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États-Unis : C’est chaud pour Hillary Clinton/147 agents du FBI épluchent ses mails

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Le crime de l’ancienne secrétaire d’État : avoir utilisé une adresse mail personnelle lorsqu’elle était à la tête de la diplomatie américaine.

C’est une affaire qui pourrait venir jouer les trouble-fêtes alors que les primaires battent leur plein. Hillary Clinton, favorite du camp démocrate, est sous le coup d’une enquête du FBI. Le motif ? Elle est accusée d’avoir utilisé son adresse e-mail personnelle alors qu’elle était à la tête de la diplomatie américaine. Y compris pour faire transiter des informations sensibles, estiment certains responsables du renseignement américain. Ce que l’intéressée dément en bloc.
Au total, ce sont près de 147 agents du FBI qui sont chargés de faire la lumière sur ce dossier hypersensible, révèle le Washington Post dans une longue et édifiante enquête. Ce nombre record d’enquêteurs trouve son explication non seulement par la complexité de cette affaire, mais aussi par l’imminence de l’élection présidentielle américaine. Le grand patron du FBI, James Comey, ne souhaite pas se retrouver au cœur d’une polémique pour avoir livré ses conclusions à quelques jours du scrutin. Ce qui ne manquerait pas alors d’influer sur le nom du successeur de Barack Obama à la Maison-Blanche. Et de provoquer la joie du camp républicain.

Un BlackBerry sécurisé
Une chose est sûre : Hillary Clinton devrait être entendue à plusieurs reprises par les enquêteurs au cours des semaines à venir, écrit The Atlantic. Pour bien saisir tous les aspects de cette affaire aux contours flous, le Washington Post, racheté en 2013 par le PDG d’Amazon Jeff Bezos, refait le point avec précision sur le dossier. Un dossier qui débute dès la nomination d’Hillary Clinton au poste de secrétaire d’État des États-Unis (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) en janvier 2009. Frustrée de ne pas être officiellement autorisée à utiliser son BlackBerry, elle demande à son équipe de lui trouver une solution de toute urgence. Celle-ci ira jusqu’à frapper à la porte de la NSA, une agence de renseignements, pour lui demander la fabrication d’un appareil crypté similaire à celui possédé par Barack Obama, lui aussi connu pour être accro au BlackBerry. Une permission qui lui aurait été refusée, affirme The Atlantic. Un peu plus tard, en août 2011, c’est au tour de l’un des plus proches collaborateurs de Clinton de refuser un téléphone sécurisé, rappelle le Washington Post.
Malgré des avertissements répétés adressés à l’équipe d’Hillary Clinton, cette dernière a continué à utiliser ses téléphone et adresse e-mail personnels pour gérer jusqu’aux dossiers diplomatiques les plus sensibles. Pour faire transiter son courrier électronique, l’actuelle candidate à la primaire démocrate se sert alors d’un serveur qui se trouve être dans le sous-sol de sa maison familiale. Mais le plus surprenant n’est pas là. Ce serveur n’a bénéficié d’aucun cryptage avant la fin du mois de mars, soit près de deux mois après la prise de fonction de Clinton. Une situation que semblaient ignorer les services de sécurité chargés de veiller à la sécurité informatique du secrétariat d’État. Ce qui laisse craindre que des hackers aient pu pirater le serveur. Le FBI est également chargé de le vérifier.
Mais ce n’est pas tout : Hillary Clinton est également suspectée de ne pas avoir rendu publics tous ses e-mails, ce que lui imposait pourtant sa fonction dès la fin de son mandat. Elle ne l’a fait que dix mois après avoir quitté le secrétariat d’État. Une quinzaine de messages, à propos de l’attaque qui avait visé le consulat des États-Unis à Benghazi et coûté la vie à l’ambassadeur en poste, sont notamment dans le viseur des enquêteurs. Face à l’ampleur de l’affaire Clinton, en tout état de cause, les 147 enquêteurs ne devraient pas être de trop.

PAR NICOLAS GUÉGAN

lepoint.fr

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