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Hollande reçoit des chefs d’Etat africains et Ouattara encore absent: Est-ce fa fin de l’idylle ?

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Hollande reçoit des chefs d’Etat africains et boude encore Ouattara: Est-ce fa fin de l’idylle ?

La tonalité de la ligne Abidjan-Paris grésille ces dernières années. Elle pourrait momentanément s’interrompre si du moins chacun des maîtres des deux capitales jadis en bonne entente continue de se considérer comme le cavalier et l’autre le cheval.

En tout cas l’on est loin de l’époque où Paris et Abidjan filaient du bon coton. A une certaine époque, il ne passait de semestre sans qu’une délégation officielle de l’une ou de l’autre capitale ne se retrouve soit sur les bords de la Seine soit sur les bords de la lagune Ebrié. Nicolas Sarkozy ancien président français pouvait faire le service après vente. Son soutien à son ami Alassane Ouattara avait porté ses fruits. Le vendredi 20 mai 2011, l’ancien chef d’État français était d’ailleurs le seul occidental à parrainer Alassane Ouattara qui inaugurait son premier mandat. Ce seul fait plus qu’anodin avait fait le tour des médias du monde qui en avait leur chou gras, à juste raison d’ailleurs. Tout le monde savait qu’Alassane Ouattara n’est pas fréquentable. Mais Nicolas Sarkozy ne faisait pas de l’esprit ; d’ailleurs il avait fait de cette cérémonie d’investiture une affaire personnelle. Le samedi 21 mai 2011, en marge de cette cérémonie il rassurait son ami que « La France contribuera à la réforme de l’armée ivoirienne. Nous garderons toujours la force militaire ici –en Côte d’Ivoire- pour assurer la sécurité de vous, nos compatriotes».

Puis le 6 mai, François Hollande, candidat socialiste à l’élection présidentielle, est élu avec 51%, battant Nicolas Sarkozy. Beaucoup d’Ivoiriens épris de liberté voient alors de l’espoir dans cette victoire de François Hollande. Tout au long de sa présidence, même si le socialiste a du garantir les intérêts de son pays dans son ancienne colonie, il ne s’est pas pour autant montré envahissant que son prédécesseur. Or c’est divin : tu n’es ni chaud ni froid je te vomis, dit la Parole. Et cette tiédeur affichée par François Hollande n’est pas du goût des autorités ivoiriennes. Celles-ci attendaient de lui un soutien acharné à leur politique dont certains pans n’ont que contrarier les bonnes intentions qui auraient pu éclore à Paris.

De fil en aiguille Alassane Ouattara qui ne faisait aucun effort pour redresser la situation des droits de l’homme en raison de l’insécurité ambiante – ventre mou de sa gouvernance -, a finit par convaincre les officiels français qu’il ne mérite pas vraiment leur confiance. L’élection présidentielle du 25 octobre 2015, dernière occasion qui s’offrait à lui pour redorer son blason dans l’hexagone a été vendangée. Le score, 83,66% qu’il s’est octroyé suffit à lui tout seul, pour repousser les derniers sceptiques. La conséquence de cette gestion de la chose politique obstruée par tant de mal gouvernance a été son lâchage par la plupart des dirigeants du monde. La cérémonie de son investiture n’a été de ce fait qu’un exutoire approprié. Résultat des courses, zéro chef d’Etat à la prestation de serment. Les présidents Macky Sall du Sénégal et Yayi Boni du Bénin y étaient en leurs qualités respectives de président en exercice de la Cedeao et Représentant de l’Uemoa. Ces deux chefs d’État n’avaient pas été officiellement mandatés par leurs pays respectifs. La France, premier partenaire économique et militaire de la Côte d’Ivoire n’était pas elle non plus représentée au haut niveau, en dehors de son Ambassadeur. De tous les pays occidentaux, seuls les États Unis de Barck Obama ont dépêché un Secrétaire d’État et sous Secrétaire d’État. Sans plus.

François Hollande recevait, le mardi 10 novembre 2015, ses homologues venus du Ghana, du Bénin, de la Guinée- Conakry, du Gabon, du Mali et le premier ministre Ethiopien. C’était en marge du sommet qui se tient à la Valette à Malte, sur la migration, et sur la 21ème Conférence des parties de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui tient du 29 novembre au 03 décembre 2015 à Paris (France). Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire n’était pas sur la liste de ses invités. Et c’est le jeudi 12 novembre qu’il a pu être reçu. Quel message Hollande voulait-il passer ? Voulait-il traiter le cas ivoirien à part pour ne pas que des oreilles indiscrètes ne pipent mot de ce qui se dirait entre lui et Alassane Ouattara ? En tout cas, ce nouveau revers diplomatique – si on peut l’appeler ainsi – que François Hollande assène à Alassane Ouattara depuis environ un an ou deux mois, a eu pour conséquence directe la réplique de ce dernier. Alassane Ouattara voudrait signifier à son homologue français qu’à défaut de l’attaquer frontalement, il peut bien se passer de son soutien, qu’il n’aurait pas mieux fait d’engager ses fidèles et loyaux communicateurs. Au moins ça !

Jeune Afrique l’Intelligent et La Lettre du Continent deux médias essentiels dans le dispositif du chef de l’Etat se sont mis au front pour minimiser l’impact médiatique du repli français. Alors que la quasi unanimité des médias continuent encore de parler du boycott général de la cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara, le premier parle du ”célèbre jet d’eau de Genève en Suisse » qu’Alassane Ouattara veut construire Abidjan. Tandis-que le second parle « Côte d’Ivoire: Ouattara fait-il ses adieux à Paris en « tendant les bras » à Washington ? »

La Lettre du continent montre qu’Alassane Ouatara a désormais les yeux rivés sur l’Oncle Sam et ne semble pas se préoccuper de la France où François Hollande joue les moralisateurs. « Alassane Dramane Ouattara semble s’être fait à l’idée qu’il faille diversifier ses partenaires commerciaux. En tout cas, c’est ce qui a été donné de voir lors de la cérémonie d’investiture d’ADO le mardi 3 novembre dernier. Ce jour là et contre toute attente, on note la présence d’officiels américains de premier rang contre un seul représentant français, en l’occurrence George Serre, l’Ambassadeur de la France en Côte d’Ivoire. Pas un seul conseiller de François Hollande, ni le moindre sous-secrétaire d’État, n’a jugé utile de se rendre à Abidjan pour assister à l’investiture du président sortant, vainqueur au premier tour le 25 octobre. » Écrit le journal. Qui se réjouit du fait que « De nombreux marchés lui (France, ndlr) ont échappé au profit des pays comme le Maroc. » « L’ogre américain, représenté à la cérémonie d’investiture d’ADO par Thomas A. Shannon, Conseiller au Département d’État, Linda Thomas-Greenfield, sous-Secrétaire d’État chargée des Affaires africaines, et de Terrence P. McCulley, son Ambassadeur à Abidjan, nourrit des ambitions économiques et empreintes de volonté d’influence stratégique dans le « pré-carré français » (pour parler des anciennes colonies de la France). » Et ce journal de citer pêle-mêle quelques entreprises américaines qui ont eu des marchés en Côte d’Ivoire. Suffisant pour dire que « la France ait revêtu le costume de ”partenaire ordinaire en Côte d’Ivoire” depuis un certain temps ou qu’on l’ait contraint à le faire. » Mais ces deux journaux se posent-ils la bonne question ? La voici : Devant le peuple ivoirien déterminé à arracher sa souveraineté que peut le régime Ouattara sans les Français, même avec le soutien des Américains? C’est de cela qu’il est question. Quand on sait comment Alassane Ouattara a été fait ”président de Côte d’Ivoire” la sagesse aurait voulu qu’on ait le triomphe modeste.

Par Simplice Allard

Source: LG infos

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