07232018Headline:

Israel: Apès avoir frappé des soldats en Cisjordanie, Ahed Tamimi condamnée

L’icône de la lutte contre l’occupation israélienne Ahed Tamimi, 17 ans, a été condamnée mercredi à huit mois de prison par un tribunal militaire israélien.

Ahed Tamimi, devenue pour les Palestiniens une icône de la lutte contre l’occupation israélienne après une vidéo la montrant frappant des soldats en Cisjordanie occupée a été condamnée mercredi à huit mois de prison par un tribunal militaire israélien.

Les juges ont accepté un accord de “plaider coupable” conclu un peu plus tôt entre le procureur et la défense de l’adolescente palestinienne au terme d’une affaire qui a suscité une attention internationale. Membre d’une famille connue pour sa lutte contre l’occupation israélienne, Ahed Tamimi, 17 ans, est avec sa mère Narimane et sa cousine Nour l’une des protagonistes d’une vidéo tournée le 15 décembre et devenue virale sur les réseaux sociaux.

Un tribunal militaire qualifié “d’illégitime”. On y voit la jeune Palestinienne, alors âgée de 16 ans, et Nour Tamimi bousculer deux soldats israéliens, puis leur donner des coups de pieds et de poings devant la maison familiale à Nabi Saleh, en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans. Cet incident était survenu en pleine vague de protestation contre la décision unilatérale du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël alors que l’ONU prône une discussion entre Palestiniens et Israéliens pour établir le statut de cette ville disputée. Mercredi, avant le prononcé du jugement, Ahed Tamimi a qualifié le tribunal militaire “d’illégitime”, ajoutant: “il n’y a pas de justice dans un système d’occupation”.

“Pas équitable”. Dans l’accord avec le procureur, la jeune femme a accepté de plaider coupable pour quatre des 12 charges retenues contre elle, dont “agression”, “incitation” à la violence et “obstruction” à la mission des soldats, selon son avocate, Me Gaby Lasky. Le temps déjà passé en détention provisoire sera décompté des huit mois de prison, ce qui lui permettra d’être libérée cet été. Elle écope également d’une amende de 5.000 shekels (1.166 euros).

Un procès tenu à huis clos. Son procès qui avait débuté le 13 février s’est tenu à huis clos, la jeune fille étant mineure, malgré les demandes de la défense qui souhaitait des audiences publiques. Ahed Tamimi est en détention préventive depuis des mois. “Quand ils ont décidé de maintenir le huis clos, nous avons compris que ce ne serait pas un procès équitable”, a indiqué sa défense pour expliquer les raisons ayant motivé cet accord de “plaider coupable”.

La mère de l’adolescente a également été condamnée. L’armée israélienne a réagi au jugement par un communiqué expliquant qu’elle “continuera à agir pour préserver la sécurité” en Cisjordanie et à “faire appliquer la loi contre ceux qui attaquent les soldats israéliens et incitent à la violence”. La mère de l’adolescente a elle aussi été condamnée à huit mois de prison et 6.000 shekels (1.400 euros) d’amende, en vertu d’un accord avec le procureur. La cour a aussi approuvé un accord entre le procureur et la cousine d’Ahed Tamimi, Nour. Celle-ci a été condamnée à 16 jours de prison -déjà couverts par sa détention préventive- et 2.000 shekels (470 euros) d’amende pour “agression” contre un soldat israélien. Signe de la tension qui a entouré cette affaire depuis des mois, un militant a frappé un des procureurs à la tête alors qu’il quittait la salle d’audience. Il a été arrêté.

Environ 350 enfants sont détenus par Israël. L’affaire Tamimi a trouvé un large écho chez les Palestiniens comme les Israéliens. Les premiers louent en Ahed Tamimi un exemple de courage face aux abus israéliens dans les territoires palestiniens occupés par l’État hébreu. Nombre d’Israéliens ont ressenti une vive amertume devant ce qui a été fortement perçu comme une humiliation pour leurs soldats. Le bureau du Haut Commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme et l’Union européenne ont exprimé leur préoccupation devant le cas Tamimi. La Convention internationale des droits de l’enfant stipule en effet que l’emprisonnement d’un enfant doit être une mesure de “dernier ressort” et “aussi brève que possible”. Environ 350 enfants palestiniens sont détenus par Israël, selon Amnesty International.

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