12122017Headline:

Côte d’Ivoire /Viols : La nouvelle trouvaille secrète des agresseurs à Abidjan/ ce qu’ils font…

femme fume drogue

A première vue, on le croirait inoffensif. Pourtant ce stimulant sexuel aux origines douteuses est à la base de nombreuses agressions sexuelles qui marquent souvent les victimes à vie. Dans la capitale ivoirienne, il se vend comme des petits pains à tous les coins de rue.

Les jeunes mal intentionnés vouent un véritable culte à cette substance. C’est leur nouvelle trouvaille pour venir à bout des conquêtes très réticentes. Le ‘’Jumbao’’, stimulant sexuel d’origine asiatique utilisé pour attiser l’appétit sexuel des filles à leur insu connaît un franc succès à Abidjan. C’est le constat qui ressort de nos investigations qui nous ont conduit à Adjamé-‘’Roxy’’, le plus grand marché noir de vente de médicaments pharmaceutiques en Côte d’Ivoire.

Un puissant aphrodisiaque

A notre arrivée, nous sommes immédiatement hélés par Maï, une vendeuse du coin. Une fois informée de la raison de notre visite, elle nous installe puis nous ramène le fameux produit sur lequel, elle ne tarit d’éloges.

« Ce produit est très efficace. Beaucoup de jeunes viennent acheter ça avec moi, il y en a même qui prennent tout le paquet», révèle la jeune commerçante.

Nous trouvant un peu dubitatifs sur ses dires, Maï nous explique sans ambages : « avec seulement la moitié du contenu de la bouteille, on peut obtenir toutes les faveurs d’une fille ».

Le produit que nous remet la célèbre vendeuse qui de toute évidence semble maîtriser son sujet, est un liquide transparent assimilable à de l’eau contenu dans une petite bouteille transparente d’à peine 10ml. Sur son flacon de couleur jaune, figure une femme dénudée, comme pour expliquer aux plus sceptiques le rôle destiné à la substance. Des indications en chinois et en anglais donnant quelques caractéristiques du produit.

A l’intérieur du flacon, aucune notice, donc aucune posologie. Son prix est compris entre 1000 et 2000 FCFA.

Fabriqué en Chine, le ‘’Jumbao’’ est un puissant aphrodisiaque. Incolore, inodore, sans saveur et très léger. Il peut facilement se dissoudre dans n’importe quelle boisson. Selon les adeptes de ce stimulant sexuel, seulement cinq (5) minutes suffisent pour que les premiers effets se fassent sentir. La jeune fille ayant consommé le produit est immédiatement envahie par des bouffées de chaleur et une soudaine envie sexuelle et très accentuée. Plus rien ne peut l’arrêter si ce n’est de l’acte sexuel. Comme en témoigne Arthur S. qui ne cache pas son goût prononcé pour ce puissant aphrodisiaque.

« J’avais invité une fille à venir chez moi. Avant son arrivée j’avais déjà mélangé le produit à un soda que j’ai précieusement gardé. Une fois présente je lui ai proposé le cocktail qu’elle a bu goulûment. Les minutes qui ont suivi, les choses se déroulées exactement comme prévu.»

Les victimes de cette drogue du violeur ne se comptent plus…

Utilisé à l’origine pour stimuler l’appétit sexuel de la femme dans son couple et lui permettre d’être performante lors de son acte, cet aphrodisiaque a été détourné à des fins criminelles.

Plusieurs filles se sont retrouvées enceinte, sans même savoir les conditions dans lesquelles cela c’était produit parce qu’elles avaient consommé cette substance à leur insu.

« J’étais allée à une fête avec des amis de classe, où nous avons beaucoup consommé de l’alcool. C’est tout ce dont je me rappelle. Le lendemain matin je me suis retrouvée nue dans mon quartier sans même savoir ce qui m’étais arrivé », nous confie Aïcha Soro, 18 ans, aujourd’hui mère d’une petite fille.

Quant à Rosine, elle ne dira pas le contraire. « Moi aussi j’ai été victime de cet excitant. Celui qui l’a mit dans mon verre est un garçon que je connais très bien. Apres l’acte, il m’a avoué l’avoir fait parce que j’avais refusé ses avances et que c’était pour se venger de moi. Cette situation m’a beaucoup traumatisée. »

Comme Aïcha et Rosine, elles sont nombreuses ces filles qui chaque jour sont victimes de cet excitant. Si nos deux interlocutrices réussissent à expliquer leurs infortunes, ce n’est pas le cas pour d’autres victimes qui préfèrent se terrer dans un mutisme qui en dit souvent long sur le mal qui leur a été fait. Et ce, de peur d’être objet de railleries ou de se voir rejeter par la société.

Avec la pratique régulière de ce phénomène, l’on assiste à la naissance d’un nouveau genre de criminels. Ces jeunes qui utilisent ce produit représentent un danger non seulement pour la société mais également pour eux même, car ils deviennent dépendant de ces excitants et ne peuvent plus s’en passer.

Versées dans le verre des victimes, certaines substances réduisent à néant toutes capacités de résistance et entraînent une amnésie partielle. Ce sont les fameuses « drogues du violeur ».

Ce phénomène inquiétant touche prioritairement les femmes et les jeunes filles. Impossible de se souvenir de ce qu’il s’est passé et pourtant, une sensation étrange vous habite.

Mélangé à de la boisson surtout alcoolisée, le ‘’Jumbao’’ a un effet de drogue. En plus de stimuler l’appétit sexuel, il met la victime dans un état second, elle est droguée et n’est pas consciente de ses actes. Elle ne se souvient plus de rien.

En général, les excitants de ce genre occasionnent des effets secondaires indésirables tels que des maux de tête, vertiges, amnésie, vomissements, somnolence. Mais concernant le ‘’Jumbao’’ aucun effet secondaire indésirable n’a pour le moment été prouvé. Nous a confié nos sources. Une information qui serait à prendre avec beaucoup de recul.

Un produit interdit d’importation en Côte d’Ivoire

Selon l’article 31 alinéa 1 du code des Douanes en son chapitre V portant sur la prohibition, « sont considérées prohibées toutes marchandises dont l’importation ou l’exportation est interdite à quelque titre que ce soit, ou soumise à des restrictions, à des règles de qualité, de conditionnement ou à des formalités particulières ». C’est le cas du ‘’Jumbao’’ qui est considéré comme une drogue, une substance interdite en Côte d’Ivoire. Mais qui est pourtant vendu à tous les coins de rue au vu et au su des pouvoirs publics.

« Ce produit est prohibé à titre absolu. Son entrée sur l’étendue du territoire national est interdite. Mais les fraudeurs contournent les postes de douane et entrent malheureusement en Côte d’Ivoire par des voies illégales », explique Mamadou Silué, un agent des douanes que nous avons rencontré lors de notre enquête.

Il n’a toutefois pas manqué de rappeler que : « Tous contrevenants à cette loi s’exposaient à la saisie de sa marchandise et d’une amende allant de 50.000f à 500.000f Cfa», a-t-il ajouté.

Il est grand temps que l’état durcisse le ton face à ce phénomène qui décime la jeunesse, en prenant des sanctions exemplaires contre les commerçants de ces produits, mais aussi contre les utilisateurs.

En amont, les services des douanes doivent renforcer la sécurité au niveau des frontières terrestres, aériennes, maritimes et ferroviaires afin d’éviter l’entrée de ces produits illégaux en Côte d’Ivoire.

Indétectable à cause de ses caractéristiques assimilables à de l’eau, il faut appeler les jeunes filles à plus d’attention et de prudence. Elles doivent surtout refuser de boire un verre en cas de doutes. Mais que cela ne vous empêche pas de faire de belles rencontres.

Sandrine Kadio/Abidjan911

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