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Attentats de Paris : Les cinq choses à savoir sur l’enquête trois jours après le drame

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L’enquête, qui se partage entre la France et la Belgique, avance rapidement, trois jours après les attentats ayant fait 129 morts à Paris. Le point sur les dernières évolutions.
Cinq jihadistes identifiés
À l’heure actuelle, cinq jihadistes ont été formellement identifiés. Omar Ismaïl Mostefai, premier d’entre eux présent au Bataclan, est âgé de 31 ans et originaire de Courcouronnes, dans l’Essonne, en France. Petit délinquant, trafiquant de stupéfiants, et condamné à huit peines de droit commun, il avait disparu de Chartres, en France, en 2012, peut-être vers la Syrie. La police turque a d’ailleurs indiqué dimanche qu’elle avait à deux reprises alerté Paris sur la dangerosité de cet islamiste radical.

Bilal Hadfi, âgé de 20 ans, s’est fait exploser près du Stade de France. Il résidait quant à lui apparemment en Belgique, mais aurait combattu en Syrie dans les rangs de l’État islamique. Il aurait pu y côtoyer Samy Amimour, âgé de 27 ans. Originaire de Drancy, âgé de 27 ans, il avait été mis en examen le 19 octobre 2012 pour association de malfaiteurs terroristes après un projet de départ avorté au Yémen. Placé sous contrôle judiciaire, il s’était toutefois enfui un an plus tard en Syrie, pour réapparaître au Bataclan le 13 novembre dernier.

Brahim Abdeslam, mort boulevard Voltaire où il s’est fait exploser, était pour sa part âgé de 31 ans. Il avait des liens depuis longtemps avec l’État islamique en Syrie, ce que confirment deux dossiers criminels de 2010 et 2011. Son frère, Salah, serait également impliqué. Enfin, le dernier kamikaze identifié se nommerait Ahmad Al Mohammad, selon le nom retrouvé sur un passeport syrien près du Stade de France. Toutefois, il pourrait s’agir d’un faux. Le porteur de ce document a transité le 3 octobre par l’île de Leros, en Grèce, et le 7 octobre par la Serbie.

De nombreuses perquisitions et interpellations
Les forces de l’ordre ont mené dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 novembre des perquisitions dans le cadre de l’état d’urgence en France, selon la police et de la gendarmerie, ainsi que Manuel Valls. Les perquisitions ont été opérées dans dix-neuf départements « en région parisienne, à Lille et dans le Nord, à Lyon, à Toulouse, à Marseille, dans toutes les grandes agglomérations en France », a détaillé Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur français.

« Des armes (9 armes de poing, 8 armes longues et 4 armes de guerre, notamment), de la drogue, des ordinateurs, disques durs et téléphones portables ont été saisis », a-t-il encore déclaré. Au total, 168 perquisitions ont été conduites, 23 personnes arrêtées et 31 armes saisies, avec « un arsenal de guerre » dont un lance-roquettes découvert à Lyon.

Plusieurs suspects avaient également été arrêtés en Belgique dimanche, dont cinq ont été remis en liberté lundi.

Les enquêteurs toujours à la recherche du frère d’un des jihadistes
Salah Abdeslam, le frère de l’un des kamikazes, Brahim Abdeslam, mort Boulevard Voltaire, est toujours activement recherché. Un appel à témoin et un mandat d’arrêt international ont ainsi été lancés pour le retrouver. Il est considéré comme « un individu dangereux ».

Salah Abdeslam est l’homme qui a loué la Polo noire ayant servi aux jihadistes et aperçue aux alentours du Bataclan, vendredi 13 novembre. Non fiché par les services français, il avait été contrôlé samedi matin à bord d’un autre véhicule en direction de la Belgique où se trouvaient également deux autres personnes, mais il n’a pas été arrêté.

Après ce contrôle routier, le véhicule a été intercepté, volontairement cette fois, dans le quartier de Molenbeek, en banlieue de Bruxelles, samedi en fin après-midi. Mais, si les deux passagers ont été interpellés, Salah Abdeslam est resté introuvable. Les forces de l’ordre ont une nouvelle fois perquisitionné lundi dans le quartier de Molenbeek, afin de retrouver sa trace, sans succès. Son frère, placé en garde à vue, a été relâché et n’a pas pu donner d’informations aux enquêteurs concernant la localisation du fugitif.

Un Algérien arrêté en Allemagne
Le ministre allemand de l’Intérieur du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Ralf Jäger, a annoncé l’interpellation d’un Algérien, dans un centre d’accueil pour réfugiés, lundi 16 novembre. Soupçonné de complicité dans les attentats de Paris, l’homme aurait déclaré ces derniers jours à d’autres personnes que la terreur allait s’emparer de la capitale française.

« Il aurait, dimanche ou lundi de la semaine dernière, déclaré à d’autres réfugiés que quatre jours plus tard une bombe ou des bombes allaient exploser à Paris », a indiqué le porte-parole du Parquet de la ville de Arsnberg, Werner Wolff.

Le procureur vérifie si cet homme de 39 ans s’est rendu coupable « de non dénonciation de crime » et s’il avait connaissance des attaques qui ont ensanglanté Paris vendredi soir, ou s’il cherchait « à se rendre intéressant », a-t-il ajouté.

Un Belge d’origine marocaine soupçonné d’être le commanditaire
Les enquêteurs s’intéressent par ailleurs à un Belge d’origine marocaine, soupçonné d’avoir orchestré les attentats de Paris. Proche d’un des kamikazes, Brahim Abdeslam, celui-ci serait, depuis le quartier de Molenbeek, près de Bruxelles, l’un des recruteurs de l’État islamique en Europe.

Abdelhamid Abaaoud aurait pris la direction de la Syrie il y a environ deux ans, en 2013. Depuis, il aurait fait de multiples allers-retours entre la Belgique et le Proche-Orient, au nez et à la barbe des services belges. L’organisation lui aurait ainsi confié la mission d’entraîner des jihadistes pour la planification d’attentats en Europe.

Il y a quelques mois, il aurait notamment été en contact avec un certain Reda H., qu’il aurait entraîné, et à qui il aurait remis une clé USB contenant des logiciels de cryptage et 2 000 euros en lui demandant de viser une cible « facile », telle une « salle de concert », pour « faire un maximum de victimes ». Toujours en fuite, il pourrait avoir quitté la Syrie et se trouver actuellement en Grèce ou en Turquie.

Mathieu Olivier

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