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Papa Wemba: 5 Min pour le connaitre-sa vie, ses succès, son mariage, la prison.

Papa Wemba a succombé à un malaise survenu lorsqu’il était sur scène. Jules Shungu Wembadio, de son vrai nom, est l’une des plus grandes figures de la musique congolaise et africaine.

Surnommé “Le roi de la rumba congolaise”, il était l’un des porte-étendards de la musique de son pays depuis les années 70-80, en la rendant populaire dans le continent. Papa Wemba était célèbre pour plusieurs titres, dont “L’Esclave” et “Le Voyageur”.

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UNE ICONE DE LA MUSIQUE AFRICAINE

Papa Wemba est un de ces chanteurs qui ont su dépasser leurs simples statuts de musiciens pour devenir des personnalités publiques. A l’échelle internationale, il compte parmi les inventeurs de l’Afro-pop moderne, secteur important de cette World Music qui se joue des frontières. Et en République Démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), il est parfois présenté comme une sorte de dieu vivant, d’icône intouchable sur qui se focalise la fierté d’un peuple.

Il faisait partie d’une génération de musiciens congolais surnommés “Les rois de la sape”, tant ils étaient admirés pour leur style vestimentaire et leur goût pour les vêtements de luxe. On peut citer, parmi ces “rois”, King Kester Kemeneya et Tabu Lay.

 

SON ENFANCE

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Shungu Wembadio Pene Kikumba naît en 1949 dans le sud du pays. Comme il est l’aîné de la famille, ses parents le surnomment « Papa », suivant une tradition locale. Sa mère, pleureuse au cours de rituels funéraires, repère très tôt les capacités vocales de son fils.

Mais son père, chasseur et ancien militaire, s’oppose à toute carrière artistique. Lorsque ce dernier meurt, en 1966, le jeune homme décide malgré tout de faire ce qu’il a toujours souhaité, et devient, dans un premier temps, chantre de l’église St Joseph, à Kinshasa.

Le chant religieux imprègne durablement son style vocal. Cependant, il se laisse bien vite influencer par les rythmes (plus profanes) du rock’n roll et se fait appeler Jules Presley, à la fin des années 60. Parallèlement, il commence à jouer dans des orchestres de rumba, un genre alors très populaire au Congo, grâce à des artistes comme Joseph Kabasele ou Franco.

 

EN AVANCE SUR SON TEMPS

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La rencontre décisive entre ces différents chemins a lieu en 1969, lorsque Papa Wemba participe à la formation de Zaïko Langa Langa. Avec leur batterie et leurs guitares électriques, ces musiciens réinventent la musique populaire zaïroise. Le succès est immédiat et dès les années 70, Papa Wemba devient une star dans son pays.

 

LE VILLAGE MOLOKAI

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Il quitte alors son ancienne formation, et, après un passage au sein de l’orchestre traditionnel Isifi Lokole, fonde son propre groupe en 1977 : Viva La Musica. A ce stade, il n’est déjà plus un simple chanteur? Dans les faubourgs de Kinshasa, ses fans ont fondé une sorte de village informel : le « Village De Molokaï », dont Wemba est bien entendu le chef. Un dress-code particulier y règne, reprenant notamment les bérets du chanteur.

 

LA SAPOLOGIE

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Ce dernier raffine à l’extrême son intérêt pour les vêtements. Membre hyperactif de la SAPE (Société des Ambianceurs et de Personnes Elégantes), il multiplie les tenues scéniques excentriques et flamboyantes, imaginées par de grands couturiers comme Yohji Yamamoto. Cette personnalité extravertie ne fait qu’à accentuer son succès à l’étranger, sur le continent africain et auprès de la diaspora congolaise.

 

UN ARTISTE A SUCCES

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Dès 1980, la chanson « Analengo » est un tube international, vendu à 60 000 exemplaires. Dans les années 80, alors que le règne de Mobutu plonge lentement le Zaïre dans un épouvantable chaos, Papa Wemba et Viva La Musica multiplient les collaborations et les résidences en Europe.

 

L’EUROPE A SES PIEDS

En travaillant avec des musiciens français, comme Hector Zazou, ils contribuent à lancer la World Music naissante, popularisée par Johnny Clegg, Paul Simon, Youssou N’Dour ouPeter Gabriel. En toute logique, il finit par signer sur le prestigieux label de ce dernier, Realworld et publie trois albums, réalisée en collaboration avec l’ancien chanteur de Genesis : « Le Voyageur » (1992), « Emotion » (1995) et « Molokai » (1998).

Dans les années 90, il accompagne également Gabriel en tournée, gagnant au passage un nouveau public. Son style s’occidentalise ? il reprend notamment le vieux tube d’Otis Redding, « Fa Fa Fa Fa Fa (Sad Song) » ? mais son succès africain ne se dément pas. L’album « Wake Up », réalisé en 1996 avec l’autre star du Congo, Koffi Olomidé, est un nouveau carton international. Rompant avec Realworld, il revient à un son plus traditionnel, au tournant de la décennie.

Par leur variété, les albums « M’Zee » (1999), « Bakala Dia Kuba » (2001) et « Somo Trop » (2003) laissent une place à toutes ses inspirations, notamment latino-américaines, et essaient de ménager ses différents publics.

 

SCANDALES ET JUSTICE ET PRISON

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Malgré cette popularité et cette incontestable importance musicale, son image a été sévèrement écornée par une affaire d’immigration illégale, dans laquelle il a joué le rôle douteux de « passeur ».

le respect dont bénéficie l’artiste est sévèrement entaché au cours des années 2003 et 2004, alors qu’éclate « l’affaire Papa Wemba ». A la suite d’une longue enquête ? au cours de laquelle des écoutes téléphoniques ont été utilisées ? les polices française et belge découvre le rôle du chanteur dans une importante filière d’immigration clandestine. Il faisait payer des sommes astronomiques (de 3500 à 4500 dollars) aux candidats pour les faire passer en Europe, en les présentant comme des musiciens traditionnels.

Le procès a lieu en 2004 et suscite un énorme scandale. Papa Wemba s’efforce de minimiser son rôle, affirmant s’être laissé entraîner par ses producteurs, mais l’opinion européenne refuse d’accepter ce qu’elle considère un trafic d’êtres humains. Les Congolais, eux, ne l’entendent pas de cette oreille.

En octobre 2004, la publication du réquisitoire, demandant cinq ans de prison ferme pour le chanteur, engendre un véritable tollé. Ses fans refusent que Papa Wemba soit condamné. Il faut dire qu’au Congo, comme souvent, le sort des émigrants clandestins n’intéresse que moyennement les populations ayant choisi de rester. Surnommés « ngulu » (« cochon ») par la vox populi, ils sont assimilés à des lâches, bien que la RDC connaisse depuis 1998 une guerre civile qui a fait, à ce jour, plus de trois millions de victimes (davantage qu’en Irak, au Liban ou en Ex-Yougoslavie). Contraints à la clandestinité en Europe et au mépris dans leur propre pays, ces gens qui fuyaient les massacres, au prix de terribles sacrifices, pesaient peu comparés à l’aura d’une star internationale.

En novembre 2004, Papa Wemba est finalement condamné à 10 000 euros d’amende et à 30 mois de prison, dont 26 avec sursis? il avait déjà effectué quatre mois de détention, avant que le président de la RDC, Joseph Kabila, choisisse de payer les 30 000 euros de sa caution. Le verdict est accueilli comme une victoire par son public.

Après deux années de silence, où il affirme avoir pris le temps de réfléchir à ses responsabilités, Papa Wemba est revenu en 2006 avec un live enregistré au New Morning, à Paris. C’est un excellent disque.

Son Marriage:

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La paroisse Saint Joseph de Matonge a connu une ambiance de fête le samedi 9 août 2014 à l’occasion du mariage de Jules Shungu Wembadio dit « Ekumani Papa Wemba » et de Marie-Rose Luzolo appelée communément « Amazone ».

Plusieurs personnalités du monde politique, diplomatique, artistique, culturel et universitaire ont pris d’assaut la paroisse Saint Joseph de Matonge cet après midi ensoleillé de samedi 3 août pour assister au mariage religieux de Jules Shungu et Marie-Rose Luzolo. Parmi les personnalités figuraient le premier ministre Augustin Matata Ponyo et quelques membres du gouvernement, le ministre congolais (d’en face) chargé des zones économiques spéciales, Alain Akouala Atipault qui conduisait une forte délégation venue du Congo Brazzaville, l’ambassadeur de Cote d’Ivoire en RDC et le représentant de Guillaume Sorro, le sénateur Léonard She Okitundu, les députés Patrick Bolonya, Jean-Claude Mvuemba, des diplomates français.

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