05272017Headline:

Le sexe au bout du fil…dans le secret des conversations privées entre couples au téléphone

 

Le téléphone portable a pour fonction première de permettre la communication entre individus abonnés chez un opérateur de la place. Le but de cette communication est de converser pour régler des questions en rapport à la nature de leurs relations. Les motifs et intérêts de ces relations peuvent être d’ordre professionnel, familial, amical ou tout simplement sentimental. Mais aujourd’hui, une déviance tend à instaurer une nouvelle manière d’utiliser ces téléphones portables : c’est le commerce charnel, de plus en plus perceptible. Une situation que certains qualifient de perte de repères et de sens, tandis que d’autres l’assimilent à une banale perversité de quelques-uns. KOACI Sénégal a donné la parole à cette franche de la population qui s’adonne à de tels comportements Reportage.

-Allo, ici le sexe…

Rencontrée devant l’entrée de leur Institut en pleine discussion avec sa bande de copine, Bijou, est une étudiante en Banque et Finance. Pour elle, il n’y a point matière à scandaliser le fait de parler du sexe au téléphone avec la personne que l’on aime. Elle trouve cette pratique normale, car qui s’inscrit dans le cadre d’une discussion responsable entre deux amoureux.

Selon la demoiselle, il n’y a rien de scandaleux dans cette pratique, puisque ça se passe entre deux personnes qui s’aiment. «Je pense que quand vous parlez à une personne que vous aimez, vous essayez de vous faire plaisir, surtout quand vous ne vivez pas ensemble. Personnellement, quand j’échange au téléphone avec mon petit ami, je fais tout pour lui faire plaisir. Je crois que c’est compréhensible puisque je ne le fais pas avec d’autres, mais seulement avec la personne que j’aime».

Si Bijou considère qu’une telle pratique n’est qu’une preuve d’amour envers la personne aimée, sa copine de classe Amy n’est pas de cet avis. Habillée en tenue traditionnelle à base de «Wax», avec une voile qui couvre parfaitement sa tête, la demoiselle refuse en bonne musulmane soumise de nous serrer la main. Elle accepte cependant de répondre à notre question.

De son point de vue, la réponse à la question n’est pas à chercher loin ; ce sont les hommes qui sont devenus tout simplement pervers. Elle nous confie qu’«aujourd’hui tu rencontres un homme qui se dit être intéressé par toi, te demande ton numéro de téléphone et crois avoir ainsi trouvé un objet sexuel qu’il peut appeler à tout moment pour lui balancer des choses au-delà du vulgaire, afin de satisfaire sa libido».

Très remontée contre cette catégorie de la population masculine, Amy va plus loin en s’attaquant vertement à ces types d’hommes, qui selon elle, ne méritent ni respect ni considération. «Un jour, un camarade de classe qui m’avez demandé mon numéro de téléphone, m’a fait ce genre de chose. Non seulement, il a attendu tard dans la nuit pour m’appeler, mais à peine avons-nous entamé la discussion qu’il a osé me poser de stupides questions telles que «comment j’étais habillée ?», «Quelle est la couleur de mon slip ?», «mets ta main sur ton sexe» etc.»

Avant d’ajouter, dépitée : «J’étais tellement surprise que je ne trouvais pas les mots pour lui répondre. Je lui ai juste raccroché au nez ; mais le lendemain, il m’a entendu, et depuis lors je ne lui adresse plus la parole», explique l’étudiante.

-Les promotions de crédit téléphonique et les «lignes» indexées

Assane Diagne, jeune étudiant à la faculté des Sciences juridiques et politiques à l’Ucad n’est pas d’avis que les responsabilités incombent seulement à la gent masculine ni aux seuls jeunes. Vêtu d’une chemise beige assortie d’un pantalon de couleur marron, le jeune étudiant nous fait savoir que les «conversations câlines» au téléphone existent dans la jeunesse sénégalaise, c’est vrai. Mais «il serait faux de nier que de tels comportements n’existent pas dans la haute société, vu qu’aujourd’hui, nombreux sont les jeunes qui s’adonnent à cette pratique. Nous sommes jeunes certes, et c’est vrai que nous exagérons souvent quand nous sommes au téléphone avec nos copines».

Mais, s’il en est ainsi, c’est parce que, selon Assane, la société, et au premier plan les parents, sont passés à côté de leur mission, qui est de surveiller leurs enfants. «C’est vrai que les jeunes s’adonnent à ces pratiques, à la limite du vulgaire, mais il faut aussi dire que les parents ont leur part de responsabilité, car comment voulez-vous contrôler votre fille qui n’a même pas 18 ans et qui détient son propre téléphone portable ? Avec les promotions de crédit, les filles passent la nuit à répondre au téléphone».

Bien debout sur ses talons qui avoisinent les dix centimètres, avec une mini-jupe qui laisse apparaître ses jambes, mais aussi, une partie de ses cuisses, Fatou Touré refuse de tourner autour du pot et aborde directement la question avec nous dans une franchise déconcertante sans commune mesure. L’étudiante en deuxième année de Géographie nous confie qu’elle a déjà eu de telles conversations au téléphone avec son copain, et qu’actuellement, il n’existe pas un jeune qui n’a pas eu de telles expériences. «Moi-même j’ai eu à le faire dans le passé avec des personnes que j’aime. Et je sais que je ne suis pas la seule puisque je vis avec des amis, et je sais qu’elles aussi font pareil au téléphone avec leurs petits amis».

Déterminée pour nous en faire savoir plus, la demoiselle poursuit et lâche : «Nous sommes des humains, et parfois nous avons envie d’orgasme. Mais nous ne pouvons pas à chaque fois aller vers notre mec pour faire l’amour. Je crois que c’est bien de parler de sexe au téléphone en se masturbant que de faire l’amour par ci et par là. Nous ne sommes pas des prostituées de toute façon».

-Les femmes de migrants, pionnières en la chose

Bien engouffré dans son grand boubou «Gagnila» bien amidonné et repassé comme en témoigne les plis très remarquables bien visibles, Fama, une mère de famille trouvée devant une boutique à l’Unité 6 des Parcelles assainies pense qu’au-delà de la jeunesse, il existe un lot important de personnes âgées qui se livrent à ce jeu de mots doux et câlins sexe au téléphone, avec le sexe en arrière-pensée.

Selon elle, les femmes de migrants sont les premières personnes à se livrer à de tels comportements. «Le phénomène est venu au Sénégal avec l’avènement des nouvelles technologies de la communication comme Skype, Facebook, Viber etc. Ce sont les femmes de migrants qui ont passé une dizaine d’années sans voir leur mari, qui s’adonnaient à ce jeu pour satisfaire leur libido. Et même là, il faut préciser que se sont les hommes (Ndlr : leurs maris émigrés) qui leur en font la demande, et qui mettent les conditions pratiques en place en achetant des ordinateurs et en les abonnant à la connexion internet».

Elle poursuit pour dire qu’au téléphone ou sur internet, la conversation des couples à distance tourne essentiellement autour du sexe. Ce qui est trop dangereux, parce qu’à plusieurs reprises des femmes d’émigrés sont tombées enceinte en l’absence de leurs maris cocufiés. Parce que pour elle, en un moment donné, les femmes ont besoin de faire l’amour, et si leur mari les excite sans être là, elles vont chercher à se faire plaisir avec un autre.

Sidy Djimby Ndao, Dakar

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