04292017Headline:

Enfermé vingt-trois jours dans une prison secrète en Chine, il livre un récit très glaçant

On l’a notamment interrogé à l’aide d’une machine censée «renforcer la communication».

Saviez-vous qu’en Chine, il existe un réseau de prisons invisibles et qu’on appelle «prisons noires», où les détenus sont privés de sommeil et interrogés à l’aide d’une machine de «renforcement de la communication»? Peter Dahlin, un Suédois aujourd’hui âgé de 35 ans, en a fait l’amère expérience comme il le raconte dans un récit glaçant du Guardian.

Il est arrivé en Chine en 2004 avec l’envie d’apprendre et de découvrir un autre univers. Au bout de trois ans, après avoir rencontré une activiste sur internet, il décide de dénoncer l’existence des «prisons noires» en Chine et monte China Action en secret pour défendre les libertés individuelles.

Au début, en mentant sur sa présence dans le pays, ses actions prenaient place sans trop de difficultés. Puis, en 2013, Xi Jinping a pris le pouvoir et «le climat a commencé à changer», note le journal. Afin de maintenir la légitimité du parti, une vague d’arrestation visant les blogueurs est mise en place. En apprenant que China Action est surveillée, Dahlin tente de fuir le pays, mais peu avant son vol, il est arrêté et envoyé dans une des prisons secrètes qu’il dénonce depuis le début de son combat.

Surveillé 24 heures sur 24

Très vite, on l’interroge sur sa véritable mission dans le pays et on l’installe dans une cellule où il est privé de sommeil tant qu’il refuse de donner les informations demandées. Il est constamment surveillé par des gardes, même quand il fait ses besoins. «Par chance je suis Suédois, explique-t-il aujourd’hui, et en Suède on a une vision assez détendue de la nudité.» Et puis ses gardes ont sorti la machine d’interrogatoire, une version «améliorée» du détecteur de mensonge.

«Des électrodes sont attachées aux doigts de l’activiste et de petites caméras fixées sur ses pupilles quand on lui pose des questions, écrit le Guardian. Dahlin a alors pensé qu’il s’agissait “d’une coup psychologique malin” pour lui faire révéler les détails sur le travail de son groupe et ceux qui le financent, mais la machine n’a pas fonctionné.»

La veille de sa libération -due aux efforts de ses avocats- le Suédois est contraint de  passer sur la chaîne de télévision du parti pour démentir les mauvais traitements qu’il a subis et expliquer qu’il a «blessé le peuple chinois». «On m’a donné beaucoup de bonne nourriture, beaucoup de sommeil et je n’ai subi aucun mauvais traitement», dit-il encore lors de son interview.

Depuis ces vingt-trois jours d’emprisonnement, Dahlin vit en Thaïlande et tente de se reconstruire, sans oublier ses amis en attente de jugement en Chine. «La seule raison qui me pousserait à retourner là-bas, ce serait la chute du gouvernement. Et je ne suis pas sûr que cela arrive de mon vivant.»

Guardian

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