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J’ai 26 ans, J’ai peur de me marier

histoire1 femme

Bonjour aux lecteurs et lectrices de Top Visages. Je me prénomme Rosine. J’ai 26 ans. J’ai vécu une histoire troublante que je voudrais partager avec vous. Elle s’est déroulée en 2010.

 

Présentement, je vis à Dabou, avec mon chéri. Nous envisageons de nous marier, mais j’ai peur. Pas du mariage en tant que tel, mais de l’avenir. Vous comprendrez pourquoi en lisant mon histoire.

Je suis née à Bouaké. C’est là que j’ai grandi, avec mes 2 frères. Ils sont plus jeunes que moi. Mais nous n’avons pas le même père. Mon père biologique et ma mère se sont séparés alors que j’étais encore très jeune. C’est avec son deuxième mari (mon père adoptif) qu’elle a eu les 2 garçons. Mes demi-frères et moi nous nous entendions très bien. Le seul hic est que mon père adoptif était un polygame. Ma mère était sa deuxième femme. Nous vivions dans une immense cour. Pour éviter que ses femmes se querellent, par rivalité ou par jalousie, il les a séparées, en les logeant chacune dans une maison, au sein de la grande cour. Notre père adoptif avait les moyens. C’était un commerçant qui avait construit et mis plusieurs maisons en location. Il avait lui-même construit une grande habitation dans laquelle nous vivions tous, avec ses neveux. Nous étions devenus musulmans. Il avait obligé tout le monde à adopter la même religion que lui. A l’heure de la prière, il exigeait que nous soyons présents. Car, c’est lui qui dirigeait la prière.

Contrairement à ma mère, ma belle-mère n’avait pas d’enfants. Cependant, cette femme m’aimait bien. Elle me traitait comme sa fille. Je l’aidais souvent à accomplir ses tâches ménagères, quand c’était son tour de faire la cuisine. Et ma mère n’y voyait pas d’inconvénients. En effet, ma belle-mère avait sa propre chambre, comme ma mère. Dans la semaine, elles faisaient la cuisine, pour leur mari, à tour de rôle.

A 15 ans, je savais déjà faire la cuisine. J’étais au collège. Etant donné que notre beau-père mettait tout à notre disposition, ses femmes ne travaillaient pas. Elles passaient le temps à la maison. Nous ne sortions pratiquement jamais de la cour, car notre beau-père n’aimait pas qu’on quitte la cour sans son autorisation. Il n’était pas méchant, mais il avait des règles strictes. Il m’appréciait beaucoup également. A chacun de ses voyages ou encore à l’approche de chaque fête de Ramadan ou de Tabaski, il me faisait des cadeaux. Il m’encourageait à être une bonne musulmane. Seulement voilà : cet homme qui était si gentil est décédé en 2010. Tout juste en début d’année. Pourtant, il n’a pas été longtemps malade. Il a rendu l’âme, après quelques jours d’hospitalisation. Sa mort a surpris tous ceux qui le connaissaient. Comme c’était un homme reconnu pour sa grande générosité, les gens se sont beaucoup mobilisés lors de ses obsèques.

C’est après l’inhumation, quelques jours plus tard, que les querelles ont véritablement éclaté entre ma mère, sa coépouse et la belle-famille. Tout cela a éclaté au grand jour à cause de l’héritage. Il y avait effectivement beaucoup d’argent que mon beau-père avait laissé à sa mort. Il avait aussi de grands immeubles à Abidjan et d’autres biens immobiliers à Bouaké. Il n’a pas laissé de testament avant son décès. N’ayant pas été scolarisé, il y a des choses que mon beau-père ne prenait pas en considération. La belle-famille et les deux veuves voulaient chacune avoir une bonne part des biens laissés. Etant donné qu’il avait eu 2 enfants avec ma mère, celle-ci estimait que l’un des immeubles à Abidjan devait revenir de droit aux enfants. Face aux nombreux palabres, l’affaire a été portée devant les tribunaux. Au cours de cette période, tous les coups étaient permis également. L’un d’eux m’est resté en mémoire.

En effet, c’est grâce à une voisine du quartier que ma mère a su cela. Elle connaissait ma mère. Elle habitait un peu loin de nous, mais maman et cette femme avaient beaucoup de considération l’une pour l’autre. Tout est parti d’une découverte faite par cette femme, une nuit. La dame était sortie pour prendre l’air au balcon de sa maison. Sa chambre donne sur la route. Et la maison, elle-même est située non loin d’un carrefour. Il faisait tard, cette nuit-là. Du haut du balcon, la dame a vu une personne arriver et s’arrêter à l’intersection du carrefour. Cette personne tenait un objet dans ses mains. Mais ce qui a le plus frappé l’amie de maman, c’est que la personne avait l’allure qui ressemblait étrangement à la coépouse de maman ! Elle a posé l’objet qu’elle avait dans les mains. Puis, elle est repartie. Dès le départ de l’inconnue, la dame a été tentée par l’idée d’aller voir ce que c’était. La curiosité l’a poussée à descendre finalement. En s’approchant, elle a constaté qu’il s’agissait d’un petit canari. A l’intérieur, il y avait une photo. Sur celle-ci, il y avait une femme entourée de ses 3 enfants. En regardant de plus près, elle s’est aperçue avec effroi que c’était une photo de maman, mes 2 frères et moi. Des aiguilles étaient fixées sur la photo. Mais qui était l’inconnue qui avait posé ce canari là ? Mais la dame n’était pas naïve. Elle savait l’identité de l’inconnue, qui ne pouvait être que la coépouse de maman. Elle a mis le canari en lieu sûr. Le lendemain, elle l’a montré à ma mère. Compte tenu de leur amitié, elle n’a pas voulu lui cacher cela. Mais elle a prié maman de ne rien dire à sa coépouse. L’essentiel était de faire comme si elle ne savait rien, afin d’éviter les palabres. En faisant semblant d’ignorer cela, sa coépouse croirait que son projet a abouti. Ainsi, de son côté, maman aurait la paix. L’objectif, selon ce que nous a dit maman était qu’un véhicule écrase le canari. Ainsi, nous serions tous morts, elle, mes frères et moi !

Cette histoire nous a été révélée par maman elle-même, lorsque nous sommes partis de Bouaké pour nous installer ici, à Abidjan. Mais moi, j’ai gardé quelques mauvais souvenirs. Puisque depuis notre arrivée à Abidjan, je n’ai pas arrêté d’avoir des problèmes. Notamment, dans ma vie sentimentale. Tous les 2 premiers hommes que j’ai rencontrés sont morts, sans que j’en sache les raisons.

Je ne sais pas si ma belle-mère m’a fait quelque chose, au moment où je la côtoyais à Bouaké. L’homme avec lequel je vis actuellement travaille à Dabou. Nous nous sommes rencontrés à Abidjan. Je lui ai expliqué toute cette histoire. Malgré tout, il tient à ce que nous vivions ensemble. Il veut que nous nous marions. Moi, j’ai peur. Mais lui est très croyant (chrétien). Il m’a dit que Dieu nous aiderait si nous mettons cette affaire entre ses mains. D’après lui, je suis la femme de sa vie et que sans moi, plus rien n’a de sens pour lui. Je suis très perturbée par cette histoire. J’ai accepté néanmoins de vivre avec lui. Je me dis que la mort de mes précédents conjoints était le fait de la fatalité. Je continue de pratiquer mon ancienne religion, car mon homme n’y est pas opposé. Il me dit de croire en Dieu et que tout ira bien. Je l’aime moi aussi, car il m’a été d’un grand soutien dans mes moments de difficultés. J’ai quitté l’école depuis Bouaké, à cause de problèmes d’yeux. Je n’arrive pas à lire correctement. J’ai fait une formation de caissière spécialisée. Nous comptons nous installer à Abidjan, après notre mariage. Pour cela, je prie que tout se passe bien. J’ai besoin de vos prières.

Que Dieu vous bénisse !

 

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