09212020Headline:

France: François Hollande, un président contesté

Francois hollande

Jamais la France n’avait connu un président aussi contesté. Le 6 mai 2012, François Hollande devenait le septième président de la Ve République. Deux ans et demi plus tard, à mi-chemin de son quinquennat, le socialiste semble en bien mauvaise posture. C’est dans ce contexte qu’il va se livrer, jeudi 6 novembre, à un périlleux exercice télévisuel.

Il avait promis un pays apaisé après cinq ans de sarkozysme. Pourtant, jamais la France n’a paru à ce point à bout de nerfs. Nicolas Sarkozy se dit aujourd’hui convaincu que « tout cela finira dans la rue ».

Il avait promis l’inversion de la courbe du chômage. Pourtant, même l’un de ses proches, le ministre du Travail François Rebsamen, lâche le mot : « échec ». Un constat partagé par tous, ou presque, en France. Seulement 13% des Français, selon un sondage BVA pourL’Obs, parlent d’un bilan positif.

À faire figurer dans le bilan du président, tout de même : des engagements militaires (notamment au Mali et en RCA), l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, et une politique pro-entreprise qu’aucun président n’avait osé jusqu’ici. Mais cette dernière, qui ne figurait pas dans son programme, ne produit aujourd’hui aucun résultat. Sa majorité lui en tient rigueur.

Son Premier ministre, Manuel Valls – officiellement loyal au président – est trois fois plus populaire que lui. La défiance est partout. Le « Hollande-bashing », le dénigrement de la figure présidentielle, atteint des sommets. François Hollande est un président seul en son palais, si faible que moins d’un Français sur dix souhaite qu’il se présente de nouveau. La France est un pays en crise, à l’image de son président.

Convaincre les Français que tout n’est pas perdu

C’est dans ce contexte que François Hollande va se livrer, jeudi 6 novembre, à un exercice télévisuel périlleux. À mi-mandat, en plein marasme économique et alors que sa côte de popularité est au plus bas, le président de la République va essayer de convaincre les Français que tout n’est pas perdu.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, un proche du président, veut aborder avec sérénité cet exercice : « Cette émission est là pour donner un rendez-vous à mi-mandat avec les Français, expliquer ce qui a été fait ainsi que les perspectives, détaille le porte-parole. L’objectif est très clair : la France doit redresser son économie et gagner la bataille de l’emploi  ».

Comment gagner, justement, cette bataille de l’emploi ? Le député UMP Thierry Solère a une idée : « Il a pris, avec Manuel Valls, un tournant libéral. Il faut qu’il tienne ces engagements devant les Français, même si c’est difficile ».

Temps perdu

Garder le cap : ce n’est pas ce que le « frondeur » socialiste Pascal Cherki attend. « Si le président de la République veut créer les conditions du rebond, il faut qu’il fasse deux choses : qu’il tape vraiment du poing sur la table en Europe, et qu’il fasse preuve de plus de fermeté envers le Medef ».

François Hollande doit donc assumer la ligne sociale libérale pour les uns, et la remettre en cause pour les autres. Mais un constat est partagé par tous : beaucoup de temps a été perdu. « François Hollande a perdu deux ans », juge l’ancien socialiste Olivier Falorni. « Il aura finalement un mandat de trois ans ; il aura inventé non pas le quinquennat, mais le triennat ». Un « triennat » que François Hollande va donc essayer de sauver.

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