01242017Headline:

Chine : Beijing établit une liste noire de touristes indélicats

Les visiteurs chinois, on aime leur portefeuille autant qu’on redoute leur sans-gêne. Pékin a donc décidé de ficher les plus indélicats d’entre eux.

Alors bien sûr, les commerçants se frottent les mains, notamment en Europe, où l’économie n’est pas au meilleur de sa forme. Les touristes chinois n’ont-ils pas dépensé l’équivalent de 96 milliards d’euros à l’étranger en 2012 (dernières données disponibles), arrivant en tête du hit-parade mondial, devant les Allemands et les Américains ? En France, premier pays européen visité (et septième au niveau mondial), ce tsunami touristique fait donc régulièrement les gros titres de l’actualité : il s’agit de justifier l’ouverture des magasins le dimanche ou de souligner le manque d’infrastructures pour accueillir cet afflux de nouveaux riches.

Trop fréquentes incivilités

Mais si les touristes chinois font parler d’eux, c’est aussi, hélas, pour leurs trop fréquentes incivilités. Plusieurs incidents embarrassants ont défrayé la chronique ces derniers temps. En Thaïlande, par exemple, il y a ceux faisant sécher leur linge à l’aéroport, déféquant en public ou donnant des coups de pied à une cloche dans un temple bouddhiste. Et l’on se souvient qu’en 2013 un ressortissant chinois avait scandalisé l’Égypte en écrivant son nom sur un monument antique de Louxor… La même année, les autorités chinoises avaient pourtant publié un manuel de savoir-vivre – ou plutôt de savoir-visiter -, recommandant en particulier de s’abstenir de cracher par terre, de se curer le nez, d’uriner dans la piscine ou de voler les gilets de sauvetage dans les avions.

Liste noire de touristes indélicats

Ce simple ouvrage n’ayant manifestement pas suffi à endiguer le phénomène, Pékin a décidé de serrer la vis : en mars, les autorités ont annoncé la création d’une « liste noire » des touristes qui se comportent mal à l’étranger. Parmi les mauvaises manières épinglées figurent « les agissements antisociaux dans les transports publics, le fait d’endommager la propriété privée ou publique, de manquer de respect aux coutumes locales, de saboter les expositions historiques, de se livrer à des jeux d’argent et à des activités pornographiques ». Cette base de données est transmise à la police, aux douanes et aux banques, et les touristes indélicats s’exposent à des restrictions au moment de s’inscrire pour une visite de groupe ou de réserver une chambre d’hôtel.

Les méfaits des premiers contrevenants ont été dévoilés en mai par l’Administration nationale du tourisme. Parmi eux, deux passagers impliqués dans une bagarre avec des hôtesses de l’air lors d’un vol les ramenant de Thaïlande, et un autre ayant ouvert une issue de secours dans un avion. Leurs noms resteront deux ans durant sur la « liste noire ». Une broutille à côté des dix années infligées à un quatrième touriste. Son tort ? Avoir escaladé une statue représentant un soldat de l’Armée rouge chinoise. Impardonnable.

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