09212020Headline:

Côte d’Ivoire prostitution Ces « Djandjou » qui nous pourrissent la vie

En Côte d’Ivoire, tout semble permis. On y vend ce que l’on veut, où on veut, comme on veut et quand on veut. La prostitution, grandeur nature, est en vogue. A Abidjan, la « commercialisation du sexe » a pris un essor fulgurant. Chaque soir, nos carrefours sont transformés en supermarchés du sexe. Nos cités sont prises d’assaut par ces « Djandjou ». Le marché s’ouvre tous les jours et toutes les nuits. Au menu, la prostitution haut débit avec des filles aux charmes douteux.

La vie est décidemment un tissu d’absurdités et d’anomalies. La logique, parfois, déserte le forum et la décence se trouve être mise à mal par une bande de rapaces aux traits humains. De véritables charognards à l’affut d’opportunités qui, des hommes qui tombent sous leur coupole, en font des pantins tout à leur solde. Ces « dames de nuit » au teint raccommodé, souriantes et attentionnées, se révèlent bien souvent, n’être que des guets-apens ambulants. Debout sur des chaussures aux talons-aiguilles, elles soumettent leurs proies à des séances d’hypnose improvisée. Toute la nuit, nous sommes condamnés à subir cette pollution sonore faite de grands éclats de rire, de jeux du sexe. Un ensemble étourdissant et assourdissant qui est la résultante des « deals foirés », des vols dissimulés, des palabres sans tête et queue. Nos devantures sont quotidiennement transformées en urinoirs et en réceptacles de « capotes », de salaces et expéditives passes, de véritables déchets dont la toxicité nous tue à petits coups. Des nids d’amour à ciel ouvert. Nos gazons publics et privés ont vu passer tellement d’hommes, ont entendu tellement d’acharnement et recueilli tant d’orgasmes. Toute la nuit, c’est en effet un délire non-stop. Parmi ces « Djandjou », on trouve même des hommes complètement défigurés par un maquillage et un faux soutien gorge. Ce sont les « hommes de joie » Ils s’installent devant nos maisons à la recherche de potentiels clients qui affectionnent ce type de produits avachis, aux odeurs nauséabondes. Des squelettes aux formes tassées. Des maçonneries qui cachent difficilement la déconfiture de leur crépissage épidermique.

Chez les « Djandjou », tous les coups sont permis. Ils n’attendent jamais d’être approchés par un éventuel client. Ils sont inquisiteurs, happant tous ceux qui leur passent à portée de main. Vous retrouverez dans cet univers marchand des gens de toutes catégories sociales en quête de sensations fortes et décidés à en découdre avec leurs turbulentes envies. Vous retrouverez des hommes mariés insatisfaits ou proprement obsédés, des « papito » pervers, des touristes explorateurs.Là où le bât blesse, c’est la douloureuse situation des adolescents qui parviennent à se soustraire de l’autorité parentale pour s’engouffrer dans ces cercles de la décadence morale. Pire, le banditisme et le trafic de drogue sont venus s’y greffer. La morale est véritablement en lambeaux.

Tout ceci au nez et à la barbe de ceux qui sont censés nous protéger. Nos lamentations n’y ont rien fait. C’est le triste spectacle de la déchéance morale qui s’impose à la vue de tous. Les dégâts de ce bordel sont économiques, environnementaux, sanitaires et sécuritaires. Les multiples tragédies humaines que ce phénomène génère, ne réussissent guère à interpeller la conscience de nos gouvernants. Ont-ils renoncé à leurs charges, celles de travailler à instaurer une société de valeurs, d’ordre, de justice et de sécurité ? Ne nous demandez surtout pas où sont passées nos forces de l’ordre, censées veiller sur notre quiétude. Nos forces de sécurité sont à la tâche : elles passent et repassent pour des passes. Quel soulagement quand nous voyons des agents de la police ou de la gendarmerie embarquer ces « Djandjou » dans un pick-up! Et quelle désillusion quand nous assistons, une heure après, au retour triomphal de ces créatures pour qui, la prostitution est devenue l’unique mode de survie ! C’est un marché où se tissent intrigues et manips. La prostituée endiablée revient en territoire conquis, nargue ouvertement les riverains et menace de régler des comptes si on ne la laisse pas faire tranquillement son job. Devrions-nous continuer à payer, malgré nous, le prix de l’inertie des pouvoirs publics ? Les Ivoiriens attendent que soit sifflée la fin de cette récréation immorale.

Par le Dr ALEXIS GEORGES KOUNOUHO

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