07202017Headline:

États-Unis : La première juge musulmane américaine, retrouvée morte à New York

Sheila Abdus-Salaam, première femme musulmane à devenir juge et première africaine-américaine à être nommée à la Cour d’appel fédérale de New York, a été retrouvée morte mercredi à Harlem.

L’annonce de la mort tragique de la juge Sheila Abdus-Salaam, 65 ans, a ébranlé le milieu judiciaire new-yorkais. Son corps, entièrement vêtu, a été retrouvé mercredi 12 avril, peu avant 14h, flottant sur le fleuve Hudson, à Harlem, quartier de New York où cette africaine-américaine de confession musulmane habitait, selon la presse américaine, qui cite des sources policières.

Son mari avait signalé sa disparition un jour plus tôt. Les causes de sa mort n’ont pas encore été élucidées, le corps, en cours d’autopsie, ne présentant aucune trace de traumatisme.

Une « pionnière »

Depuis 2013, Sheila Abdus-Salaam était l’une des sept juges à la cour d’appel fédérale de New York, la première africaine-américaine à occuper cette position au sein de la prestigieuse institution judiciaire vieille de 169 ans.

« Je suis fier de l’avoir nommée au sein de la plus haute cour de l’État et je suis profondément attristé par sa mort », a déclaré Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, dans un communiqué. « À travers ses écrits, sa sagesses, sa morale inébranlable, elle était une force œuvrant pour le bien, et son héritage influencera les années à venir », lui a rendu hommage le gouverneur.

Le maire de la ville, Bill de Blasio, s’est dit « profondément attristé par cette mort trafique » et a salué « une pionnière ». « C’est extrêmement choquant », a déclaré pour sa part Jonathan Lippman, ancien juge en chef de la cour d’appel de New York, cité par le Washington Post. « Elle était si gentille, si charmante. C’est ce qui rend sa mort encore plus difficile à comprendre », a-t-il souligné.
« Elle croyait profondément en l’égalité des droits et l’égalité d’accès à la justice, a affirmé Seymour W. James, avocat en chef de la Legal Aid Society, le plus important et le plus ancien fournisseur de services juridiques à destination des démunis, qui l’a rencontrée au début des années 1980.

L’un de ses anciens camarades de classe et ancien Procureur général des États-Unis, Eric Holder, cité par l’agence Associated Press, a également salué une femme intelligente, sérieuse et pleine d’esprit, et qui savait s’amuser : « Sheila could boogie » (« Sheila savait bouger », en français).

Famille pauvre

Sheila Abdus-Salaam est née en 1952 à Washington D.C. Issue d’une famille pauvre, elle grandit au milieu d’une fratrie de sept enfants. Dans une interview datant de 2014, qu’évoque le New York Times, la juge Abdus-Salaam confiait s’être intéressés très tôt à l’histoire de sa famille, dès l’école. Après des recherches, elle découvre que son grand-père était esclave dans l’État de Virginie (est).

Elle décide de faire du droit après avoir fait la rencontre de Frankie Muse Freeman, première femme à avoir intégré la Commission des Droits civils, rapporte le Washington Post. Elle poursuit ses études au College Barnard de New York et obtient son diplôme de droit à l’université de Columbia en 1977.

« Si ma mère n’était pas si intelligente et si pleine de ressources, j’aurais peut-être atterri dans une famille d’accueil ou pire », avait-t-elle déclaré en 2015 à l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, selon le journal américain. « Même si elle avait abandonné l’école, ma mère avait réalisé qu’une bonne éducation nous aiderait à échapper à la pauvreté dans laquelle elle était piégée », avait-elle ajouté.

Carrière judiciaire

Lorsqu’en 1991, Sheila Abdus-Salaam est élue juge à la magistrature de New York, elle devient la première femme musulmane des États-Unis à occuper cette fonction.

Précédemment, elle a été défenseur public, représentant les personnes ne pouvant payer les services d’un avocat, à Brooklyn, puis assistante du Procureur général de New York au début des années 1980. Elle a également exercé plusieurs années à la Cour Suprême de New York, à Manhattan.

Dans l’une de ses premières affaires, elle avait obtenu gain de cause pour une trentaine de femmes, chauffeurs de bus de la ville de New York, à qui l’on avait refusé une promotion.

JeuneAfrique

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