesses surprises entrain de discrètement transmettre leur numéro à des hommes plutôt bedonnants mais costumés, nous approcherons certaines d’entre elles pour en savoir plus. “Ils s’en fichent de ce qu’il y sur le salon ils viennent juste pour draguer faut dire que moi par exemple je connais pas grand chose du stand de l’entreprise que je représente, on m’a demandé de servir de l’alcool et d’être sexy” nous livre S.C une jeune ivoirienne habillée d’un ensemble pagne laissant bien entrevoir ses formes.

 

La tendance sera généralement la même auprès des autres filles recrutées spécialement pour l’événement. L’une d’entre elle nous interpellera sur le fait qu’elles sont les plus nombreuses du salon en nous indiquant que des soirées sont mêmes organisées spécialement pour cette finalité, satisfaire les potentiels “clients” tout en précisant que s’il n’y avait pas de filles sur le salon, personne n’y viendrait. En effet, l’occasion nous sera donnée de constater que la grande majorité du public est masculin.

 

Mais le plus surprenant sera notre rencontre, rendue possible par l’intermédiaire d’une hôtesse d’une entreprise de travaux publics, avec deux “proxénètes” ayant investit les lieux. “Andy” nous confiera que son rôle est de repérer les hommes potentiellement “riches” pour leur proposer les services d’hôtesses avec qui ce dernier est en relation directe. “Ils viennent pour ça, hier j’ai branché plus de dix filles y’en a même une qui en a eu trois pour la même journée” explique Andy qui au passage récupère une commission laissée par les clients. “Avant on bossait beaucoup sur les élections de miss, ça rapportait grave, mais là on est obliger de s’adapter, on vient ici parce qu’on sait que les hommes ne viennent que pour ça et se produire et ça marche” poursuit le jeune homme qui précisera la complicité des organisateurs. “Ils le savent, s’il n’y a pas de filles y’aura personne à leur salon, les gens s’en fiche de ce qu’y s’y passe, on vient pour se faire voir et brancher si possible pour ensuite passer un bon moment dans un hôtel de la place” conclu Andy occupé à répondre aux coups de fils incessants de “clients” rencontrés sur le salon.

 

Alors que nous étions venus pour en savoir plus sur une préoccupations précise, les logements sociaux, si impossible nous aura été de recueillir la moindre information sur la question fort de nos tentatives, occasion nous aura été donner d’une fois plus nous rappeler que nous sommes bel et bien toujours en Côte d’Ivoire, pays “salon du sexe” en permanence.

 

Akissi Kouamé

 

 

 

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