06202018Headline:

Près d’un homme sur dix a un pénis courbé

 

La maladie de Lapeyronie, qui consiste en une courbure de la verge visible lors de l’érection, touche 3 à 9 % des hommes.

C’est une maladie gênante et méconnue qui touche pourtant 3 à 9 % des hommes, avec un pic de fréquence à la cinquantaine mais qui peut apparaître dès la vingtaine. La maladie de Lapeyronie, du nom du chirurgien de Louis XIV qui la décrivit en 1743, est une courbure de la verge, visible lors de l’érection. Le traitement de référence implique la chirurgie et les espoirs placés dans une technique moins agressive appelée lithotripsie viennent d’être déçus après la publication d’une étude allemande.

La maladie de Lapeyronie est due à la constitution de plaques indurées dans les corps caverneux du pénis, ces tissus érectiles qui se gorgent de sang lors de l’érection. La cause de la maladie reste encore mystérieuse mais l’hypothèse la plus communément admise est que ce sont des microtraumatismes répétés, notamment au cours du coït, qui déclencheraient des phénomènes immuno-inflammatoires cicatriciels. Ceux-ci seraient responsables des indurations, parfois palpables dans la verge, sous forme de plaques fibreuses avec perte d’élasticité.

La courbure du pénis est variable, le plus souvent vers le haut mais elle est possible dans toutes les directions de l’espace, et peut même dépasser 90° dans certains cas. Un homme atteint sur deux se plaint de douleurs lors de l’érection, en particulier dans les deux premières années de la maladie, et un sur quatre, en moyenne, de difficultés pour la pénétration. La plupart éprouvent en outre une perte de confiance en soi, la crainte de ne plus susciter le désir de la partenaire, des difficultés sexuelles surajoutées et, souvent, un sentiment de honte.

Habituellement, la douleur tend à disparaître dans les six à dix-huit mois qui suivent le début de la maladie mais la déformation, en revanche, a plutôt tendance à persister. Une étude menée chez 246 hommes récemment atteints montre qu’ils avaient retrouvé, après un an, une amélioration de la déformation pour 12 % d’entre eux, une stabilisation pour 40 % et une détérioration pour 48 %.

Jusqu’à maintenant, les médicaments testés n’ont pas été très convaincants et différentes techniques de chirurgie visant à détruire les plaques fibreuses sont proposées pour réduire la déformation de la verge. Contre la douleur initiale, les antalgiques et anti-inflammatoires sont habituellement proposés, sachant qu’elle disparaît neuf fois sur dix dans les dix-huit mois. Une technique consistant à tenter de détruire les plaques grâce à des appareils de lithotripsie qui envoient des ondes vibratoires en profondeur semblait avoir une certaine efficacité.

Une étude allemande, à paraître dans le Journal of Sexual Medicine, vient de doucher les enthousiasmes. La méthode aurait même tendance à aggraver la déformation chez certains patients traités.

Le Figaro

 

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