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Brésil : À peine libéré de la prison, Lula fait un discours qui divise le pays

À peine libéré, Lula a fait un discours devant ses partisans ce samedi 9 novembre. Après un an et demi loin de leur leader, les sympathisants du Parti des travailleurs ont réaffirmé leur soutien à l’ancien président brésilien, au syndicat des métallurgistes, son fief historique, près de Sao Paulo. Le pays mené par Jair Bolsonaro apparaît plus divisé que jamais.

« Ici, le peuple de Lula, prêt au combat. » C’est une foule dense et rouge qui a accueilli l’ancien président brésilien devant le syndicat des métallurgistes, rapporte notre envoyée spéciale à Sao Bernardo do Campo, Sarah Cozzolino, au lendemain de sa libération sur décision de la Cour suprême.

Depuis sa remise en liberté – toute relative pour l’instant -, Luiz Inacio Lula da Silva apparaît habillé en noir et réaffirme son innocence. « Pendant 580 jours, dit-il, je me suis préparé mentalement, parce que je voulais prouver que même en prison, je dormais avec la conscience tranquille. »

« Je suis de retour » répète-t-il, un retour qu’attendaient impatiemment ses partisans, à l’image d’Eliana, qui a fait la route depuis l’État de Rio : « Je suis très heureuse, pleine de joie, contente que le peuple brésilien se réconcilie avec lui-même. Lula est l’âme du peuple. »

Galvanisé par la foule, qui le porte au sens propre comme au figuré, Lula s’en est pris samedi au gouvernement actuel. Pour Rafael, encarté au Parti des travailleurs, le Brésil a besoin du retour de cette figure de la gauche : « Lula, avant tout, c’est un génie politique », explique-t-il.

« C’est un homme qui a une grande stratégie et un homme qui peut réellement redresser le Brésil et apporter quelque chose de plus pour le monde. Il l’a déjà fait une fois et je suis convaincu qu’il pourra de nouveau le faire. »

« Lula devrait être en taule »

Retournez directement à la case prison ! Tel est en revanche le message des quelques milliers de partisans du président Bolsonaro, qui sont allés clamer leur indignation samedi aussi, à Sao Paulo, sur une grande avenue, peu après le discours politique de l’ancien président au syndicat des métallurgistes.

Notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard, y a rencontré Aelison, un professeur d’allemand venu lancer quelques jurons bien sentis à l’encontre de l’ancien chef d’État socialiste : « Lula devrait être en taule. »

« Mais on n’est plus pressé. Lula ne représente plus rien politiquement », ajoute-t-il. Et d’asséner : « Lula c’est une blague. Il a fait faillite. Le communisme, c’est terminé au Brésil. »

Lors de son discours, Lula s’en est pris à Sergio Moro, le juge qui l’a condamné pour corruption avant d’être nommé ministre de la Justice par Jair Bolsonaro.

Traité de « canaille » par Lula, Sergio Moro a répliqué qu’il ne répondrait pas à des criminels, qu’ils soient en prison ou en liberté. Et lorsque Lula a affirmé qu’il était « de retour », les manifestants pro-Bolsonaro se sont dit prêts à lui barrer la route.

« Le drapeau brésilien ne sera plus jamais rouge »

« Mais non, il va pas revenir ! C’est un psychopathe. Il est fou ! Il va pas bien dans sa tête. Il ne va jamais revenir au pouvoir. Le drapeau brésilien ne sera plus jamais rouge. Plus jamais ! », s’emballe Evangéline, une retraitée venue manifester contre Lula.

Le camp pro-Bolsonaro veut maintenant faire pression sur le Congrès pour qu’il abroge l’article du Code pénal qui a permis à Lula de recouvrer la liberté.

D’ici là, les passions politiques vont continuer à se déchaîner. Alors que ses ennuis avec la justice ne sont pas terminés, Lula partira bientôt en tournée dans le pays et a promis une « annonce au peuple brésilien » dans les vingt jours.

Quand je suis allé voir Lula en prison, certains me disaient que ce n’était pas ce qu’il convenait de faire. Je leur ai répondu qu’il faut toujours être avec celui qui est victime d’une injustice. Il fallait être avec lui. Et ce jour-là, nous avons passé près d’une heure ensemble. Quand ses gardiens lui ont dit que le temps se terminait, Lula s’est fâché et m’a dit: «Tu dois gagner en Argentine». Il ne l’a pas dit comme ça en passant, non, il l’a dit deux ou trois fois. Et maintenant je peux lui dire: oui, j’ai gagné, on va redresser l’Argentine. Et tous ensemble, on va redresser l’Amérique latine. Je suis heureux de que Lula soit libreAlberto Fernández, président élu d’Argentine

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